https://www.vermilionenergy.com/news/ne ... easeId=281
Il porte sur 10% du float, avec cette phrase qui fait bien plaisir: "At our current share price, the full execution of this NCIB would represent less than one-quarter of our projected 2022 pro forma free cash flow."
Quant aux prix du gaz européen, ils poursuivent leur envolée, avec un quasi doublement en quelques semaines :
https://www.theice.com/products/2799666 ... tures/data
Les futures jusqu’au Q1 2023 au moins sont à des niveaux démentiels.
Pour rappel, dans la présentation aux actionnaires citée plus haut, VET détaillait la sensibilité des FFO à l’évolution des différents cours. Pour toute augmentation de C$1.00/mmbtu de l’indice TTF, l’impact annuel sur les FFO était de C$13 millions (avec les hedges en place) ou de C$37 millions (sans les hedges). L’indice TTF était aux environs de C$40 à ce moment. Aujourd’hui, on est à plus de C$55. Je vous laisse faire les calculs, sur une market cap d’environ C$4 milliards hier.
Mon niveau de bullishness sur VET étant passé à 11/10 ^^, je me suis dit que j’allais essayer de lister tous les risques potentiels et d’en évaluer la probabilité (aussi valable pour MEG et les autres pétrolières):
Concernant le pétrole:
# Hausse de l’offre : probabilité très faible, pour les raisons déjà citées plus haut.
# Baisse de la demande : différents facteurs possibles :
- Récession : comme dit plus haut, il faudrait une récession vraiment forte pour rétablir un équilibre entre l’offre et la demande, surtout en tenant compte des stocks bas. -
- Covid le retour, ou autre virus : toujours possible qu’un nouveau variant plus dangereux apparaisse, probabilité difficile à estimer. La Chine reste un vrai danger ne serait-ce qu’avec les variants actuels, la politique zéro-covid paraissant intenable sur la durée malgré d’apparents succès récents.
- Consommateurs qui réduisent leur consommation face à des prix trop élevés : on n’en est pas encore là, pourtant les prix de l’essence/gazole actuels reflètent un baril de pétrole bien plus élevé en raison des marges de raffinage. Les gens râlent mais ne modifient pas vraiment leur comportement (il sera intéressant de voir les chiffres de consommation aux USA sur ce long weekend d'ailleurs). De plus de nombreux pays subventionnent la consommation.
A plus long terme, il semble évident que les pays en développement vont tirer la demande vers le haut au fur et à mesure que leur population s’enrichit et aspire à plus de confort.
# Supertaxe sur les bénéfices : possibilité non négligeable (déjà prévue au Royaume-Uni), à voir comment cela s’appliquerait (quelles juridictions, quelle taille d’entreprise, etc.). Après, vu les niveaux de cash flows engrangés, cela ne changerait pas complètement la donne.
# Interdiction des exportations aux USA/en Amérique du Nord: toujours possible, notamment aux USA, mais cela serait catastrophique pour l'Europe où le baril irait à des niveaux stratosphériques. VET a l'avantage d'avoir une bonne partie de sa production hors Amérique du Nord.
# Marché qui ne revalorise pas ces sociétés, multiples qui restent faibles: pourquoi pas, donnez moi du 30% de dividende ou des rachats d'actions de 10% par trimestre et voyons ce que ça donne !
# Acquisitions trop coûteuses: cela ne semble pas être la tendance actuelle, au pire les actifs achetés semblent plutôt de bonnes affaires sur le moyen terme.
Et quand bien même le pétrole retomberait vers 80-90 USD, les pétrolières continueraient d'engranger de beaux FCF, avec un bilan bien souvent en béton.
Rappelons au passage que notre ami Warren Buffett a acheté énormément d'OXY et CVX récemment, et que les sociétés liées à l'énergie ont affiché des performances nettement supérieures aux autres secteurs dans les années 70, qui présentent pas mal de points communs avec la situation actuelle. Pour tout ça, voir notamment: https://bisoninterests.com/content/f/bu ... gas-stocks
Concernant le gaz européen : j’ai beau chercher je ne vois aucune raison que les prix du gaz s’écroulent brusquement. La production ne peut pas être drastiquement augmentée d’un coup. Même dans le cas assez peu probable d’un cessez le feu rapide en Ukraine, et d’une situation encore plus improbable où Europe et Russie reviendraient immédiatement en bons termes, rappelons que les prix du gaz étaient déjà très élevés l’automne et l’hiver derniers avant la guerre en Ukraine.
Sur le gaz européen, le risque me paraît même plutôt haussier, avec une Russie qui pourrait réduire encore voire couper les approvisionnements à destination de l’Europe (à suivre encore une fois la maintenance de Nord Stream 1 en juillet), ou d’autres perturbations potentielles liées à la guerre ou non (l’Ukraine pourrait faire sauter un pipeline, le Royaume-Uni pourrait réserver sa production à la consommation nationale, etc.).
Evidemment, si demain Poutine lance un missile nucléaire sur Londres ou Paris, toutes ces réflexions n'auraient que peu d'importance, mais la bourse serait alors le dernier de nos soucis...