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Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

VictorB
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Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

Message par VictorB » 27 décembre 2021, 13:03

Bonjour à tous, et joyeuses fêtes !

Je suis en train de lire le fameux livre de Peter Lynch. Quand je lis des livres technique j'aime surligner les passages qui me paressent particulièrement intéressant. Et normalement ça s'arrête là.
Mais cette fois-ci j'ai décidé de faire des fiches avec ces passages. Je vous propose donc ici ces fiches, elles arriveront au tombe gouttes, au rythme de ma lecture/traduction/réécriture (je le lis en anglais pour changer).

La discussion et le partage d'opinion sont évidement plus que bienvenu !

VictorB
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Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

Message par VictorB » 27 décembre 2021, 13:09

Introduction

S’il y a un indicateur à garder à l’œil, c’est les bénéfices.

Ce que fait le cours d’une action à court terme n’est qu’une distraction.

Il n’est pas nécessaire de gagner à tous les coups. 60% de bonnes actions dans un portefeuille peuvent faire gagner gros et compensent largement les autres 40% qui chutent. Pourquoi ça ? Car les pertes sont limitées au montant initialement investit dans l’action (le cours ne peut pas chuter plus bas 0), d’un autre côté, les gains n’ont absolument aucune limite. Tout ce dont nous avons besoins dans une vie c’est quelques gros gagnants et les quelques actions qui ne performent pas n’auront plus d’importances.

Si le cours d’une action grimpe, le dividende chute naturellement.

Tout le monde sait qu’il faut penser long terme, mais le surplus d’informations constant force les investisseurs à penser court terme malgré eux. C’est un défi de ne rien faire. Une bonne manière de dormir sur ces deux oreilles est de regarder le cours de son portefeuille une fois tous les six mois, comme le niveau d’huile d’une voiture.

Les investisseurs qui achètent des Small et mid caps sous cotées ont été punis pour leurs prudence. Les gens se demande, pourquoi l’indice monte de 20% et mon action chute ? Car l’indice est porté par quelques très grosses actions.

L’histoire nous apprend :
• Une correction (chute de 10% ou plus) arrive tous les deux ans.
• Un Bear Markets (chute de 20% ou plus) tous les six ans.
• Un gros Bear Markets (chute de 30% et plus) n’est arrivé que cinq fois entre 1932 et 1999 (date de la rédaction de l’introduction)

Il est fou de penser que nous avons vu toutes les crises, c’est pourquoi il est si important de ne pas investir avec de l’argent que l’on peut nécessiter dans les 12 mois à venir. Il ne faut pas être forcer de vendre dans un maché baissier. Pour les investisseurs à long terme, le temps est un allié !

Il serait merveilleux de pouvoir prédire les marchés baissiers afin de sortir au bon moment. Cependant personne n’a encore trouvé la solution. Plus sérieusement, si tu sors du marché et évites la chute, comment peux tu être certains de re rentrer à temps pour profiter de la nouvelle hausse ?

Voici une histoire :
100 000$ investi en actions le 1er juillet 1994 deviennent 341 722$ en cinq ans (+341.7%). Mais si tu étais hors du marché seulement trente jours, les 100 000$ ne serait devenu que 153 792$. Dans ce cas-là, en restant investi, tu as plus que doublé ton investissement initial.

Les basiques restent simples : les actions ne sont pas des tickets de loto. Il y a une entreprise derrière chaque action. Les entreprises vont bien ou mal. Si une entreprise fait pire qu’avant, l’action chute. Si l’entreprise fait mieux qu’avant, l’action grimpe. Si tu possède de bonnes entreprises qui augmentent leurs bénéfices, tes affaires irons bien, à l’inverse, elles iront mal.

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Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

Message par VictorB » 01 janvier 2022, 17:30

Bonne année à tous !

Introduction : l’avantage de l’argent stupide

C’est le moment où l’auteur, un investisseur professionnel, promet au lecteur que dans les prochaines 300 pages il partagera les secrets de sa réussite. Mais la règle numéro 1 est : Arrêtez d’écouter les professionnels ! Vingt ans dans ce secteur m’ont convaincu que n’import qui utilisant 3% de son cerveau peut sélectionner des actions aussi bien, voir même mieux, que la moyenne des experts de Wall Street.

J’ai développé une passion pour multiplier par dix mon argent (10 bagger) très tôt dans ma carrière d’investisseur. La toute première action que j’ai achetée, Flying Tiger Airlines, c’est avéré être une multibagger qui m’a permit d’aller à la fac. Dans les dernières décennies, les quelques 5, 10 et plus rarement 20 bagger, ont aidées mon fond de placement à surpasser les autres – et je détiens 1400 lignes. Dans un plus petit portefeuille juste une de ces remarquables actions peut transformer une cause perdue en une cause profitable. Ce fonctionnement est incroyable.

• Stratégie A : Supposons que tu as investi 10 000$ dans 10 actions le 22 décembre 1980, et que tu les conserves jusqu’au 4 octobre 1983
• Stratégie B : C’est stratégie A plus une onzième action, Stop & Shop, qui s’avère être une 10 bagger.
Le résultat de stratégie A est que tes 10 000$ sont devenus 13 040$, soit un médiocre 30.4% (le S&P 500 offrait 40,6% sur la même période).
Mais si tu avais ajouté Stop & Shop, tes 10 000$ auraient plus que doublé à 21 060$, offrant un retour de 110.6%, et une chance de te vanter à Wall Street.
En outre, si tu avais ajouté la ligne Stop & Shop en voyant que les perspectives l’entreprise s’améliorais, ton retour sur investissement aurait plus que doubler.

Pour faire ce spectaculaire spectacle, il faut seulement trouver une grosse gagnante sur onze. Plus tu vois juste sur une action, plus tu peux te tromper sur toute les autres et toujours finir gagnant.

Durant une vie à acheter des voitures ou des caméras, tu développes un sens de qu’est-ce qui est bon et qu’est-ce qui est mauvais, qu’est-ce qui se vend et qu’est-ce qui ne se vend pas. Si tu ne t’y connais pas en voitures, tu t’y connais forcément en autre chose, et le point très important est : Tu le sais avant les experts de Walt Street. Pourquoi attendre qu’un expert recommande Dunkin’Donuts quand tu as déjà vu huit nouvelles franchises s’ouvrir vers chez toi ? Les experts ne vont pas repérer Dunkin’Donuts avant que l’action n’ai quintuplée de 2$ à 10$, et tu l’avais repéré à 2$.

Parmi les investisseurs amateurs, ce n’est pas considéré comme une pratique sophistiquée que de se balader en ville en mangeant des donuts comme première étape d’investissement. Les gens semblent plus à l’aise en investissant dans un domaine qu’ils ignorent complétement.
Il semble qu’il y est une règle secrète à Wall Street : Si tu n’y comprends rien, alors met y toutes tes économies. Fuis les entreprises du coin de la rue qui peuvent au moins être observées, et cherche les entreprises qui fabriquent un produit incompréhensible.

Trouver l’entreprise prometteuse n’est que le premier pas. Ensuite il faut faire les recherches. Les recherches te permettent de distinguer Toys « R » Us de Coleco, Apple de Televideo, ou Piedmont Air lines de People Express. Maintenant que j’en parle, j’aurais aimé avoir fait plus de recherches sur People Express. Je n’aurais peut-être pas acheté d’actions.

Ce livre est divisé en trois sections.
    La première, Se préparer à investir (chapitre 1 à 5), Comment s’évaluer soi-même en tant que sélectionneur d’actions, comment jauger la concurrence (gérants de fonds, investisseurs institutionnels, et autres experts de Wall Street), comment évaluer si les actions sont plus risquées que les obligations, comment examiner tes propres besoins financiers, et comment développer une routine de sélection d’action.
      La deuxième, Choisir les gagnants (chapitre 6 à 15), Comment trouver l’opportunité la plus prometteuse, que faut-il regarder et qu’est-ce qu’il ne faut pas regarder dans une entreprise, comment utiliser un courtier, rapports annuels, et autres ressources pour avoir un meilleur avantage, et que faire avec les nombreux indicateurs souvent évoqués (PER, book value, cash-flow).
        La troisième, La vision long terme (chapitre 16 à 20), Créer un portefeuille, comment garder un œil sur les entreprises pour les quelles tu as un intérêt, quand acheter et quand vendre, les folies des options et des futures, et quelques générales observations sur la santé de Wall Street, entreprises Américaines, et les marchés financiers – des choses que j’ai remarqué en vingt ans d’investissement.

        climatisor
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par climatisor » 01 janvier 2022, 22:56

        J'avais beaucoup aimé ce livre.
        Il dit en fait la même chose que warren buffet : n'investissez que dans ce que vous comprenez, achetez des actions comme si la bourse devait fermer demain, le temps est l'ami des bonnes entreprises etc...

