Franck des daubasses a écrit : ↑22 février 2023, 12:23
La moitié des boites cotées sur le marché Prime (le marché phare du Tokyo Stock Exchange équivalent du Compartiment A sur Euronext) sont valorisées sous leurs fonds propres. Ce qui représente 922 entreprises sur 1837 cotées sur ce marché.
Or, au Japon il y a peu d'intangibles ce sont souvent des fonds propres tangibles. C'est donc encore plus impressionnant.
Étonnant pour des Big caps rentables pour la grande majorité. On parle de 43% des entreprises de l'indice Topix 500.
Par comparaison, seulement 5% des big caps américaines cotent sous leurs propres et 24% en Europe.
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Ces valorisations à la casse sont une mauvaise pub pour la bourse japonaise vis-à-vis des investisseurs internationaux : le gouvernement et les autorités financières japonaises veulent redorer le blason de leur marché "élite" des grosses capitalisations.
Le price to book (capitalisation boursière / fonds propres) de ces 922 entreprises va devoir dépasser la barre "1x" si elles veulent rester éligibles à ce premier marché. On parle souvent dans les communiqués financiers des entreprises japonaises de "PBR" > 1 pour Price to Book Ratio.
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Pas de secrets ni de recettes miracles : on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Pour que les flux reviennent en abondance vers la bourse de Tokyo, il va falloir choyer l'actionnaire et lui retourner plus de cash sous la forme de dividendes et rachats d'actions. Et surtout, arrêter d'accumuler du cash au bilan de façon trop conservatrice.
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Pourquoi je mets en avant ces nouvelles réformes ?
Pour montrer en premier lieu que les choses continuent d'avancer à petits pas dans le bon sens. Les valorisations sur la cote japonaise sont déraisonnables. De nombreux acteurs de l'univers financier japonais en sont conscients et veulent faire bouger les choses.
Il est prévu de pouvoir exclure du premier marché (Prime market) les entreprises cotant sous leurs fonds propres à échéance mars 2025. Ça y est, on commence à sortir le fouet.
Sans que ce soit une garantie de succès, cette potentielle sanction pourrait réveiller les conseils d'administration les moins réformateurs et averses aux retours vers les actionnaires. Il en va de la visibilité de leur entreprise et aussi de leur gloriole personnelle. Peut-être le bon outil finalement pour faire bouger les choses : toucher l'orgueil des dirigeants !
Mon avis
Je vais tenter de proposer prochainement - dans un sujet dédié - une liste d'entreprises cotées sur sur la bourse nippone valorisées entre 0,5x et 0,7x leurs fonds propres, de plus de 2 Md $ de capitalisation, un flottant > 50% et des ratios de valorisation acceptables.
Passer de 0,7x les fonds propres à 1x les fonds propres en 2 ans (rappel : échéance mars 2025) c'est faire une progression de +42% soit environ 20% / an sur 2 ans.
Cette évolution peut prendre différentes formes. Soit par réduction des fonds propres (via un versement de dividende exceptionnel ?) et/ou alors des incitations claires de retours aux actionnaires (dividendes récurrents en hausse, rachats d'actions, vente d'actifs non stratégiques suivi d'un retour aux actionnaires, ...) qui inciteraient les investisseurs à revaloriser ces entreprises redevenues attractives.
Voilà 19 idées classées par PBR croissant + un tableau avec quelques ratios :
Cliquez sur les images pour l'agrandir
Pour rappel, je lance ici une expérience. Certaines de ces entreprises ne vont probablement pas avoir assez de cash pour verser un dividende exceptionnel par exemple pour baisser leurs fonds propres. D'autres n'auront peut-être rien à faire des sanctions éventuelles si elles continuent à coter avec un PBR < 1.
C'est juste pour voir si les choses vont bouger. Aucun conseil en quoi que ce soit ici.
Je lance un pari (pour le jeu) sur Sojitz, conglomérat dont je suis actionnaire. Cours actuel = 2 644 JPY
S'il se passe quelque chose sur ce portefeuille, j'en ferai part ici. Sinon, RDV dans 2 ans !
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