Ruffer SA a créé une horloge d'investissement axée sur l'inflation, à partir d'un siècle de données des marchés américains, anglais et japonais.


En bas à droite (entre 3 h et 6 h), l'inflation est faible mais en hausse ; l'économie est en croissance, sans toutefois surchauffer. Comme on peut s'y attendre, les actifs de croissance, tels que les actions, affichent de bonnes performances, soutenus par les obligations en tant qu'actifs générateurs de revenus. En bas à gauche (de 6 h à 9 h), l'inflation est faible mais en baisse, ce qui marque souvent une récession. Les obligations interviennent alors pour protéger le portefeuille, car les taux d'intérêt sont susceptibles de baisser, tandis que les actions sont en repli. Dans ces deux quadrants inférieurs, un portefeuille composé d'obligations et d'actions est performant. Lorsque l'inflation est faible, la constitution d'un portefeuille diversifié est simple. Nous pouvons ensuite appliquer ces conclusions à l'expérience historique des investisseurs. Pendant la majeure partie de la période 1990-2020, l'inflation étant restée largement inférieure à 2 %, un portefeuille classique composé à 60 % d'actions et à 40% d'obligations a affiché de bonnes performances. Cependant, cela signifie que la plupart des professionnels du secteur n'ont investi que dans un contexte correspondant aux deux quadrants inférieurs de l'échelle d'inflation. De plus, les hypothèses de construction de portefeuille modernes reposent en grande partie sur des données de cette période.
Sur les deux quadrants supérieurs, à gauche (de 9 h à 12 h), l'inflation est élevée mais en baisse, comme ce fut le cas en 2023. C'est favorable aux actions comme aux obligations. Leur corrélation est positive, ce qui est particulièrement avantageux pour les portefeuilles 60/40. Mais, à droite (de 0h à 3 heures), l'inflation est élevée et continue d'augmenter. Les obligations et les actions chutent fortement. Ici, la corrélation positive est particulièrement douloureuse, comme pourront le confirmer de nombreux investisseurs qui se souviennent de 2022. La bonne nouvelle ? Les données de l'étude montre que les matières premières – notamment les métaux industriels et précieux – peuvent protéger les portefeuilles en période d'inflation élevée et croissante. D'autres actifs, comme les produits dérivés, peuvent générer des rendements non corrélés et ainsi contribuer à la diversification d'un portefeuille. Heureusement, en période de désinflation, les actifs de diversification étudiés (les matières premières) n'étaient pas trop coûteux, alors qu'ils constituaient un élément essentiel du portefeuille en période d'inflation.
En réalité, les différents types d'actifs de diversification ne sont pas performants à tous les moments. Les allocations doivent être gérées de manière dynamique, tout comme le portefeuille dans son ensemble. Par exemple, l'analyse de Teun a montré que l'or a offert le meilleur rendement moyen en période d'inflation. Cependant, il n'a généré des rendements positifs que dans deux tiers des cas. L'or peut donc offrir une certaine protection, mais ce n'est pas une régularité.
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