Jacques Bogart (JBOG) : le pari d'OPR sur un parfumeur familial soldé à -25 % après six ans
Synthèse stratégique
Jacques Bogart devait combiner deux atouts : des marques de parfums et cosmétiques contrôlées en interne, puis un réseau de boutiques capable de diffuser ces marques. L'achat initial de 2019 à 7,80 EUR ajoutait un angle de capital : le concert familial détenait déjà 88 % du capital et une opération de retrait devenait envisageable avec la loi Pacte.
La suite a été moins favorable. Le Covid, l'intégration de Distriplus, Nocibé et Fann, la hausse des loyers, les salaires et les fermetures de magasins ont déplacé le dossier vers un problème d'exécution. Après six ans, la position est soldée à 4,66 EUR avec -25 % dividendes inclus.
Parcours de la thèse
Le dossier a d'abord semblé confirmer le scénario. Les rachats d'actions ont réduit le flottant, et le chiffre d'affaires a franchi 300 M EUR dès 2019. Mais les années 2020-2022 ont montré une fragilité plus profonde : les magasins physiques absorbent du capital, les marges restent instables et les dettes locatives redeviennent une variable de valorisation.
Le compte rendu d'AG 2022 décrit environ 400 points de vente et des magasins à recalibrer. La reprise des boutiques Nocibé, présentée comme un relais commercial, devient surtout un chantier de loyers, de fermetures et de rentabilité insuffisante.
En 2025, les résultats 2024 font tomber l'objectif à 9,45 EUR. L'activité recule, le résultat net repasse dans le rouge, les charges de restructuration continuent et le dividende reste financé par les réserves.
Thèse en 3 points
1. Contrôle familial. La famille Konckier contrôle déjà la société ; l'auto-contrôle atteint 6,63 % et le flottant réel 4,98 %, mais le calendrier d'une OPR reste décidé par le majoritaire.
2. Marques mieux valorisables. L'activité parfums et cosmétiques conserve plus d'intérêt que la distribution, car elle demande moins de magasins et peut mieux profiter du réseau européen.
3. Distribution fragile. Les boutiques en France, Belgique et Allemagne imposent loyers, stocks, salaires, restructurations et dettes locatives ; le minoritaire supporte cette lente remise en ordre.
Points de vigilance
L'OPR reste possible, mais elle n'est pas un catalyseur daté. Le risque principal vient du temps perdu, d'une offre peu généreuse, de nouvelles déceptions opérationnelles et d'un bilan moins confortable qu'au départ.
Les annonces 2026 autour de Pieper et d'une possible opération Marionnaud portée par David Konckier à titre personnel ajoutent de la complexité. Elles ne règlent pas le problème central : transformer un réseau de boutiques lourd en flux de trésorerie réguliers.
Conclusion
La vente des 130 actions à 4,66 EUR solde la position avec -25 % dividendes inclus. La thèse initiale reposait sur la relution du contrôle familial et une possible OPR ; six années sans offre, des résultats décevants, des restructurations récurrentes et un dividende tiré des réserves ont réduit la marge de sécurité. La discipline de sortie consiste ici à arrêter l'attente plutôt qu'à donner une valeur certaine à un retrait de cote sans calendrier.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Jacques Bogart, JBOG, OPR, famille Konckier, parfumerie, cosmétiques, Nocibé, Marionnaud, rachat d'actions, flottant réduit
- Résumé daté du 14 juillet 2026 -
Jacques Bogart (JBOG) - ex Pépites PEA
Le titre dit que c’est la société et l’article que c’est le dirigeant à titre personnel…
Mais le communiqué de presse est clair:
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
6 JUILLET 2026
DAVID KONCKIER, PRINCIPAL ACTIONNAIRE DU GROUPE BOGART
ANNONCE, A TITRE PERSONNEL ET INDIVIDUEL, AVOIR ENTAME UN PROCESSUS D’INFORMATION ET DE CONSULTATION EXCLUSIF EN VUE D’UNE ACQUISITION POTENTIELLE DU GROUPE MARIONNAUD, ACTEUR HISTORIQUE DE LA DISTRIBUTION SÉLECTIVE DE PARFUMS EN EUROPE.