MEG Energy (MEG) : de 18,57 à 30 CAD, une thèse pétrolière devenue cible d’OPA
Synthèse stratégique
MEG Energy exploite Christina Lake, un unique gisement de sables bitumineux en Alberta, par drainage gravitaire assisté par vapeur. En mars 2022, Franck présente à 18,57 CAD un producteur doté d’environ deux milliards de barils de réserves, soit plus de cinquante ans d’exploitation. La thèse associe sensibilité directe au pétrole, désendettement et rachats d’actions. La dette nette passe sous 600 M USD en 2024, avant une bataille entre Strathcona et Cenovus. L’ultime offre de 30 CAD représente une revalorisation boursière de +61,6 % depuis le cours de référence initial ; Franck avait vendu sa ligne plus tôt, au-dessus de 27,25 CAD.
Parcours de la thèse
Franck présente MEG Energy à 18,57 CAD en mars 2022. L’actif produit environ 95 000 barils par jour. La priorité va à la dette : 25 % du flux disponible finance les rachats sous 1,7 Md USD de dette nette, puis 50 % sous 1,2 Md USD. Chaque titre annulé augmente les réserves attribuables aux actions restantes.
Au premier trimestre 2022, le flux disponible atteint 499 M CAD et la dette nette recule à 2,15 Md CAD. Le seuil de 1,2 Md USD est franchi en septembre. Deux ans plus tard, MEG affecte 100 % de son flux disponible aux actionnaires, surtout par rachats, avec un dividende trimestriel de 0,10 CAD.
Fin 2024, MEG lance un plan visant 125 000 barils par jour. Les investissements annoncés atteignent 635 M CAD en 2025, puis 650 M CAD en 2026 et 2027. Strathcona lance une offre hostile en mai 2025, puis Cenovus propose 27,25 CAD. Franck vend toute sa ligne au-dessus de 27,25 CAD et réalloue 75 % du produit à Strathcona.
Thèse en 3 points
1. Actif longue durée. Christina Lake concentre l’exploitation sur un site doté de réserves pour plusieurs décennies. Son maintien exige moins de renouvellement permanent que le pétrole de schiste.
2. Levier pétrolier. Sans couverture en 2023, MEG répercute directement le WTI. De 60 à 100 USD le baril, le flux disponible estimé passait de 130 M à 1,3 Md USD.
3. Intérêt stratégique. Après le retrait de Strathcona, Cenovus relève son offre à 30 CAD ou 1,255 action par titre MEG.
Points de vigilance
L’unique site concentre le risque : une panne électrique et une maintenance ont fortement réduit la production au deuxième trimestre 2022. Le flux dépend du WTI, de la décote du brut canadien AWB et du gaz nécessaire à la vapeur. En 2023, 66 % du pétrole était exporté vers les États-Unis. Le pipeline Trans Mountain diversifie les débouchés sans supprimer coûts de transport et risque douanier. Le programme de croissance réduit aussi les rachats immédiats.
Conclusion
La vente de Franck au-dessus de 27,25 CAD précède la dernière surenchère. Le produit finance surtout Strathcona, une petite ligne Hemisphere Energy et une réduction du levier. La progression entre 18,57 et 30 CAD ne correspond donc pas au gain encaissé par le portefeuille ; elle montre toutefois comment un actif pétrolier de longue durée, désendetté puis convoité, a confirmé la valeur repérée dans l’analyse initiale.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : MEG Energy, MEG, Cenovus, Strathcona, Canada, Alberta, sables bitumineux, Christina Lake, rachats d’actions, pétrole
- Résumé daté du 23 juillet 2026 -
MEG Energy (MEG)
- Franck des daubasses
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L'objectif : être exposé directement et avec effet de levier au cours du pétrole
Cours actuel : 18,57 CAD
Dans le camp des méchants, anti-ESG et tout le tralala, je demande la sable bitumineux canadien. Cette extraction a la réputation de consommer un baril de pétrole (en équivalent énergétique) pour en produire un ! En plus de détruire l'environnement à coup de bulldozers géants.
Pour MEG Energy, on est bien dans le sable bitumineux d'Alberta. Mais la production est plus respectueuse de l'environnement plus que c'est la technique de Drainage par gravité assisté par vapeur qui est utilisée. On peut donc enlever quelques mauvais points au dossier.
Pourquoi MEG Energy pour s'exposer au pétrole ?
1/ Un business simplissime : un seul site à gérer : Christina Lake. On ne perd pas d'énergie dans d'autres projets et facile à suivre pour l'investisseur. Pas de mauvaises surprises à prévoir.
