Graines Voltz (GRVO) : achetée à 27,95 EUR, soldée à 105 EUR avant la montée de la dette
Synthèse stratégique
Graines Voltz distribue des semences et de jeunes plants pour les professionnels de l'horticulture et du maraîchage. En 2017, l'anomalie ne venait pas seulement du prix : Serge Voltz avait porté son contrôle au-delà de 75 %, le flottant était étroit et les minoritaires risquaient une sortie à bas prix.
Les Daubasses fédèrent alors 66 actionnaires représentant 2,83 % du capital et près du quart du flottant. L'étude publique et l'achat à 27,95 EUR reposent sur un actif net proche du cours, une valeur d'entreprise égale à 3,24 fois l'EBITDA et un juste prix de 50,70 EUR après décote de 30 %.
Parcours de la thèse
La mobilisation modifie progressivement les intérêts économiques de la famille. La communication financière s'étoffe, Serge Voltz cède des titres pour élargir le flottant, la cotation devient plus liquide et Graines Voltz accélère en Allemagne avec Hild Samen. Le marché valorise désormais davantage la croissance européenne que la seule décote patrimoniale.
Les Daubasses réduisent leur exposition à mesure que le prix rejoint puis dépasse leurs références de valorisation. La dernière vente intervient à 105 EUR fin 2020. La prudence devient particulièrement lisible après la sortie : la levée de 27 M EUR à 145 EUR par action représente 14 % du capital et finance notamment l'acquisition d'André Briant.
Le retournement arrive dès l'exercice 2021-2022 : le résultat opérationnel courant est divisé par deux et le besoin en fonds de roulement consomme 27 M EUR. Les stocks augmentent de 20 M EUR, le dividende disparaît et l'endettement progresse au moment où l'énergie et les taux montent.
Thèse en 3 points
1. L'activisme doit partir des chiffres. Le collectif ne demandait pas une faveur : il opposait actif net, EBITDA, dette normalisée et comparables à un éventuel retrait de cote sous-évalué.
2. Une décote peut devenir une valorisation de croissance. Flottant élargi, acquisitions allemandes et meilleure communication ont produit la revalorisation ; à 105 EUR, conserver revenait surtout à attribuer une valeur élevée aux bénéfices futurs.
3. La croissance financée change le risque. L'analyse publiée en mars 2025 retient environ 50 M EUR de dette nette, aucun dividende et 1,5 million d'actions, contre 1,3 million avant l'augmentation de capital.
Points de vigilance
Le minoritaire doit surveiller la gouvernance familiale, les provisions sur stocks et clients, la saisonnalité du besoin en fonds de roulement, les taux variables, la météo, l'énergie et l'intégration des acquisitions. Une hausse de marge brute ne suffit pas si les coûts fixes surdimensionnés empêchent l'EBITDA de se redresser.
Conclusion
Le message de janvier 2021 chiffre le parcours de 20,99 à 105 EUR à x5,81 dividendes inclus. La décision ne consistait pas à prévoir la crise suivante, mais à vendre quand la marge de sécurité initiale avait disparu. Une nouvelle entrée exigerait désormais une baisse durable de la dette, un dégonflement du besoin en fonds de roulement et des marges compatibles avec le coût des acquisitions.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Graines Voltz, GRVO, semences horticoles, jeunes plants, activisme actionnarial, minoritaires, Hild Samen, André Briant, besoin en fonds de roulement, dette nette.
- Résumé daté du 14 juillet 2026 -
Graines Voltz (GRVO) - ex Pépites PEA
-
Le Mexicain
- Expérience : 33
- Messages : 14
- Inscription : 19/11/2019
chacun se fera son idée sur la qualité de ce communiqué et du management.
« La résilience de notre activité sur l’exercice 2023-2024 a permis de stabiliser nos indicateurs opérationnels. En même temps, le contexte de marché n'a pas permis de réaliser les ambitions que nous avions sur certains segments, ce qui nous a conduit à réviser la valeur des actifs afférents. » Dans le langage des consultants, les baisses de ventes sont toujours imputées au marché, tandis que les progressions sont systématiquement attribuées au management – une approche qui manque souvent d’honnêteté.
"Le contexte de marché, notamment avec le fort ralentissement du secteur de la construction neuve, n’aura pas permis de réaliser les ambitions passées." => pardon ????
"Nous sommes pour autant prudents sur les ventes de semences compte tenu de l’existence de stocks chez nos clients
maraichers qui n’ont pas pu mettre en culture l’ensemble de leurs achats de l’année passée en raison d’une pluviométrie excessive au printemps." => avons nous mangé moins de laitues à cause de la pluie?
Dans ce contexte, Graines Voltz ne souhaite pas se prononcer sur un objectif de chiffre d’affaires pour l’exercice à venir. => Une compréhension limitée des réalités et de la situation du business.
Si quelqu'un suit encore la valeur et a des éléments complémentaires ou de contradictions n'hésitez pas.
Sur les derniers résultats, GRVO affiche un RN largement négatif, plombé par des dépréciations.
Par le passé ils ont été coutumiers de cette pratique pour flinguer le P&L et racheter des titres à pas cher, alors cela m'intrigue, mais la société a bien changé depuis 2020.
A l'époque ils plombaient les créances clients et le stocks, les actifs circulants donc, et c'était flagrant, ils dépréciaient genre 10% des créances clients, alors qu'ils avaient à peine 1% d'irrécouvrables. Et même chose pour les stocks, avant de faire des reprises / dépréciations quelques années plus tard...
Aujourd'hui Serge Voltz n'est plus aux commandes, remplacé en octobre 2024 par Hugo Bony.
Aucun achat d'initié depuis les ventes massives de SV.
Cela fait deux trois exercices que je surveille de loin et que la boite rame, en affichant des ROC ridicules vs l'époque où j'étais actionnaire.
Elle ne verse plus de dividende.
Elle est massivement endettée, environ 50 M€ d'EFN au dernier pointage contre 2/3 M€ quand j'étais actionnaire.
Nombre de titres est passé de 1.3 à 1.5 millions.
Moi ce qui me "choque" c'est la dégradation de la marge d'EBITDA malgré la hausse de la marge brute.