        Mais c'est toujours intéressant de relire des passages 8-)

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 04 janvier 2022, 13:16

        1. Devenir sélectionneur d’actions

        Je réalise qu’il y avait moins de risque de perdre la totalité de son argent dans les marchés des années 1950 qu’avant ou après. Ceci m’apprend qu’il est difficile de prédire les marchés, et aussi que les petits investisseurs ont tendance à être pessimiste ou optimiste précisément au mauvais moment, c’est donc de l’auto sabotage que d’essayé de « timer » le marché.

        C’est évidant qu’étudier l’histoire et la philosophie était bien mieux pour se préparer au marché des actions que, disons, étudier les statistiques. Investir en actions est un art, pas une science, et les gens qui ont été entrainés à tout quantifier de manière rigide ont un gros désavantage. Si la sélection d’actions pouvait être quantifier, tu pourrais faire fortune en faisant tourner un ordinateur. Mais ça ne marche pas comme ça. Les seules notions de math dont tu as besoin en investissement tu les as eus au CM1.

        Actuellement Wall Street pense comme les grecs de l’antiquité. Les grecs avaient l’habitude de débattre pendant des jours pour savoir combien de dents a un cheval. Ils pensaient pouvoir trouver la solution en restant assis à débattre au lieu d’aller voir directement sur un vrai cheval. Beaucoup d’investisseurs restent assis et débattent sur le cours d’une action au lieu d’aller faire des recherches sur l’entreprise.

        Le fond Fidelity Magellan avait 20 millions d’actifs. Le portefeuille avait seulement 40 lignes, et Ned Johnson, le chef de Fidelity, me recommandait de réduire à 25 lignes. J’ai écouté poliment et quand je suis sorti j’ai augmenté jusqu’à 60 lignes, 6 mois plus tard à 100 lignes, et peu de temps après ça à 150. Je ne l’ai pas fait pour contrarier. Je l’ai fait parce que quand je vois une bonne affaire je ne peux pas résister à l’acheter, et à cette époque il y avait des affaires partout.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 06 janvier 2022, 12:41

        2. Les oxymores de Wall Street

        Dans le système actuel, une action n’est pas vraiment attractive tant qu’un certain nombre de grosses institutions n’ont pas reconnu sa pertinence et que des analystes aient mis l’action en question de leurs listes de recommandation. Avec autant de personnes qui attendent que son voisin face le premier pas, c’est incroyable quand quelqu’un passe à l’achat.

        En réalité, entre avoir une chance de faire un profit extraordinaire sur une compagnie inconnue et l’assurance de perdre seulement un peu d’argent sur une entreprise reconnue, la plupart des gestionnaires de fond ou autres gestionnaires de portefeuilles, sautent sur la deuxième option. Le succès est une chose, mais c’est plus important de ne pas avoir l’air ridicule en cas d’erreur. Il y a une règle secrète à Wall Street : Tu ne perdras jamais ton travail en perdant l’argent de tes clients sur IBM.

        Disons que tu as en gestion un fond d’$1-milliards, et ton chef te fait choisir entre 40 actions approuvées. Vu que tu ne peux investir que 5% de ton capital dans chaque action, tu dois acheter au moins 20 actions, avec $25 millions dans chaque.
        Dans ce cas tu dois trouver des entreprises où $25 millions achètera moins de 10% des actions en circulation. Ça réduit grandement le nombre d’opportunité, spécialement dans les petites start-ups qui ont tendance à être les 10 baggers. Par exemple, tu n’aurais pas pu acheter Seven Oaks International ou Dunkin’ Donuts avec ces règles.

        Certains fonds sont encore plus restreints avec une règle sur la capitalisation boursière :
        Ils ne peuvent pas acheter d’actions d’entreprise dont la capitalisation boursière est inférieure, à disons, $100 millions. Une entreprise avec 20 millions d’actions en circulation qui se vendent à $1,75 a une capitalisation boursière de $35 millions et doit donc être évité par le fond. Mais une fois que le prix de l’action à triplé à $5,25 cette même entreprise a une capitalisation boursière de $105 millions et soudain, c’est possible de l’acheter. Cela se traduit par un phénomène étrange : les gros fonds peuvent acheter des actions de petites entreprises seulement quand ce ne sont plus de bonnes affaires.

        Ce n’est pas étonnant que tellement de gestionnaires de fonds n’arrivent pas à battre le marché, Quand tu demande à une banque de gérer tes investissements, dans la plupart des cas tu n’auras rien d’autre que des résultats médiocres.

        Plus un fond est gros, plus c’est dur pour lui de surperformer. Attendre les mêmes résultats d’un fond de $9 milliards et d’un autre de $800 millions rime à attendre d’un athlète lesté de 2 kg de battre des records. Les gros fonds se comportent comme n’importe quoi de gros – plus c’est gros, plus il faut d’énergie pour le faire bouger.

        Les actions que j’essaye d’acheter sont exactement les actions qu’un gestionnaire de fond traditionnel essaye d’éviter. En d’autres termes, je continu de penser comme un amateur autant que je le peux.

        Tu n’as pas à investir comme un établissement. Si tu investis comme un établissement tu es condamné à performer comme eux, ce qui dans la plupart des cas n’est pas vraiment bien. Tu n’as pas à te forcer à penser comme un amateur si tu en es déjà un. Si tu es un surfeur, un camionneur, un étudiant, ou un retraité excentrique, alors tu as déjà un avantage.
        Voilà d’où viennent les 10 baggers, au-delà des limites acceptées par Wall Street.

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 08 janvier 2022, 20:25

        3 - C’est le casino ou quoi ?

        Les bons du trésor à long termes sont très bien pour percevoir des d’intérêts car ils ne sont pas « rachetables » - ou du moins pas avant les 5 ans qui précédent la maturité. Beaucoup de malheureux obligataires ont découvert que la plupart des obligations sont rachetable, ce qui signifie que l’émetteur de la dette rachète ses obligations à la minute où ça devient avantageux pour lui.
        Aussitôt que les taux d’intérêts commencent à tomber, faisant réaliser aux porteurs d’obligations qu’ils ont réalisés une bonne affaire, les obligations sont rachetées par l’émetteur et ils sont remboursés. Dans le cas contraire, si les taux d’intérêts vont dans le sens défavorable aux porteurs d’obligations, ils sont bloqués avec leurs obligations.
        Si tu espères profiter de la chute de taux d’intérêts nous te conseillons d’acheter des bons du trésor car il y a très peu d’obligations d’entreprises qui ne sont pas rachetable.

        Historiquement, investir dans les actions est indéniablement plus rentable que d’investir dans la dette. Depuis 1927, les actions ordinaires ont une performance annuelle moyenne de 9.8%, à comparer avec 5% pour les obligations d’entreprises, 4.4% pour les obligations gouvernementales, et 3.4% pour les bons du trésor.
        Sur la même période, l’inflation moyenne mesurée par The Consumer Price Index, est de 3% par an, ce qui donne aux actions une performance réelle de 6.8% par an. La performance des bons du trésor, placement réputé le plus conservateur, a été nulle, c’est bien ça. Zéro.
        La différence entre 9.8% pour les actions et 5% pour les obligations peut sembler ridicule pour certains, mais considère cette fable financière :
        Si à la fin des années 1927 un homme s’endort pendant 60 ans avec $20 000 d’obligations, payant un taux d’intérêt de 5%, il se serait réveillé avec $373 584 – assez pour s’offrir un bel appartement, une voiture et une coupe de cheveux (au bout de 60 ans il en aurait effectivement bien besoin) ; Tandis que s’il avait investi en actions, avec un rendement de 9.8% par an, il aurait $5 459 720. Un bel exemple de la puissance des intérêts composé, la 8ème merveille du monde selon Albert Einstein, approuvé par Warren Buffett. (De plus durant son sommeil les cracks boursiers de 1929 et 1987 ne l’auront pas fait fuir du marché.)
        En 1927, si tu avais mis 1000$ dans chacun des quatre investissements lister ci-dessous, laissé les effets composés faire leur travail et sans avoir à payer d’impôts, alors 60 ans plus tard tu aurais ces montants :