2/ Un seul actif = pas de dépenses de développement. Les dépenses de maintenance annuelles sont élevées mais relativement stables et prévisibles. Elles sont estimées à 475 M CAD pour 2022.
3/ Belle visibilisé avec des réserves de 2,0 Md de barils qui devraient permettre une exploitation pendant encore 55 ans au rythme de production actuel d'environ 95 000 barils / jour.
4/ Politique d'allocation du capital optimale (selon moi) : pas de dividende. Priorité au remboursement de la dette qui a été nécessaire pour mettre en place cette superbe cash machine. Ensuite dès le niveau de dette passé sous 1,7 Md USD - ce qui est prévu pour le T2 2022 vu les cours du brut actuels - 25% du free cash flow (FCF) sera alloué à des rachats d'actions. Et quand la dette atteindra moins de 1,2 Md USD : on passera à un niveau de 50% du FCF vers les rachats d'actions !
source : présentation MEG Energy - 07.03.2022
C'est clair, simplissime et créateur de valeur pour les actionnaires... si les cours du pétrole se maintiennent à ces niveaux élevés.
5/ Pas de couverture = une sensibilité forte aux cours du pétrole :
En partant sur le FCF du T4 2021 de 160 M CAD assez représentatif des cours élevés du pétrole tout en étant en dessous des cours actuels, on peut extrapoler pour l'exercice 2022 à : 4 x 160 = 640 M CAD soit un FCF 2022 est. à 2,09 CAD par action pour 306,865 M actions.
Un niveau sans doute conservateur avec un baril WTI > 100 USD.
6/ Des déficits fiscaux de 7,2 Md CAD = une futures économie d'impôts d'une valeur de 5,25 CAD par action.
7/ Plus anecdotique : c'est une belle capitalisation de 5,7 Md CAD avec une excellente liquidité (+ marge de maintien de 30% chez IB = octroie de levier 3,3x)
8/ Une bonne juridiction : le Canada. Sauf événement politique majeur, en Alberta, on est dans un bon environnement pour l'exploitation pétrolière et pour le respect des actionnaires.
Bref, un bon véhicule pour s'exposer à la hausse des prix du pétrole.
Attention : si les cours du pétrole ne progressent plus voire baissent => le levier marchera dans l'autre sens et le cours devrait s'effondrer.
- Franck des daubasses
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Certes, au départ il faut des gros investissements pour lancer un site mais après ça "tourne" presque tout seul. Les dépenses de maintenance sont faibles comparées par exemple au pétrole de schiste qui nécessite d'injecter toujours plus de produit pour récupérer le pétrole.
Le prix de revient est plus élevé mais le levier opérationnel est proportionnel. Exemple avec Suncor :
(...) Suncor, Canada’s largest oil sands producer, is expected to increase its free cash flow by more than 60% this year on just a 7.6% increase in capital expenditures, according to estimates polled by FactSet.
La dette long terme ne vous effraie t-elle pas?
- Franck des daubasses
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La dette nette au 31.12.2022 était de 2,4 Md CAD soit le plus bas niveau depuis de nombreuses années.
Le FCF du seul T4 2021 = 160 M CAD. Si ces niveaux se maintiennent, il faudrait 3 ans et 9 mois pour rembourser l'intégralité de la dette actuelle (qui doit être moindre au moment où j'écris ces lignes : chaque jour qui passe avec un baril proche de 100 USD (WTI) permet d'encaisser pas mal de cash et donc de réduire la dette).
Moins de 4 an est une vision légèrement optimiste au regard des cours élevés du pétrole sur le T4 2021. Mais réalisable. Allez partons sur 5 ans pour être un poil conservateur.
A noter que la prochaine grosse échéance est en 2027 avec un remboursement prévu de 1,2 Md USD (environ 1,5 Md CAD).
Ce qui nous laisse plus de 4 ans pour payer. Assez confortable.
L'entreprise a accès à un revolving de 800 M USD (environ 1 Md CAD) à échéance 2024 non utilisé. Ça peut apporter de la souplesse en cas d'imprévu.
Oui il y a un risque avec un montant de dette élevé en absolu de 2,4 Md CAD si MEG Energy connaît une période de faibles cash flow suite à une forte baisse du prix du pétrole. Il faut bien avoir cet élément en tête.
Mais ce risque est assumé. La priorité du management (également actionnaire) est la réduction de la dette. Pas d'investissement de croissance (en haut de cycle comme de nombreux concurrents qui ne savent plus quoi faire de leur cash...) ni de dividende. Des rachats d'actions devraient être activés d'ici peu... 25 % des free cash flow seront consacré aux rachats d'actions [et non sur 25% du capital] dès que la dette passe sous 1,7 Md USD (environ 2,2 Md CAD). Fin avril, on est peut-être déjà passé sous ce niveau ? A suivre dans les prochains communiqués. Publication du T1 2022 lundi 2 mai après marché.