Ca c'est hors provision, c'est pas comme l'EBIT qu'on peut dégrader volontairement avec des provisions sur actifs circulants.
Dans le dernier communiqué on lit ceci :

Les impacts sur ROC, ça bridge bien, on fait +1.5 M€ sur l'ensemble donc OK. Mais c'est l'EBITDA qui est naze alors que la marge brute a augmenté depuis que j'étais actionnaire. Je pense qu'ils ont surdimensionné leurs coûts fixes à un moment donné, sans doute quand ils avaient des guidances de croissance de topline à 15% l'année plusieurs fois d'affilée.

Cette partie semble confirmer mon ressenti.
Ca ressemble à une acquisition en haut de cycle post covid ou tout grimpait de partout, consommation ménages, entreprises, Etats qui dépensent en mode "quoi qu'il en coûte" et de toute façon l'Etat providence payait le chômage partiel, les prêts covid à taux zéro avec différé de remboursement hyper long etc etc etc, 2022 acquisition André Briant, pas de bol guerre en Ukraine, méga inflation sur l'énergie et GRVO et ses clients en sont de gros consommateurs. Forte hausse des coûts, baisse de la demande, hausse des taux d'emprunts (nickel avec l'emprunt contracté pour la croissance externe), acquisition au mauvais moment pénalisée par plusieurs évènements exogènes totalement imprévisibles et dont les effets se multiplient entre eux. Bref le super combo.
Maintenant pour retrouver les marges d'antan il faut soit faire du plan social à gogo, soit retrouver un volume d'activité cohérent avec le niveau de frais fixe de l'entreprise et alors là bon courage.
En plus en 2024 l'année de tous les records en France en termes de pluviométrie, allez hop encore un coup de pas bol.

Pour moi ils ne maquillent pas les comptes, ils enchainent les emmerdements conjoncturels. Si vous avez un autre avis ou des compléments je suis preneur.
Saxo https://urlz.fr/l9Hh
Bourso ETPL4810
Fortuneo 12470190
Bien sûr qu'une pluviométrie excessive a un impact sur les cultures, ce n'est pas le nombre de salades que vous avez mangé qui vous aidera à en conclure un impact ou non.Le Mexicain a écrit : ↑30 janvier 2025, 19:01http://telechargement.graines-voltz.com ... 4_vDEF.pdf
chacun se fera son idée sur la qualité de ce communiqué et du management.
« La résilience de notre activité sur l’exercice 2023-2024 a permis de stabiliser nos indicateurs opérationnels. En même temps, le contexte de marché n'a pas permis de réaliser les ambitions que nous avions sur certains segments, ce qui nous a conduit à réviser la valeur des actifs afférents. » Dans le langage des consultants, les baisses de ventes sont toujours imputées au marché, tandis que les progressions sont systématiquement attribuées au management – une approche qui manque souvent d’honnêteté.
"Le contexte de marché, notamment avec le fort ralentissement du secteur de la construction neuve, n’aura pas permis de réaliser les ambitions passées." => pardon ????
"Nous sommes pour autant prudents sur les ventes de semences compte tenu de l’existence de stocks chez nos clients
maraichers qui n’ont pas pu mettre en culture l’ensemble de leurs achats de l’année passée en raison d’une pluviométrie excessive au printemps." => avons nous mangé moins de laitues à cause de la pluie?
Dans ce contexte, Graines Voltz ne souhaite pas se prononcer sur un objectif de chiffre d’affaires pour l’exercice à venir. => Une compréhension limitée des réalités et de la situation du business.
Et au sujet de la construction neuve, Graines Voltz fournit les semences pour l'aménagement des espaces verts de ces constructions, il ne vous a pas échappé que la forte hausse des taux d'emprunts a eu un impact sans précédent sur le secteur de la construction ...
Saxo https://urlz.fr/l9Hh
Bourso ETPL4810
Fortuneo 12470190