        • Bons du trésor : $7 400
        • Obligation d’état : $13 200
        • Obligation d’entreprises : $17 600
        • Actions : $272 000

        Avec les actions tu as la croissance de l’entreprise de ton côté, Tu es partenaire dans un busines prospère et en expansion. Quand tu prêtes de l’argent à quelqu’un, le mieux que tu peux espérer c’est de récupérer ton argent, plus les intérêts.
        Pense aux personnes qui ont eu des obligation McDonald’s. La relation entre eux et McDonald’s commence et s’arrête au remboursement d’une dette, et ce n’est pas la partie la plus intéressante à propos de McDonald’s. Bien sûr les premiers détenteurs d’obligations ont récupéré leur argent, comme ils l’auraient récupéré avec un Certificat de Dépôt avec leur banque, mais les premiers détenteurs d’action McDonald’s sont devenus riches. Ils détiennent un bout de l’entreprise. Tu ne trouveras jamais de 10 bagger dans les obligations – à moins que tu ne sois un détective expert en défaut de paiement.

        Pendant deux décennies après le crack, les actions étaient vues comme des jeux d’argents par la majorité de la population, et cette impression n’a pas vraiment disparue avant les années 1960 quand les actions ont de nouveau été vues comme des investissements, mais dans un marché surévalué qui rendait la majorité des actions risquées. Historiquement, de manière routinière et circulaire, et normalement au mauvais moment, les actions sont aimées et considérées comme des investissements ou délaissées et considérées comme des jeux d’argents. Les actions sont plus susceptibles d’être acceptées comme investissement sûr au moment où elles ne le sont pas.

        A votre avis, où en sommes-nous ?

        Au fil du temps, les risques peuvent être réduit en jouant [investissant] correctement comme il l’est au Stud Poker. En ne jouant [investissant] pas correctement (acheter une action trop cher) même l’achat de Bristol-Mayers ou Heinz peut se terminer par de grosses pertes et d’opportunité gâchées. C’est ce qui est arrivé à ceux qui pensaient que parier sur Blue Chips les dispensaient de se méfier, ils ont donc perdu la moitié de leur argent très rapidement et ne le récupéreront peut-être pas avant huit ans. Au début des années 1970 des millions de dollars mal informés se sont mis à acheter des actions surévaluées, ils sont toujours portés disparus. Cela rend il Bristol-Mayers ou McDonald’s des investissements risqués ? Seulement à cause de la façon dont les gens investissent en eux.

        Les actions qui rapportent gros viennent de ce qu’on appelle les catégories à haut risque, mais le risque a plus à voir avec l’investisseur qu’avec la catégorie.

        Clairement le marché est un pari qui en valait la peine – aussi longtemps que tu sais comment jouer. Et aussi longtemps que tu détiens des actions, de nouvelles cartes continuent de se retourner [référence au poker]. Maintenant que j’y pense, investir en actions n’est pas vraiment comparable à jouer au poker à 7 cartes. C’est plus comme jouer au poker à 70 cartes, ou si tu détiens 10 actions, c’est comme jouer avec 10 jeux de 70 cartes en même temps.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 11 janvier 2022, 13:24

        4 – Passer le test du miroir

        Il n’y a pas d’intérêt à commencer à étudier les états financiers d’une entreprise avant de s’être regardé dans le miroir. Avant d’acheter ta première action tu dois te poser trois questions :

        • Suis-je propriétaire de mon logement ?
        • Ai-je besoin de cet argent ?
        • Ai-je les qualités nécessaires qui me permettrons de succéder dans mes investissements ?

        Tes perspectives de réussite en investissement dépendent plus des réponses à ces trois questions que sur quoi que ce soit que tu puisses lire dans le Wall Street Journal.

        1 - Suis-je propriétaire de mon logement ?

        Avant que tu n’investisses quoi que ce soit sur des actions tu devrais considérer acheter une maison. Il y a des exceptions, mais dans 99% des cas ce sera un bon investissement.

        Le schéma de progression classique est le suivant : Tu achètes un petit logement, puis un moyen, puis une grande maison dont tu n’as peut-être pas besoin. Après que les enfants ont quittés le nid, tu vends la grande maison et tu déménage dans une maison plus petite, faisant une belle plus-value au passage, qui n’est pas taxée. Ça n’arrive jamais avec les actions qui sont toujours taxées aussi souvent et lourdement que possible.

        L’immobilier comme les actions sont plus profitables au long terme. Contrairement aux actions les maisons ont tendance à être détenues par la même personne durant une longue période – je pense que la moyenne est de 7 ans. Compare ça aux 87% des actions du NYSE qui changent de mains tous les ans. Les gens sont bien plus confortables dans leurs maisons qu’avec leurs actions. Il faut un camion pour déménager, et seulement un clic pour vendre une action.

        Pas étonnant que le gens gagne de l’argent sur le marché de l’immobilier et en perdent sur celui des actions. Ils passent des mois à choisir une maison et quelques minutes pour choisir leurs actions, ils passent plus de temps à faire du shopping pour un bon four microonde que pour faire du shopping pour un bon investissement.

        2- Ai-je besoin de cet argent ?

        Investis seulement ce que tu peux te permettre de perdre sans que cette perte ait la moindre conséquence sur ton futur proche.

        3- Ai-je les qualités nécessaires qui me permettrons de succéder dans mes investissements ?

        Cette question est la plus importante de toutes. Il me semble que la liste des qualités devrait être patience, autonomie, bon sens, tolérance à la douleur, l’ouverture d’esprit, détachement, persistance, humilité, flexibilité, volonté de faire ces propres recherches, la même volonté pour accepter de faire des erreurs, et la faculté d’ignorer la panique générale.
        Pour ce qui est du QI, il me semble que les vrais génies, attachent trop d’importance aux réflexions théoriques et sont tout le temps trahis par le vrai comportement des actions, qui est plus simple d’esprit que ce qu’ils imaginent.
        C’est aussi important de pouvoir prendre des décisions sans avoir toutes les informations. Les choses ne sont presque jamais claires à Wall Street, ou quand elles le sont, alors il est trop tard pour en profiter. L’esprit scientifique qui a besoin de connaitre toutes les variables perdra à ce moment-là.

        En se référent aux informations publiées par Investor’s Intelligence, qui suis les sentiments des investisseurs via le journal, fin 1972, quand les actions étaient sur le point de s’effondrer, l’optimisme était à son plus haut, avec seulement 15% des conseillers baissier. Au début du rebond du marché en 1974, le sentiment des investisseurs était à son plus bas, avec 65% des conseillers qui pensaient que le pire été encore à venir. Avant que le marché ne se retourne en 1977, une fois encore les lecteurs du journal étaient optimistes, avec seulement 10% de baissier. En 1982 au début d’un grand marché haussier, 55% des conseillers étaient baissiers, et juste avant le grand krach du 19 octobre 1987, 80% des conseillers étaient de nouveau haussiers.

        Des choses chez l’être humain font de lui un très mauvais « timer » de marchés. L’investisseur imprudent passe constamment par ces trois émotions : Préoccupation, complaisance, et la capitulation.
        Il est préoccupé après que le marché ait chuté ou vacillé, ce qui l’empêche d’acheter de bonnes entreprises à des prix bradés. Puis plus tard il achète à des prix plus haut, il devient complaisant car le cours monte. C’est précisément le moment où il devrait se préoccuper des fondamentaux de ces entreprises, mais il ne l’ait pas. Puis finalement, quand les cours chutent sous son prix d’achat, il capitule et vend comme un morveux.