Puis les rachats devraient s'intensifier en y consacrant 50% des free cash flow [et non jusqu'à 50% du capital] quand la dette passera sous 1,2 Md USD (environ 1,5 Md CAD).
Je fais confiance au management pour ne pas se ruer non plus sur les rachats d'actions si les FCF sont en chute libre suite à une forte baisse du cours du pétrole.
Ce titre est une option d'achat (CALL) sur le pétrole sans date d'échéance (ou alors 2027 ?) = ne pas payer pour la valeur temps
Il y a donc selon moi un gros potentiel de gains possible si le pétrole se maintient à un cours élevé sur les prochaines années en ayant en tête la possibilité d'une perte totale en cas de scénario négatif si l'entreprise se trouve dans l'incapacité de rembourser sa dette.
[EDIT : corrections apportées]
Effectivement, la gestion a l’air plutôt saine malgré la dette.
Autre chose: après les marges de raffinage en augmentation, maintenant ce sont les coûts du fret qui risquent de monter durablement (structurellement en suivant le coût des matières premières et de l’énergie mais aussi de manière conjoncturelle à cause des tensions géopolitiques actuelles et futures…)
Regardez-vous du côté des pétroliers, méthaniers, vraquiers, containeriers et autres acteurs du transport maritime? A mon avis on a là quelques baggers en devenir…
- Franck des daubasses
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Résultats T1 2022 publiés.
Trimestre record à tous les niveaux : production et prix du pétrole. Le flux de trésorerie trimestriel atteint 587 M CAD soit 1,87 CAD / action.
Le FCF ressort à 499 M CAD. La dette nette baisse de 251 M CAD (175M USD) sur le trimestre à 2,15 Md CAD soit 1,72 Md USD.
On atteint donc le premier palier (moins de 2,2 Md CAD) et c'est parti pour allouer 25% des FCF aux rachats d'actions !
Un programme pour acheter 10% des actions actuelles a été accepté par la bourse de Toronto le 7 mars dernier.
Le cours devrait prendre quelques belles couleurs à l'ouverture des marchés ! Si... le prix du pétrole ne chute pas.
Merci d'avoir partage cette valeur. J'en ai pris une ligne il y a quelques semaines.
Vous avez raison d’être prudent les prix du pétrole.
Les prix promettent d’être tendus pour longtemps néanmoins on peut s'interroger sur un éventuel blocage des exportations de pétrole de la part des US (les élections mid term approchent..). J'ai vaguement cherche, sans trouver, l'impact sur le prix des pétroles de l’Alberta (WCS) qui sont essentiellement exportes vers les US a cause du manque de pipelines au Canada..
On pourrait alors avoir le WTI aller beaucoup, beaucoup plus bas que le Brent et avec pourquoi pas, un discount du WCS par rapport au WTI.. la totale ?
https://www.cer-rec.gc.ca/en/data-analy ... ystem.html
- Franck des daubasses
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Historiquement le pétrole canadien se négocie par baril environ 10 $ en dessous du WTI. Hors petites périodes, cela semble être une tendance stable sur le long terme. Espérons que ça perdure.
Cf. le graph sur ce site : https://economicdashboard.alberta.ca/oilprice
- Clementoni
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comment réagissez-vous actuellement aux mouvements eratiques des marchés notamment sur les petrolieres ?
Meg energy comme bon nombre de sociétés petrolieres canadiennes (ou non) sont chahutées. Vous etes toujours actionnaire ?
dans l'absolu les prix du brut restent élevés.
- Franck des daubasses
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Toujours actionnaire. De manière générale, je ne suis pas très sensible à la volatilité.
La volatilité est votre, notre amie ! Si si.
Pour "couvrir" mes actions énergétiques, j'ai mis en place quelques stratégies dans mon portefeuille. Ça marche plus ou moins bien. Pour le moment plutôt moins que plus.
Cf. ce message entre autres :
Franck des daubasses a écrit : ↑02 mars 2022, 10:14
Mon objectif actuel est de protéger mes gains. Tout d'abord par des shorts , l'acquisition de quelques actions ABC Arbitrage (qui devrait profiter à fond de la volatilité actuelle) ainsi que des actions d'entreprise massacrées.
