Les résultats que vient de publier Jacques Bogart sont très au-dessus de mes attentes.
Depuis plusieurs années, la société déçoit. Les ventes n’ont jamais retrouvé le niveau de 2019. De restructurations en fermetures de magasins, de paris stratégiques ratés en dépréciation des écarts d’acquisition, le résultat net cumulé de la période 2020/2022 est une perte de 2,5 M€.
Au S1 2023, les équilibres étaient encore bien fragiles. Le résultat d’exploitation était une perte de 1,8 M€, pour une perte nette comptable de 7,2 M€, dans la moyenne des trois exercices précédent (- 6,9 M€).
Si la société ne rachetait pas ses titres de manière aussi agressive et systématique, j’aurais jeté l’éponge depuis bien longtemps. J’étais donc assez nerveux avant la parution des résultats 2023. Je craignais un résultat faiblement déficitaire.
Nos hôtes ont déjà commenté le résultat. Je ne reviens pas dessus. On termine l’année en bénéfice de 3,8 M€. C’est maigre comparé à la période pré-Covid (plus de 11 M€ de résultat moyen sur les trois années qui ont précédé les fermetures de magasins pour des raisons sanitaires), mais c’est nettement mieux que la période 2020/2022.
C’est surtout la performance du second semestre, traditionnellement le meilleur pour le groupe car il intègre les fêtes de fin d’année, qui est remarquable.
J’ai isolé l’activité et le résultat d’exploitation du S2 sur les 7 derniers exercices. Voici les chiffres.
2023 marque un record en valeur absolue pour le résultat d’exploitation : 14,3 M€. La deuxième meilleure performance est le S2 2019 avec 10,5 M€. En % du CA, le S2 2023 atteint 9,3 %, loin devant les 5 % environ des deux dernières années. Seul l’exercice 2017 avait affiché un meilleur taux de REX / CA avec 12,6 %.
C’est pour moi enfin, un vrai motif d’espoir sur ce dossier. Peut-être sommes-nous arrivés au bout du cycle de restructuration. Peut-être la société a-t-elle trouvé la bonne solution pour la production de ses produits cosmétiques. Peut-être allons-nous enfin retrouver la voie d’une croissance rentable.
Le rapport annuel est disponible sur le site. Je compte sur les Daubasses pour mettre à jour leur objectif de cours.
On y apprend que, malheureusement, le BFR a augmenté en 2023. En prenant en compte tous les éléments courants, il passe de 26 à 43 M€, soit une progression de 17 M€. La génération de trésorerie n’est pas suffisante pour compenser ce gonflement du BFR. Par conséquent, la dette nette, hors dette locative IFRS 16, progresse de 124 %, passant de 12,4 à 27,6 M€. C’est clairement le point noir de cette publication.
Si le gearing reste sous contrôle à 33 % des capitaux propres, les frais financiers enflent et consomment plus de la moitié de l’EBIT sur l’exercice.
Espérons que les chiffres du S2 marquent un vrai changement de tendance dans les performances économique de Jacques Bogart. On verrait alors en 2024 une forte génération de trésorerie qui permettrait de faire reculer l’endettement et retrouver un RNC digne de ce nom. Il deviendrait alors évident pour tout le monde que les Konckier ont eu raison de racheter en continu leurs titres sur le marché.
Snowball
Actionnaire un peu plus détendu après analyse des derniers chiffres de Bogart.