        Le truc n’est pas d’apprendre à croire en tes intuitions, mais plutôt de te discipliner afin de les ignorer. Garde tes actions aussi longtemps que les fondamentaux sont bons.
        Si non, ta seule chance pour augmenter ton capital est d’adopter la technique infaillible du succès financier de J. Paul Getty’s : « Lèves toi tôt, travailles dur, et trouves du pétrole. »

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 13 janvier 2022, 13:00

        5 - S’il vous plaît ne me demandez pas si nous sommes dans un bon marché

        Depuis que le marché des actions est corrélé à l’économie globale, une façon pour les gens d’essayer de deviner la tendance des marchés est de prédire l’arrivé de l’inflation, de la récession, les buzz, les flops, et la direction des taux directeurs. C’est vrai, il y une corrélation entre les taux et le marché, mais qui peut prédire leurs variations avec précision et régularité ? Il y a 60 000 économistes au US, beaucoup d’entre eux sont employés à plein temps et essayent de prédire les récessions, et le mouvement des taux, s’ils pouvaient y arriver deux fois d’affiler ils seraient déjà millionnaires.

        Il y a eu une récession de 16 mois entre juillet 1981 et novembre 1982. Pour dire vrai, c’est la période la plus effrayante dont je me souvienne. Des professionnels de la fiance se demandaient s’ils ne devaient pas apprendre à chasser et à pécher, car bientôt nous vivrons tous dans les bois, à ramasser des glands. C’était une période où nous avions 14% de chômage, 15% d’inflation, et 20% de taux préférentiel.
        Après les faits beaucoup de personnes ont annoncés qu’ils savaient que ça allait arriver, mais à moi, personne ne m’en avait parlé avant que ça arrive…
        Puis au moment du pic de pessimisme, quand 80% des investisseurs auraient jurés que la situation allait encore empirer, le marché a rebondit avec vivacité, et soudain tout allait de nouveau bien dans le meilleur des mondes.

        Le jour après le crack du 19 octobre, les gens commençaient à s’inquiéter que le marché soit seulement en train de s’effondrer. Il avait déjà chuté et nous avions survécu (malgré que nous ne l’ayons pas prédit), et après nous étions pétrifiés qu’il y ait une nouvelle chute. Ceux qui sont sorti du marché pour s’assurer qu’ils ne se feraient pas avoir la prochaine fois, se sont fait avoir quand les marchés sont remontés.

        Quand le voisinage me dit quelles actions je devrais acheter et qu’après coup je me dis que j’aurai dû les écouter, c’est un signe que le marché est à son plus haut et qu’il va chuter.
        Je ne crois pas que l’on puisse prédire les marchés. Je crois aux bonnes entreprises, spécialement les bonnes entreprises sous-valorisées ou impopulaires.

        Si tu avais acheté des actions de très bonnes entreprises en 1925 et que tu les as conservées durant le crack et durant la Dépression (j’admets que ça ne soit pas facile), en 1937 tu aurais été très satisfait du résultat.

        Le marché ne devrait pas être considéré. Si j’arrive à te convaincre de cette seule chose, j’aurais le sentiment que ce livre a atteint son but. Et si tu ne me crois pas moi, crois Warren Buffett. Buffet a écrit, « Le marché action n’existe pas. Il est là seulement comme référence pour voir si quelqu’un propose de faire quelque chose de stupide. »
        Ce qui fait de lui le plus grand investisseur de tous les temps est que durant une certaine période quand il pensait que les actions étaient beaucoup trop chères, il a liquidé toutes ses positions et a rendu tout l’argent à ses partenaires engendrant de gros profits pour eux. Rendre l’argent volontairement alors que les gens te payeraient volontiers pour que tu continues à le gérer est, de mon expérience, unique dans l’histoire de la finance.

        La façon de savoir quand le marché est sur valorisé est quand tu ne peux pas trouver une seule entreprise qui est à un prix raisonnable ou qui rentre dans tes autres critères d’investissement. La raison pour laquelle Buffett a rendu l’argent à ses partenaires est qu’il disait ne pas réussir à trouver une seule action qui en valait la peine. Il avait regardé plus d’une centaine d’entreprises individuelles et n’en avait pas trouvé une seule qu’il pouvait acheter sur une base fondamentale.

        Fin de la première section : Se préparer à investir

        J’espère que tu te souviendras principalement de ces points :
        • Ne surestime pas les capacités et la sagesse des professionnels.
        • Prend avantage de ce que tu connais déjà.
        • Cherche les opportunités qui n’ont pas encore été découvertes et certifiées par Wall Street – Des entreprises qui sont « hors radars ».
        • Investi dans un logement avant d’investir dans les actions.
        • Investi dans les entreprises, pas dans le marché.
        • Ignore les fluctuations à court terme.
        • Les gros profits peuvent être fait sur des actions ordinaires.
        • Les grosses pertes peuvent être faites sur des actions ordinaires.
        • Prédire l’économie est futile.
        • Prédire la direction d’une action à court terme est futile.
        • Le retour à long terme des actions est relativement prévisible et aussi bien supérieur au retour à long terme des obligations.
        • Suivre une entreprise dont tu possèdes des actions est comme jouer au poker avec une main sans fin.
        • Les actions ordinaires ne sont pas faites pour tout le monde, ni même pour toutes les phases de la vie d’une personne.
        • La personne « moyenne » est exposée à d’intéressantes entreprises locales et produits des années avant les professionnels de la finance.
        • Avoir un avantage [Dans le domaine de tes loisirs] t’aidera à faire de l’argent avec les actions.
        • Dans le marché des actions, Un tiens vaut mieux que deux tu auras.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 20 janvier 2022, 13:06

        7 – J’ai compris, j’ai compris – C’est quoi ? - 1/2

        Investir sans avoir fait de recherches c’est comme jouer au poker sans jamais regarder les cartes.
        Pour certaines raisons l’univers de l’analyse des actions a été fait pour paraitre tellement ésotérique et technique de sorte que les consommateurs prudents y investissent toutes leurs économies sur un caprice. Le même couple qui passe le week-end tout entier à chercher la meilleure offre pour des billets d’avion achète 500 actions de KLM sans avoir passé 5 minutes à étudier l’entreprise.

        Tout ce que tu dois faire c’est mettre autant d’effort dans le choix de tes actions que dans le choix de tes achats au supermarché. Même si tu as déjà des actions, c’est enrichissant de faire l’exercice, car c’est possible que certaines de tes actions ne vont pas et ne peuvent pas atteindre l’objectif que tu en attends. C’est parce qu’il y a plusieurs familles d’actions, et il y a des limites à chaque famille. Dans le développement de l’histoire d’une action tu dois commencer par faire certaines distinctions.

        Si tu considères une action sur la force de quelques produits spécifiques, la première chose à se demander est : Quel effet aura le succès de ce produit sur l’ensemble de l’entreprise ?

        Suite à une actualité sur une crème de Johnson & Johnson, l’action a augmenté de $8 en deux jours (janvier 21-22, 1988), ce qui ajouta 1,4 milliards à sa valeur de marché. Dans la précipitation les acheteurs ont oublié que l’année précédente les ventes de cette crème en question n’ont rapporté que 30 millions.

        La taille d’une entreprise à beaucoup d’impact sur les performances que tu peux attendre de l’action. Quelle est la taille de l’entreprise qui t’intéresse ? Hormis certains cas particuliers, les grosses entreprises n’ont pas de grosses fluctuations. Dans certains marchés elles performent bien, mais tu auras tes meilleures performances avec les plus petites entreprises. Tu n’achètes pas un géant comme Coca-cola en espérant quadrupler ton argent en deux ans.

        Des fois une série de mésaventures fait chuter le cours d’une grosse entreprise, et, quand elle récupère, l’action surperforme.

        Dans le cours normal des affaires, les entreprises multimilliardaires comme Chrysler ou Burlington Northern, DuPon ou Dow Chemical, Procter and Gamble ou Coca-cola, ne peuvent tout simplement pas grandir assez vite pour être des 10-baggers.

        Une fois que j’ai déterminer la taille d’une entreprise par rapport aux autres du même secteur, je la place dans une des six catégories générales : Faible croissance, Moyenne croissance, Forte croissance, Cyclique, Actifs cachés, et Revirement. Il y a presque autant de façons de qualifier une action qu’il y a de courtiers – Mais je trouve que ces six catégories couvrent toutes les distinctions utiles pour un investisseur.