Aujourd'hui, je profite de la marge générée par mes courtiers qui augmente du fait notamment de la forte progression de mes actions énergétiques, pour tenter de ramasser toutes les actions faiblement valorisées et qui souffrent de la hausse fulgurante des prix de l'énergie. Le but est de faire le plein des potentiels gagnants de demain et de me couvrir sur une potentielle baisse des prix de l'énergie. Ainsi, je ne vends pas mes positions "gaz et pétrole" actuelles, j'évite d'acter mes fortes plus-values (et donc la fiscalité qui va avec) et je décorrèle le reste de mon portefeuille de l'énergie. J'espère ainsi réussir à surfer dans les 2 sens (hausse de l'énergie puis la baisse) sans trop me faire saigner par le fisc.
Alors qu'est-ce que j'achète ?
D'après mes recherches, les secteurs les plus énergivores sont : l'aciérie, la papeterie, la chimie, le béton, les industries liées au caoutchouc, engrais, ... Et l'industrie au sens large.
Ainsi, j'ai choisi d'acheter / renforcer au fil de l'eau :
- Aciérie : ArcelorMittal (vente de PUTs + actions) ;
- Papeterie : je voudrais bien acheter des actions d'Exacompta Clairefontaine mais l'action ne chute pas (bizarrement). Je suis preneur d'actions de ce secteur ;
- Chimie : Tosoh. D'autres actions pas chères actuellement ? ;
- Ciment : Buzzi avec double problématique énergie + exposition à l'Ukraine et à la Russie ;
- Caoutchouc : Continental (pneumatique + équipementier auto allemand) + Nokian Tyres : double problématique actuellement pour cette entreprise finlandaise (en théorie éligible au PEA) avec les prix de l'énergie + exposition au marché russe (20% du CA) et également une usine en Russie. Je reviendrais sur cette entreprise dans un sujet dédié.
Attention : risque de perte en capital élevé !
- Engrais : Yara International (principalement du nitrogène le "N" des indispensables "NPK" - Norvège), CF Industries (le producteur américain de nitrogène avec un gros avantage compétitif : il a accès à du gaz pas cher = le gaz de schiste américain. J'aime aussi les rachats d'actions) et Verde Agritech (potasse : pas vraiment énergivore mais c'est surtout les sanctions contre la Russie + la Biélorussie qui pourrait booster les bénéfices pour l'entreprise brésilienne avec la hausse de la potasse). Indirectement et à la marge, une petite ligne d'Exel Industries (merci Antony !).
- Industrie au sens large : Verallia (merci Maxou !) : l'industrie du verre est très consommatrice d'énergie + action pas chèrement valorisée... mais pour de bonnes raisons ; pas mal d'équipementiers autos (PVL et tout un tas de daubasses japonaises déjà présentées ici, dont : Forster, Imasen, Trinity Industrial, Sanko Co, ...).
Voilà en gros mes principales opérations. Ce n'est pas exhaustif mais assez représentatif de l'orientation actuelle de ma stratégie.
Fidèle à mon esprit contrariant, et au fameux adage boursier, je ramasse à pleines mains les couteaux qui tombent. Pas une stratégie que je recommande. Aucune garantie que ça marche. Je me tire peut-être une balle dans le pied. A voir, si avec la composition particulière de mon portefeuille, cela fait sens. On le saura d'ici quelques mois / années avec le suivi de ma performance...
Soyez prudents dans ce genre de marché. Il regorge d'opportunités apparentes mais peut aussi ruiner un investisseur. L'épargne d'une vie.
Mon conseil : essayez de rester rationnel et de penser long terme lorsque vous cliquez sur le bouton "vente" comme achat".
Il faut rester humble. Je perds de l'argent comme tout le monde dans ce type de marché.
Je ferai un point trimestriel comme d'habitude début juillet dans le sujet dédié.
J'ai perdu 15 points depuis le plus haut d'il y a quelques semaines à +38%... Ce qui était incroyablement élevé.
Désormais, performance 2022 : +23%.
- Franck des daubasses
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Franck des daubasses a écrit : ↑03 avril 2022, 15:21
(...)
Ma stratégie de protection 2022 en 4 parties
1/ Acheter des actifs en souffrance du fait des prix élevés de l'énergie ou qui n'ont rien à voir avec l'énergie
Comme expliqué dans un précédent message début mars, j'achète, avec la marge en hausse offerte par mes courtiers, un maximum d'actions qui, j'espère, sont faiblement corrélés à l'énergie (économiquement et boursièrement, vous noterez l'hypothèse très forte !) :
Franck des daubasses a écrit : ↑
Aujourd'hui, je profite de la marge générée par mes courtiers qui augmente du fait notamment de la forte progression de mes actions énergétiques, pour tenter de ramasser toutes les actions faiblement valorisées et qui souffrent de la hausse fulgurante des prix de l'énergie. Le but est de faire le plein des potentiels gagnants de demain et de me couvrir sur une potentielle baisse des prix de l'énergie. Ainsi, je ne vends pas mes positions "gaz et pétrole" actuelles, j'évite d'acter mes fortes plus-values (et donc la fiscalité qui va avec) et je décorrèle le reste de mon portefeuille de l'énergie. J'espère ainsi réussir à surfer dans les 2 sens (hausse de l'énergie puis la baisse) sans trop me faire saigner par le fisc.
Le but ici est de me couvrir en cas de fortes baisses des cours du gaz (et du pétrole plus accessoirement), qui entraineraient les actions des producteurs de gaz canadiens de mon portefeuille dans les abysses de la bourse, sans avoir à les vendre.
C'est risqué à plusieurs titres : 1/ je conserve un levier élevé en utilisant presque toute la marge offerte par mes courtiers ; 2/ je n'ai aucune garantie d'acheter les bonnes actions qui vont augmenter pile poil au moment où mes actions liées à l'énergie vont baisser. J'achète donc des japonaises (vraiment de tout : des grosses boites comme Tosoh et Komatsu ainsi que des pures daubasses comme Car Mate et Kunimine Industries) et des entreprises énergivores principalement européennes : Buzzi Unicem, STEF, ... Vous aurez compris : le pari est osé.
Voici pour la première partie de ma stratégie de couverture splittée en 4 parts.
2/ Les ventes de CALLs couverts
La deuxième stratégie a été mise en place récemment. Comme je l'avais fait avec succès (et chance) fin 2021, j'ai décidé de vendre des CALLs liées à mes actions énergétiques. Pour rappel, voici ce que j'avais fait :
Pourquoi je par le de "coup de bol" ? Le cours est aujourd'hui à 13,58 CAD ! Et à la date d'échéance de ce CALL le 11 janvier 2022 le cours était de 10,42 CAD. Le lendemain : 11,10 CAD ! A un jours près, j'aurais dû vendre mes actions et n'aurais pas pu profiter de la hausse de +23% qui a suivi en l'espace de 2 mois 1/2 sur une de mes plus grosses lignes. J'ai donc touché la prime et ai pu garder mes actions.Franck des daubasses a écrit : ↑19 octobre 2021, 16:18Peyto : j'ai une très grosse plus-value en cours (> +400%) et suis donc peu enclin à céder du fait de la fiscalité.
Récemment, j'ai vendu quelques CALLs échéance 11 janvier 2022 / strike = 11 CAD / prime encaissée = 1,10 CAD.
Ainsi, j'ai vendu virtuellement par avance quelques centaines d’actions à un cours supérieur au cours actuel de 9,1 CAD. Ce qui me permet de capter une prime. Et si le cours < 11 + 1,10 = 12,10 CAD à l'échéance, je suis gagnant sur l'opération. Si cours > 11 CAD, je garde mes actions et ai encaissé la prime sur 2022 = fiscalité décalée d'1 année. Si cours > 11 CAD, je suis obligé de vendre mes actions.
Avec cette stratégie, je surfe sur les prix actuellement élevés sur le gaz et donc des actions de producteurs de gaz. Je me protège ainsi un peu d'un potentiel soufflet qui retomberait. Ainsi, je tente de surfer un peu sur un potentiel bond temporaire tout en essayant de garder l'essentiel de mon exposition pour le long terme.
J'ai renouvelé récemment ce genre d'opération sur de nombreuses lignes en grosses plus-values et liées au gaz. Beaucoup sur : CF industries, Antero Resources, MEG Energy (pétrole) ; et un peu sur Peyto, Tourmaline et PrairieSky.
En pratique, j'ai essayé de viser un strike à un niveau supérieur de plus de 20% par rapport au cours lors de l'opération et avec un rendement (prime encaissée) de plus de 10%. Ainsi, j'ai vendu en avance (entre 9 mois et 1 an selon les échéances janvier 2023 et mars 2023) une grosse partie de mes actions avec un gain potentiel de +30% (strike + prime).
Dans le "pire" des scénarios, où toutes ces actions baissent avant la date d'échéance, je garde la prime encaissée. Soit un rendement d'environ +10% sur la somme engagée.