        La croissance d’une entreprise est mesurée en comparaison de la croissance de l’économie en générale.
        Les entreprises de Faible croissance, comme tu peux le deviner, grandissent très lentement – plus ou moins comme le PIB du pays, qui a en moyenne une croissance de 3% par an.
        Les entreprises de Forte croissance grandissent très vite, entre 20% et 30% par an ou même plus. C’est là que tu trouveras les actions les plus explosives.
        Trois de mes six catégories ont un rapport avec les actions de croissances. Je sépare les actions de croissances entre Faible croissance (Paresseuse), Croissance moyenne (Vigoureuse), et enfin les Fortes croissances (Gagnante) – Les supers actions qui méritent le plus d’attention.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 01 février 2022, 18:49

        7 – J’ai compris, j’ai compris – C’est quoi ? - 2/2

        Les Faibles Croissances :
        Tôt ou tard chaque entreprise populaire à forte croissance devient une entreprise de Faible croissance, et de nombreux analystes et de pronostiqueurs se font duper. Il y a toujours une tendance à penser que les choses ne changeront jamais, mais inévitablement elles changent. Fut un temps Alcoa avait la même réputation folle qu’a Apple aujourd’hui (le livre est de 1989), parce que l’aluminium était une industrie à forte croissance. Dans les années 20 les compagnies de chemin de fer étaient les industries de forte croissance.

        Un autre signe pour identifier une action Faible Croissance est qu’elle paye un généreux et régulier dividende. J’en reparlerai au chapitre 13, les compagnies payent un généreux dividende quand elles ne peuvent plus imaginer de nouvelles façons d’utiliser leur argent pour expandre l’entreprise.

        Les Moyenne Croissance :
        Quand tu trafiques avec les actions de Moyenne croissance, tu es plus ou moins sur des collines : 10% à 12% par an de bénéfices.

        Quand quelqu’un se vente d’avoir doublé ou triplé son argent sur une action de Moyenne Croissance, ta prochaine question doit être : « Et en combien de temps ? ».

        Donc si tu as une Moyenne Croissance comme Bristol-Myers et que l’action grimpe de 50% en un ou deux ans, tu dois penser à prendre tes gains.
        50% en deux ans c’est le mieux que tu puisses espérer obtenir de ce genre d’action dans la plupart des situations.
        Généralement j’achète des actions de Moyenne croissance pour en tirer 30% à 50%, puis je les vends et je répète l’opération avec des entreprises similaires qui n’ont pas encore été appréciées.
        J’ai toujours des actions de Moyenne Croissance dans mon portefeuille car elles offrent une bonne protection durant les récessions et les temps durs.

        Les Forte Croissance :
        Celles-ci font partie de mes investissements préférés : Petite, agressive nouvelle entreprise qui a une croissance entre 20% et 25% par an. Si tu choisis judicieusement, c’est le pays des 10 à 40-baggers, et même des 200-baggers. Avec un portefeuille relativement concentré, une ou deux de ces sociétés peuvent faire ta carrière.
        Il y de nombreux risque avec les Fortes croissances, spécialement chez les jeunes entreprises qui ont tendance à faire de l’excès de zèle et à être sous-financées.

        L’industrie de l’aluminium était une Forte croissance même dans les années 60 et les tapis aussi, mais quand ces industries ont maturées, les entreprises de ces secteurs ont vu leurs croissances se rapprocher de celui du PIB.
        Ainsi, les petites entreprise Forte croissance risquent la faillite, et les plus grosses Forte croissance risque une dévaluation rapide quand elles commencent à vaciller. Une fois qu’une Forte croissance devient trop grosse, elle fait face au même dilemme que Gulliver chez les lilliputiens.
        Il n’y a simplement pas de place pour qu’elle grandisse.
        Mais aussi longtemps qu’elles peuvent continuer de grandir, les Forte croissance sont les grandes gagnantes du marché action. Je cherche celles qui ont un bilan solide et qui ont de gros bénéfices. Le truc est de deviner quand elles vont arrêter de croitre, et combien payer pour cette croissance.

        Les Cycliques :
        Les voitures et les avions, les entreprises de pneus, les entreprises métallurgie, et les entreprises de produits chimiques sont toutes des Cycliques. Même les entreprises liées à la défense se comportent comme des Cycliques, tant que leurs bénéfices fluctuent en fonction des décisions politique de nombreuses administrations.

        Tu peux perdre plus de 50% très rapidement si tu achètes une Cyclique au mauvais moment du cycle, et ça peut prendre des années avant d’avoir un nouveau redressement.
        Les Cycliques sont les plus mal comprises de tous les types d’actions. C’est là que le l’investisseur imprudent perd facilement de l’argent, et sur une action qu’il considère sure.
        La plupart des Cycliques sont de grosses entreprises bien connues, naturellement elles sont confondues avec les Moyennes croissances bien aimées.

        Les Revirements :
        Les candidates à cette catégorie ont été battues, dépréciées, et souvent elles peuvent à peine se trainer jusqu’au chapitre 11. Ce ne sont pas des Faibles Croissances ; Ce sont des Non croissance. Ce ne sont pas des Cycliques qui rebondissent ; Ce sont des potentiels décès, comme Chrysler. En faite Chrysler était une Cyclique qui a été tellement bas dans un cycle baissier que les gens pensaient quelle ne remonterait jamais. Une entreprise Cyclique mal gérée est toujours une potentielle candidate aux ennuis qui sont arrivés à Chrysler et dans une moindre mesure, à Ford.

        Les actions Revirements peuvent rattraper leur retard très rapidement, comme Chrysler, Ford, Penn Central Public Utilities, et bien d’autres. La meilleure chose avec ces actions c’est que comparé à toutes les catégories d’actions, leurs performances à la hausse ou à la baisse sont moins corrélées au marché global.

        En dollars absolus j’ai fait mes plus gros profits avec la résurrection de Chrysler et Penn Central, de grosses entreprises dans lesquelles je pouvais acheter assez d’actions pour avoir un impact significatif sur mon fond.
        Pour nous « petits investisseurs » nous avons là un avantage considérable, nous ne sommes pas limités par le nombre d’actions achetable.

        Il y a plusieurs types d’actions de Revirement, et je les ai tous eu. Il y a :
        • Renflouez-nous, comme Chrysler ou Lockheed, où toute l’entreprise dépend d’une garantie de prêt du gouvernement.
        • Qui-l’aurait-cru, comme Con Edison, qui aurait cru qu’on pouvait perdre autant d’argent sur un secteur lié au service public, quand l’action est passée de 10$ à 3$ en 1974 ; et qui aurait cru qu’on pouvait gagner autant, quand le cours a rebondi de 3$ à 52$ en 1987
        • Le-petit-problème-qu’on-avait-pas-anticipé, comme Three Mile Island. Il s’agissait d’une tragédie mineure perçue comme pire qu’elle ne l’était, et dans les tragédies mineures il y a des opportunités majeures.
        • La-très-bonne-entreprise-à-l’intérieur-d’une-banqueroute, comme Toys « R » Us. Fut un temps Toys « R » Us quitta ses parents moins performant, Interstate Department Stores, le résultat fut un 57 baggers.
        • Restructuration-pour-maximiser-le-revenu-des-actionnaires, comme Penn Central. Wall Street semble préférer les restructurations ces temps-ci, et n’import quel CEO qui en parle est chaudement applaudit par les actionnaires.

        J’essaye de rester en dehors des tragédies où la finalité n’est pas mesurable, comme lors du désastre de Bhopal dans l’usine de carburant en Inde. C’était une terrible fuite de gaz qui s’est terminée avec des milliers de morts, et combien les familles des victimes allaient toucher de la part de l’entreprise était une question ouverte.

        Les Actifs Cachés :
        La catégorie Actifs Cachés, représente n’importe quelle entreprise qui est assise sur quelque chose de valeur et que Wall Street l’a loupé. Avec autant d’analystes fouineurs, ça ne semble pas possible qu’il y ait encore des actifs non valorisés, mais croyez-moi, il y en a.
        Nous te croyons Peter Lynch, nous te croyons.
        C’est dans cette catégorie d’Actifs Cachés que ta petite spécialité peut être un énorme avantage.

        En ce moment je détiens Liberty Corp, une compagnie d’assurance qui a des droits TV qui valent plus du prix que j’ai payé pour l’action. Si tu découvres que les droits TV valent 30$ par actions, et tu vois que l’action se vend à 30$, tu peux sortir ta calculette et soustraire 30$ à 30$. Le résultat est le coût de ton investissement dans une bonne compagnie d’assurance – Zéro.
        J’aurais aimé acheter plus d’actions de Telecommunications Inc, l’action se vendait 12 centimes en 1977 et 31$ dix ans plus tard, un 250 baggers. J’avais une très faible position dans cette entreprise, parce que j’avais mal évalué les actifs. Les bénéfices étaient faibles et les dettes inquiétantes, donc d’un point de vue traditionnel c’était une affaire peu attractive.