Si par contre les actions s'envolent, je suis dans l'obligation de les vendre au cours prévu (le strike). Et c'est là que la limite est forte. Je me suis en fait plafonné moi-même une grosse partie de mes gains potentiels à environ +20% à un horizon compris entre 9 mois et 1 an pour toucher "seulement" 10% de prime. C'est peu satisfaisant comme pari. Fortement asymétrique car en face de ce maigre gain je garde tout le potentiel de baisse. CDonc une stratégie que je vais mettre de côté pour le moment. C'est étonnant d'être content de trouver 10 € dans sa poche gauche alors qu'on a un gros trou dans sa poche droite qui peut nous faire perdre les 100 € qu'on y a mis...
3/ Vente d'actions
Vient alors la 3ème partie de la couverture "énergie". Attention c'est grandiose. Il s'agit de... la vente des actions concernées !
Hé oui, on peut tourner autour du pot, à un moment il faut passer par là. Au diable la fiscalité. J'ai commencé à alléger à la marge quelques lignes : Tourmaline et Peyto dans un premier temps. Là encore, je vais tenter de ne pas trop vendre pour ne pas me retrouver avec un montant délirant à payer au fisc l'année prochaine. Tout dépendra : des cours des actions, des opportunités que je trouve pour les remplacer et, pour finir, de mon sentiment de peur / confiance face à l'envolée de ces lignes = leur taille dans mon portefeuille.
4/ Les ventes à découverts et achats d'options de vente (PUTs)
Enfin, la 4ème partie pour me protéger d'un retour baissier majeur sur les marchés financiers : les ventes à découvert.
J'ai renforcé mes lignes : Air France en short pur et simple ainsi que bon nombre de petites lignes PUTs. Ce n'est pour le moment pas un succès. Les investisseurs semblent croire au futur de la compagnie nationale française...
J'ai tenté un nouvel essai de couverture avec des petits achats de PUTs Singularity Future Technology (merci Zag pour l'idée, je suis déjà en gain !).
Bien sûr Riot Blockhain a toujours une bonne place (short + vente de CALLs non couverts + PUTs).
Et surtout, j'ai commencé et ensuite complété, une nouvelle ligne short d'actions Tesla. Je trouve la valorisation délirante. De mémoire (il faudrait retrouver les sources), Tesla est 2 fois mieux valorisée que la somme des 10 plus gros constructeurs mondiaux cotés : Toyota, Daimler, GM, BMW, Volkswagen, ... Cette valorisation est peut-être justifiée par la croissance future, les marges élevées et la qualité incomparable des voitures par rapport à la concurrence. Peut-être. En tout cas, à ces niveaux de valorisation (100x les bénéfices prévisionnels 2022) l'entreprise n'a pas la droit à l'erreur. Si un krach survenait à nouveau sur les marchés actions, je pense que l'action Tesla serait une candidate sérieuse pour un joli plongeon. Mon objectif de cours est de 200 USD sur cette action.
Avec ces ventes, je me protège d'une baisse générale des marchés mais pas forcément d'une baisse du prix du gaz et du pétrole.
Voici la dernière présentation aux actionnaires: https://www.vermilionenergy.com/files/V ... e_2022.pdf
Si je devais résumer les avantages de VET:
- Une production diversifiée (Amérique du Nord, Europe, Australie; pétrole et gaz)
- Une grosse exposition au gaz européen, qui me semble moins sensible que le pétrole à divers risques (éventuelle récession/nouveau variant/interdiction des exportations aux USA), et au contraire pourrait encore grimper vu la situation avec la Russie.
- Deux acquisitions récentes qui ont permis d'augmenter la production, et des actifs en Croatie, Hongrie et Slovaquie qui pourraient la booster encore à moyen terme
- Moins de 2,5 fois les FCF, une faible dette qui baisse chaque jour, un retour aux actionnaires qui devrait s’accélérer très bientôt (rachats d'actions annoncés dès août ?), seulement 10% de la production hedgée pour 2023
En bref, ça semble incroyablement pas cher, avec beaucoup de cash qui rentre chaque jour dans les caisses. C'est une position importante pour moi, et je pense que le second semestre sera très positif pour l'entreprise, avec un pétrole qui reste haut, un gaz européen qui n'en finit plus de monter à l'approche de l'hiver, d'importants rachats d'actions et d'excellentes perspectives pour 2023.
En challenger de MEG sur le sable bitumeux nous avons aussi GEAR ENERGY (GXE) qui semble bénéficier encore plus favorablement de la conjoncture selon le benchmark que j'en fais ci-dessous. Avec une valorisation VE/EBITDA de 8 (identique à MEG) le cours pourrait s'envoler à 2.79 CAD (+118%). Et je ne parle même pas du P/E qui est actuellement à 4 vs 20 pour MEG. Ne serait-ce donc pas plutôt GXE sur lequel miser le prochain rebond


J'y ajoute les négociations tout azimut ( Ecofin) de l'Europe pour conclure des contrats avec d'autres pays, j'ai donc examiné les trois. valeurs mentionnées, soit Meg, Gear et Vermillion.
Meg Energy sort du lot à mon avis, mais Vermillion a une diversification européenne qui me semble l'avantager. Comme j'ai difficile de trancher, le plus simple est de retenir les deux valeurs ce que je ferais rapidement et selon l'évolution des marchés.
Bonjour matdany, sur quelles bases concluez-vous que MEG et VERMILLION sont à privilégier vs GEAR ?


Valorisation VET sur base EBITDA (2021) x4 => [(2026.66 x 4) - 1705.73] / 165.20 = 38.74 CAD soit +56.4% du cours actuel (24.77 CAD)
- Clementoni
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Attention toutefois sur MEG, si vous regardez le Q1 2022 clairement les ratios chutent fortement par rapport à ce qui apparait dans votre tableau. et elle est bien moins chere qu'elle n'y parait. Le FCF sur Q1 22 est tres bon , de l'ordre de 500M de C$.
Vermillion est également ma plus grosse position petrole, équilibrée géographiquement, encore hedgée partiellement (et on dira ce qu'on voudra mais on ne sait pas où vont les prix). Pourra se desendetter bien plus vite que MEG.
et j'ai aussi du Surge, mais en plus petit. Bref on se trimballe tous les même sociétés en portif
- Franck des daubasses
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Phil a écrit : ↑19 juin 2022, 22:19En parallèle à MEG, qui me semble une super opportunité à l'heure actuelle, j'aime beaucoup Vermilion Energy (VET). C'est l'une des 3 grosses positions de Shubham Garg/WhiteTundra cité plus haut, avec MEG donc et Surge Energy (SGY). D'autres investisseurs que j'estime très compétents dans ce domaine en possèdent aussi.
Voici la dernière présentation aux actionnaires: https://www.vermilionenergy.com/files/V ... e_2022.pdf
Si je devais résumer les avantages de VET:
- Une production diversifiée (Amérique du Nord, Europe, Australie; pétrole et gaz)
- Une grosse exposition au gaz européen, qui me semble moins sensible que le pétrole à divers risques (éventuelle récession/nouveau variant/interdiction des exportations aux USA), et au contraire pourrait encore grimper vu la situation avec la Russie.
- Deux acquisitions récentes qui ont permis d'augmenter la production, et des actifs en Croatie, Hongrie et Slovaquie qui pourraient la booster encore à moyen terme
- Moins de 2,5 fois les FCF, une faible dette qui baisse chaque jour, un retour aux actionnaires qui devrait s’accélérer très bientôt (rachats d'actions annoncés dès août ?), seulement 10% de la production hedgée pour 2023
En bref, ça semble incroyablement pas cher, avec beaucoup de cash qui rentre chaque jour dans les caisses. C'est une position importante pour moi, et je pense que le second semestre sera très positif pour l'entreprise, avec un pétrole qui reste haut, un gaz européen qui n'en finit plus de monter à l'approche de l'hiver, d'importants rachats d'actions et d'excellentes perspectives pour 2023.
Vermilion j'aimais beaucoup, mais le problème c'est l'allocation de capital. Au plus haut du marché, ils ont réalisé une acquisition au lieu de développer leurs propriétés existantes. J'aurais préféré de loin un dividende exceptionnel ou la mise en place d'un programme de rachat d'actions. Problème d'alignement des intérêts entre le management qui veut faire grossir la boite qu'ils gèrent et les retours vers les actionnaires ?
Je préfère la stratégie claire de MEG Energy : rembourser la dette, racheter des actions. Point barre. Aucune acquisition, pas de dividende. Pas de risque de "dispersification" à la Peter Lynch, de payer un actif trop cher en haut de cycle ou autre.
Je peux comprendre, et il y a d'autres investisseurs O&G réputés (comme Eric Nuttall) qui n'ont pas apprécié cette acquisition.Franck des daubasses a écrit : ↑23 juin 2022, 16:31Vermilion j'aimais beaucoup, mais le problème c'est l'allocation de capital. Au plus haut du marché, ils ont réalisé une acquisition au lieu de développer leurs propriétés existantes. J'aurais préféré de loin un dividende exceptionnel ou la mise en place d'un programme de rachat d'actions. Problème d'alignement des intérêts entre le management qui veut faire grossir la boite qu'ils gèrent et les retours vers les actionnaires ?