        Les opportunités d’Actifs sont partout. Bien sûr elles exigent un travail d’analyse de la société en question, mais une fois que c’est fait et que tu comprends ce qui se passe, tout ce qui te reste à faire c’est attendre.

        Les entreprises ne restent pas dans les mêmes catégories pour toujours. Durant mes années d’observation d’actions j’ai vu des centaines d’entre elles commencer dans une catégorie et finir dans une autre. Les Fortes Croissances peuvent vivre des vies excitantes et puis se consumer. Elles ne peuvent pas maintenir une croissance à deux chiffres pour toujours, tôt ou tard elles s’épuisent et ralentissent à la confortable croissance à un chiffre de la catégorie des Faibles et Moyenne Croissances.

        Baser une stratégie d’investissement sur des maximes comme : « Vends quand tu as doublé ton investissement initial », « Vends au bout de deux ans », ou « Coupe les pertes quand le cours perd 10% », est complètement idiot. C’est tout simplement impossible de trouver une formule générique qui s’applique à toutes les catégories d’actions.

        Ça n’a aucun sens de traiter une jeune entreprise avec le potentiel de Wal-Mart comme une Moyenne Croissance, et de la vendre après un gain de 50%, quand il y des chances que ta Forte Croissance fasse +1000%. A l’inverse, si Ralston Purina a déjà doublé et que les fondamentaux ne sont pas très bons, tu es fou de la garder en portefeuille en espérant renouveler l’exploit.

        Mettre des actions dans des catégories est la première étape du développement de l’histoire de tes actions. Maintenant tu sais au moins quel genre d’histoire est susceptible d’arriver. La prochaine étape est de remplir en détail les éléments qui t’aiderons à deviner comment l’histoire va tourner.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 04 février 2022, 18:09

        8 - L’action parfaite.

        Je ne m'attarde pas sur ce chapitre, il est largement médiatisé et Les Daubasses ont déjà fait ce travail dans la lettre 127 de décembre 2021.

        Choisir entre l’action d’une bonne entreprise avec des dirigeants excellents dans un secteur complexe et à forte concurrence, ou une entreprise banale avec une gestion médiocre dans un secteur simple d’esprit sans concurrence, je choisis la deuxième.

        « Un idiot peut gérer cette entreprise » est une caractéristique de l’entreprise parfaite, le genre d’action dont je rêve. Tu ne trouveras jamais l’entreprise parfaite, mais si tu peux l’imaginer, alors tu seras comment détecter les bons indices, les 13 principaux sont les suivants :

        1. Ça sonne ennuyeux - ou mieux, ridicule

        L’action parfaite doit être attachée à l’entreprise parfaite, et l’entreprise parfaite doit être engagée dans un business très simple, et le business en question doit avoir un nom parfaitement ennuyant. Plus il est ennuyant mieux c’est.

        Pep Boys – Manny, Moe, et Jack sont les noms les plus prometteurs que je connaisse. C’est mieux qu’ennuyant, c’est ridicule. Qui a envie de mettre son argent dans une entreprise qui s’appelle comme ça.

        2. Elle fait quelque chose d’ennuyeux

        Je deviens encore plus intéressé quand une entreprise avec un nom ennuyeux fait aussi quelque chose d’ennuyeux. Crown, Cork, et Seal font des cannettes et des capsules pour bouteilles. Qu’y à t’il de plus barbant que ça ? Tu ne verras jamais une interview avec le PDG d’une de ces entreprises dans Time magazine, mais c’est un avantage. Il n’y a rien d’ennuyeux à propos de ce qui s’est passé pour le cours de Crown, Cork, et Seal.

        Une entreprise qui fait des choses ennuyantes est presque aussi bien qu’une entreprise avec un nom ridicule, et les deux ensembles c’est super. Les deux réunis apporte la garantie de maintenir éloigné les oxymores jusqu’à ce que finalement les bonnes nouvelles les obligent à acheter, ce qui a pour effet d’envoyer l’action encore plus haut. Si une entreprise avec de gros bénéfices et un bilan solide a en plus une activité ennuyeuse, ça te laisse beaucoup de temps pour acheter des actions à prix cassé. Puis quand elle devient populaire et trop chère, tu peux vendre tes actions aux spéculateurs.

        3. Elle fait quelque chose de désagréable

        Mieux que seulement ennuyeux, c’est ennuyeux et dégoutant en même temps. Quelque chose de dégoutant qui fait hausser les épaules ou vomir est idéal.

        4. C’est un spin-off

        Les grandes entreprises parentes ne veulent pas voir leurs spin-off avoir des problèmes, car ça apporterait une mauvaise publicité à l’entreprise principale. Du coup les spin-off sont généralement dotés de bilans solides et sont bien préparés à réussir en tant qu’entités indépendantes.

        Si tu entends parler d’un spin-off, commence à investiguer immédiatement. Un ou deux mois après, tu peux regarder si les insiders sont massivement à l’achat, ça confirmera qu’eux aussi croient aux prospects de l’entreprise.

        5. Les institutions ne sont pas actionnaire et les analystes ne la suivent pas

        Si tu trouve une action avec peux pas d’institution à l’actionnariat, tu as trouvé une potentielle gagnante. Trouve une entreprise qu’aucun journaliste n’a jamais visitée, et tu as une double gagnante.

        6. Il y a des rumeurs autour : elle est impliquée dans des déchets toxiques et/ou avec la mafia

        C’est compliqué d’imaginer mieux que de la gestion de déchets. S’il y une chose qui dérange plus les gens que les abats, graisse et huile sale, c’est les eaux usées et les décharges de déchets toxiques.

        7. Il y a quelque chose de déprimant

        Dans cette catégorie, ma préférée de tous les temps est Service Corporation International (SCI), qui a aussi un nom ennuyeux.
        S’il y quelque chose que Wall Street préfère ignorer après les déchets toxiques, c’est la morbidité. Et SCI fait des enterrements.

        8. C’est un secteur sans croissance

        La plupart des gens veulent investir dans des secteurs à forte croissance. Pas moi. Je préfère investir dans les secteurs de faible croissance comme les couverts en plastique.
        Il n’y a rien de palpitant à-propos de secteurs en forte croissance, excepté regarder l’action chuter. Les tapis en 1950, l’électronique en 1960, les ordinateurs en 1980, étaient tous des secteurs palpitants à forte croissance, dans lesquelles de nombreuses grosses et petites entreprises ont échouées à prospérer sur le long terme.

        Dans un secteur sans croissance, spécialement ceux qui sont ennuyants et qui dérangent les gens, il n’y a pas de problèmes de compétition.

        9. C’est une niche

        Posséder une carrière est plus sûr que de posséder un business de bijoux. Si tu es dans le domaine des bijoux, tu es en compétition avec les autres bijoutiers de la ville, du pays et même ceux de l’étranger. Mais si tu as la seule carrière de Brooklyn, tu as un monopole, plus la protection supplémentaire de l’impopularité des carrières, c’est ennuyeux.

        10. Les gens doivent continuer de l’acheter

        Je préfère investir dans une entreprise qui fait des médicaments, boissons, lames de rasoir, ou des cigarettes que dans une entreprise qui fabrique des jouets.

        11. Elle utilise la technologie

        Au lieu d’investir dans une entreprise d’ordinateurs qui lutte pour survire dans une guerre de prix sans fin, pourquoi ne pas investir dans une entreprise qui bénéficie de la guerre des prix – comme Automatic Data Processing ? Quand les ordinateurs deviennent moins chers, Automatic Data Processing peut faire son travail moins cher et donc augmenter ses profits.

        12. Les initiés sont à l’achat

        Il n’y a pas meilleur indicateur du probable succès d’une action que celui-ci, les personnes dans l’entreprise mettent leur propre argent dedans.

        Quand les insiders achètent comme des fous, tu peux être certain qu’au minimum l’entreprise ne va pas faire faillite dans les 6 mois.
        Au long terme il y a un autre bénéfice. Quand les dirigeants possèdent des actions, récompenser les actionnaires devient leur première priorité, alors que quand les dirigeants ne font que collecter leur paie, augmenter les salaires devient leur première priorité.

        Si le cours chute après que les insiders aient acheté, alors tu as une chance d’acheter moins cher qu’eux, c’est donc bien pour toi.

        13. L’entreprise rachète ses actions

        Quand une action est rachetée par l’entreprise, elle est retirée du marché, ce qui réduit le nombre d’actions en circulation. Ça peut avoir un effet magique sur les EPS, et donc un effet magique sur le cours de l’action.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 07 février 2022, 11:30

        9 - Les actions que j’évite

        Si je pouvais éviter une seule action, ce serait l’action la plus populaire dans l’industrie la plus populaire, celle qui a la plus favorable publicité, celle dont tous les investisseurs ont entendu parler.
        Le cours des actions très populaires peuvent monter haut et vite, souvent décorrélé de tous indicateurs de valeurs, mais vu qu’il n’y a que l’espoir et un peu d’air pour soutenir le cours, l’action chute aussi très rapidement. Si tu n’es pas assez malin pour vendre une action de ce type (et le fait tu l’ai acheté et un indice que tu ne le seras pas), tu verras bientôt tes profits se transformer en pertes, parce que quand le cours chute, il ne va pas chuter doucement, et il y a peu de chance qu’il s’arrête là où tu es rentré.

        Méfis toi du prochain quelque chose :
        Un autre type que j’évite est l’action d’une entreprise dont on dit que c’est le prochain IBM, McDonald’s, Intel, ou Disney, etc. De mon expérience le prochain quelque chose ne l’ai presque jamais.

        Evites les « Diworseifications » - les entreprise qui se diversifient mal :
        Au lieu de racheter des actions ou d’augmenter les dividendes, les entreprises profitables préfèrent bruler de l’argent dans des acquisitions stupides. Le mauvais diversificateur cherche des marchandises qui sont (1) trop chères, et (2) complètement hors de son cercle de compétence. Cela assure que les pertes seront maximales.

        Je n’ai jamais vraiment compris ce processus, peut-être que les gérants trouvent cela plus excitant de prendre le contrôle de petites entreprises, toutefois trop chère, que de racheter des actions ou d’augmenter les dividendes, qui ne demande pas d’imagination.

        Si une entreprise doit acquérir quelque chose, je préfère que ce soit un business en rapport avec l’entreprise acheteuse, mais en général les acquisitions me rendent nerveux. Il y a une forte tendance pour que les entreprises qui débordent de cash se sentent assez puissantes pour surpayer une acquisition, attendent trop d’elle, et enfin les gèrent mal. Je préfère voir un gros rachat d’actions, qui est la plus pur des synergies.

        Méfis toi des rumeurs :
        Ce que ces actions ont en commun est qu’elles n’ont pas d’histoire à nous raconter. C’est l’essence des actions à rumeurs
        Tu n’as pas à vérifier les bénéfices ni quoi que ce soit car souvent il n’y a pas de bénéfices. Comprendre le PER n’est pas un problème, il n’y a pas de PER.
        Ce que je m’efforce de me rappeler (et visiblement je n’y arrive pas toujours) est que si les perspectives sont si phénoménales, alors ce sera toujours un bon investissement l’année prochaine et encore l’année suivante. Pourquoi ne pas acheter l’action plus tard, quand l’entreprise aura établi quelques résultats ? Attends les bénéfices. Tu peux trouver des 10-baggers dans des entreprises qui ont déjà prouvé leurs valeurs. En cas de doutes, attends.

        Méfis toi des actions avec un nom excitant :
        Aussi souvent qu’un nom ennuyeux dans une bonne entreprise garde les premiers acheteurs à l’écart, un nom qui flash dans une entreprise médiocre attire les investisseurs et leur donne un faux sentiment de sécurité.

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 11 février 2022, 19:56

        10 – Bénéfices, bénéfices, bénéfices 1/2

        Tu as peut-être passé en revu ton portefeuille et tu as remarqué que tu as deux Moyennes Croissances et trois Cycliques. Quelle assurance as-tu que Sensormatic, ou n’importe quelle autre action que tu as déjà va voir son cours monter ? Et si tu es acheteur, combien dois tu payer pour une action ?
        Ce que tu te demandes est : qu'est-ce qui fait la valeur d’une entreprise, et pourquoi elle aura plus de valeur demain qu’aujourd’hui ? Il y a beaucoup de théorie, mais pour moi, ça revient toujours aux bénéfices et aux actifs. Spécialement les Bénéfices. Des fois ça prend des années pour que le cours d’une action rattrape sa valeur, et la période basse dure tellement longtemps que les investisseurs commencent à douter. Mais la valeur gagne toujours – ou du moins assez souvent pour que ça vaille le coup d’y croire.

        Voici une autre façon de visualiser les bénéfices et les actifs. Si tu étais une action, tes bénéfices et t’es actifs détermineraient combien un investisseur voudrait bien payer pour un pourcentage de toi. Evalue-toi comme tu évaluerais General Motors dans un exercice instructif, et ça t’aideras à percevoir la notion de cette phase de l’investigation.
        Les actifs représentent tout ton immobilier, voitures, biens, vêtements, et tout ce qui pourrait aller dans un grand vide-greniers, si tu décidais de te liquider. Bien sûr tu dois soustraire toutes tes dettes, et factures. Le résultat serrait ton bilan positif, ou Book Value, ou Valeur nette. (Ou si le résultat est négatif, alors tu es un candidat humain pour le chapitre 11.)
        Tant que tu n’es pas liquidé et vendu aux créditeurs, tu représentes aussi un autre genre de valeur : La capacité de générer des revenus. Durant ta vie professionnelle tu ramènes à la maison soit des milliers, centaines de milliers, ou millions de dollars.

        Quand tu achètes une action de type Forte Croissance, tu fais un pari sur ses chances de rapporter plus dans le futur.

        Tu peux voir l’importance des bénéfices dans tous les graphiques de cours qui affichent l’évolution des bénéfices. C’est instructif d’en regarder plusieurs de ce style. Graphique après graphique les deux lignes vont bouger en tandem, ou si le cours s’éloigne de la ligne des bénéfices, tôt ou tard il reviendra au niveau des bénéfices.

        Regarde Avon, une action qui a sauté de 3$ en 1958 à 140$ en 1972 et les bénéfices ont continués d’augmenter. L’optimisme abondait, et le cours s’est envolé comparer aux bénéfices. Puis en 1973, la fantaisie s’est arrêtée. Le cours s’est effondré parce que les bénéfices avaient décliné, et on pouvait le voir venir.

        Regarde The Limited. Quand les bénéfices ont raté une marche dans la fin des années 70, l’action a fait de même. Puis quand les bénéfices sont montés en flèche, le cours a suivi. Mais quand le cours devance trop les bénéfices, comme ce fut le cas en 1987, ça c’est conclu par un désastre à court terme.

        (Une façon rapide pour savoir si une action est trop chère est de comparer le cours avec les bénéfices. Si tu achètes des entreprises familières de croissances – comme Shoney’s, The Limited, ou Marriott – quand le cours chute bien plus bas que la ligne des bénéfices, et que tu vends quand le cours est bien plus haut de la ligne des bénéfices, les chances sont de ton côté.
        Je ne recommande pas nécessairement cette pratique, mais je peux penser à pire stratégie.

        Le fameux PER :
        Toutes discutions sérieuses concernant les bénéfices implique le ratio Cours/Bénéfices.
        Ce ratio est un raccourci numérique concernant la relation entre le cours d’une action et ses bénéfices.

        Comme la ligne des bénéfices, le PER est souvent un bon indicateur pour savoir si une action est survalorisée ou pas, relativement à sa capacité à générer des bénéfices.

        Le PER peut être vu comme le nombre d’années nécessaire à l’entreprise en question pour générer le montant de ton investissement initial – en assument bien sûr, que les bénéfices restent constants. Disons que tu achètes 100 actions de K mart pour 3500$. Les bénéfices actuels sont de 3.5$ par action, donc tes 100 actions vont générer 350$ en un an, et les 3500$ de l’investissement initial le seront en 10 ans. Cependant, tu n’as pas à faire cet exercice car un PER de 10 te dit que c’est 10 ans.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 14 février 2022, 15:39

        10 – Bénéfices, bénéfices, bénéfices 2/2

        Avec toutes les opportunités à bas PER, pourquoi les gens achètent des actions à haut PER ?