Je préfère la stratégie claire de MEG Energy : rembourser la dette, racheter des actions. Point barre. Aucune acquisition, pas de dividende. Pas de risque de "dispersification" à la Peter Lynch, de payer un actif trop cher en haut de cycle ou autre.
Après pour relativiser un peu, c'est une acquisition à $477 millions, quand les FCF 2022 devraient être d'environ $1,8 milliard, et qui devrait rapporter plus de $200 millions de FCF annuels si les prix du pétrole et du gaz se maintiennent à de bons niveaux. C'est sûr que ça retarde d'un trimestre ou deux le lancement des grands retours aux actionnaires, mais ceux-ci arrivent bientôt malgré tout et à moyen terme cette acquisition pourrait rapporter gros. Tout dépend de l'évolution des prix évidemment.
Signalons tout de même qu'avec les soldes des derniers jours, VET se paie 2x les FCF 2022, avec un prix du gaz européen qui est démentiel pour un mois de juin (qu'en sera-t-il cet automne ?). Et MEG se prend un joli -12,50%, qui semble parfaitement justifié étant donné que le pétrole a perdu... 2%
J'ai personnellement renforcé les 2, mais j'ai l'impression que M. le marché n'a que le mot "récession" à la bouche ces derniers jours...
En gros beaucoup de fonds, pour respecter leurs critères ESG, ne veulent pas afficher trop de sociétés O&G sur leurs reportings de fin de mois/trimestre. Du coup ils vendent massivement en fin de mois/trimestre (typiquement ces derniers jours donc) pour racheter quelques jours plus tard. On verra si ça se traduit sur les cours début juillet...
- Clementoni
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concernant MEG ENERGY voici un petit update publié par la société : https://money.tmx.com/en/quote/MEG/news ... facilities
On y apprend que la production est revue à la baisse pour 2022 suite à des soucis techniques.
Ils continuent de rembourser leur dettes.
Ils achetent aussi des actions, mais je trouve le rythme pas très vif.
perso je pense alleger MEG ENERGY et renforcer VERIMILION. MEG ENERGY a un risque operationnel plus grand du fait de l'exploitation d'un seul site.
- cet article de CNBC explique que le cours du gaz US Henry hub s'est effondré de plus de 16% sur fonds de crainte d'offre excédentaire (suite à une communication de l'EIA mentionnant des stocks plus hauts qu'attendus), et que sa chute du mois de juin, d'un point de vue plus global, s'explique en partie par l'incendie du terminal GNL de Freeport au Texas au début du mois (qui a d'ailleurs eu un effet similaire sur le cours Henry hub: -16%, tarif actuel d'une mauvaise nouvelle dans le secteur, très volatile):
https://www.cnbc.com/2022/06/30/natural ... years.html
- mais cette recommandation de Raymond James du 16 juin note que cet incendie n'impacte en rien Antero, située au nord dans les Appalaches, alors qu'il lui avait déjà subir un premier plongeon encore plus marqué que celui d'aujourd'hui:
"The shares of Antero Resources Corp (NYSE: AR) have received a $60 price target from Raymond James. And Raymond James analyst John Freeman increased the price target on Antero Resources from $52 while maintaining a “Strong Buy” rating on the shares.
Freeman adjusted the rating while noting that Freeport’s outage has no material effect on Antero. And while the debt reduction remained the key focus for the first half of 2022, Antero’s 2022 shareholder yield approaches 13%-14% and its 2023 shareholder return yield is expected to reach around 20%."
Au cours actuel de 30$, le potentiel atteint 100% si on se base sur l'objectif de Raymond James.
Pour résumer, gros manque d'investissements depuis plusieurs années => offre insuffisante pour répondre à la demande et pas de capacité excédentaire, même de la part de l'OPEC. Même aux prix actuels, il est très difficile d'augmenter la production, par manque de personnel qualifié ou à cause des critères ESG. La demande va rester forte, tirée notamment par les pays en développement. Une légère récession ne changerait rien au problème, il faudrait vraiment une énorme destruction de la demande pendant de longs mois pour trouver un équilibre. Que va-t-il se passer quand les USA ne pourront plus vider le SPR, ou si la Chine repart de l'avant, alors que les stocks mondiaux sont déjà bas ?
Sinon, concernant VET, les prix du gaz européen continuent de grimper, et il sera intéressant de voir ce qui va se passer au niveau du fameux gazoduc Nord Stream 1. Celui-ci sera officiellement en maintenance du 11 au 21 juillet, et l'Allemagne craint déjà que cette "maintenance" se poursuive bien plus longtemps que prévu.