        Le fait que des actions aient un PER de 40 et d’autre de 3 te dit que des investisseurs sont prêts à parier sur la capacité future d’une entreprise à générer des bénéfices, et qu’ils sont septiques sur le futur d’autres. Regarde des news et tu seras étonné de certain PER.

        Un PER moyen pour le secteur service public (à la date du livre, 7 à 9) sera plus bas que le PER moyen du secteur des Moyennes Croissances (à la date du livre, 10 à 14), et il sera à son tour plus bas que celui des Fortes Croissances (14 à 20). Quelques chasseurs de décotes pensent qu’il faut acheter toutes les entreprises qui ont un faible PER, mais cette stratégie n’a pas de sens pour moi. Nous de devons pas comparer des pommes avec des oranges (ni Apple et Orange :D ). Un PER bon marché pour Dow Chemical n’est pas nécessairement le même que pour Wal-Mart.

        Plus sur le PER :
        Tu dois commencer par te demander si le PER des actions que tu as est bas, moyen ou haut, en fonction des standards du secteur de l’entreprise. Des fois tu entendras « Cette entreprise est vendu au rabais comparé au secteur » - Ce qui signifie que son PER est à un niveau de "bonne affaire".

        Si tu achètes Coca-Cola, par exemple, c’est utile de savoir si ce que tu payes pour les bénéfices est dans l’alignement de ce que les autres investisseurs ont payés pour les bénéfices dans le passé. Le PER peut te dire ça.

        Si tu ne te rappelle que d’une chose sur le PER, souviens toi d’éviter les actions qui en ont un excessivement élevé. Tu t’épargneras beaucoup de souffrance et d’argent.

        Une entreprise avec un gros PER doit avoir une énorme croissance des bénéfices pour le justifier. En 1972, McDonald’s était la même super entreprise qu’avant, mais l’action monta à 75$, ce qui lui donna un PER de 50. Il n’y avait aucune chance pour que l’entreprise puisse vivre sous ces expectations, et l’action chuta à 25$, renvoyant le PER à un niveau plus réaliste de 13. Il n’y avait rien de mal chez McDonald’s. C’était simplement « overpriced » à 75$ en 1972.

        Quand Avon Products se vendait à 140$, il avait un PER extrêmement haut de 64. Avon était une entreprise énorme. C’est un miracle même pour une petite entreprise de s’expandre assez pour justifier un PER de 64, mais pour une entreprise de la taille d’Avon, qui avait déjà plus d’un milliard de ventes, il aurait dû vendre des mégamillards de cosmétiques et de lotions.

        Le PER du marché :
        Le PER des entreprises n’existe pas dans le vide. Le Marché dans son ensemble a son propre PER collectif, qui est un bon indicateur concernant la température du marché. Je sais je t’ai déjà dis d’ignorer le marché, mais quand tu découvres que quelques entreprises sont vendues à de forts PER, il y a des chances pour que la plupart des entreprises le soit. C’est ce qui s’est passé avant la grande chute de 1973-74, et une autre fois en 1987.
        Durant les 5 ans du dernier bull market, de 1982 à 1987, tu pouvais voir le PER du marché monter doucement de 8 à 16. Ça signifie que les investisseurs de 1987 étaient prêts à payer le double de ce qu’ils payaient en 1982 pour les mêmes bénéfices des même entreprises – ça aurait dû être un avertissement que la plupart des actions étaient surévaluées.
        Les taux d’intérêts ont un gros effet sur les PER, les investisseurs payent plus cher pour des actions quand les taux d’intérêts sont bas et que les obligations sont moins attractives. Mais en mettant les taux d’intérêts de côté, l’incroyable optimisme qui se développe dans les Bull Markets peut conduire les PER à des niveaux ridicules.

        Le PER du marché monta à 20 en 1971. En 1973-74 le marché subi sa plus brutale correction depuis les années 30.

        Les bénéfices futurs :
        Les bénéfices, après tout, sont supposés croitre, et toutes les cotations portent avec elles cette potentielle croissance.
        Des bataillons d’analystes et de statisticiens luttent contre la question des futurs bénéfices, et tu peux attraper le premier magazine de finance pour voir par toi-même à quel point ils se trompent souvent (le mot le plus fréquemment vu avec « bénéfices » est « surprise »).

        Si tu ne peux pas prédire les bénéfices futurs, au moins tu peux trouver comment une entreprise prévoit d’augmenter ses bénéfices. Puis tu peux vérifier périodiquement si le plan fonctionne.
        Il y a 5 façons basiques pour une entreprise d’augmenter ses bénéfices :

        1. Réduire les coûts
        2. Augmenter les prix
        3. Expandre vers d’autres marchés
        4. Vendre plus de ses produits dans l’ancien marché
        5. Revitaliser, fermer une mauvaise opération

        Ce sont les facteurs à investiguer quand tu développe "l’histoire".
        Si tu as un atout, c’est là qu’il sera le plus utile.

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 16 février 2022, 13:18

        L’exercice de deux minutes

        Tu as déjà déterminé si tu as affaire à une Faible Croissance, Moyenne Croissance, Forte Croissance, Retournement, Jeux d’actifs, ou une Cyclique. Le PER t’a donné une vague idée du prix de l’action, si elle est sous ou sur valorisée en fonction de ses bénéfices immédiats. L’étape suivante consiste à en apprendre le plus possible sur l’entreprise, que fait elle pour être plus prospère, avoir plus de croissance, ou n’importe quel autre heureux événement. C’est ce qu’on appelle « l’histoire ».
        Avant d’acheter une action, j’aime être capable de réciter un monologue de deux minutes qui explique pourquoi je suis intéressé, ce qui doit arriver à l’entreprise pour succéder, et les pièges qu’elle devra éviter.
        Le monologue de deux minutes peut être murmuré dans ta tête ou répété à voix haute à un collègue. Une fois que tu es capable de raconter l’histoire d’une action à ta famille, tes amis, ou ton chien, et que même un enfant pourrait la comprendre, à ce moment-là tu auras bien saisi la situation.

        Voici quelques sujets qui peuvent faire partie du monologue :
        Si c’est une Faible Croissance, alors c’est certainement les dividendes qui t’intéressent (pour quelle autre raison posséder ce genre d’action si non ?)

        Si c’est une Cyclique, alors ton discours parle des conditions du business, des stocks, et des prix.

        Si c’est un Jeux d’actifs, alors quel sont les actifs, combien valent-ils ? « L’action se vend à 8$, mais la section cassette vidéo vaut à elle seule 4$ par action et l’immobilier en vaut 7$. C’est déjà une bonne affaire et j’ai le reste de l’entreprise est offert pour un petit -3$. Les initiés sont à l’achat, l’entreprise à des bénéfices stables, et il n’y a pas de dettes »

        Si c’est un Retournement, l’entreprise a-t-elle réussi à améliorer sa fortune, et le plan fonctionne-t-il jusqu’à présent ?

        Si c’est une moyenne croissance, alors la clé est dans le PER, si le cours de l’action a déjà beaucoup augmenté au cours des derniers mois, c’est peut-être pour augmenter le taux de croissance. Tu pourrais te dire : « Coca-Cola se vend à un PER historiquement bas. L’action n’a pas bougé depuis deux ans. L’entreprise s’est améliorée sur de nombreux points […] En prenant en compte ces facteurs, Coca-Cola devrait faire mieux que ce que les gens pensent.

        Si c’est une Forte Croissance, alors où et quand peut-t-elle continuer de grandir vite ? « La Quinta est une chaine de motel qui a commencé au Texas. Elle était très rentable là-bas. L’entreprise a réussi à dupliquer sa formule dans deux autres états. L’année dernière elle a ajouté 20% de motel supplémentaire que l’année précédente. Les bénéfices ont progressé chaque trimestre. L’entreprise planifie des expansions futures rapides. La dette n’est pas excessive. Le secteur des motels est un secteur de faible croissance, et très compétitif, mais La Quinta a trouvé une niche. Elle a une longue route devant elle avant d’avoir saturé le marché. »

        Ce sont des thèmes basiques pour développer l’histoire, et tu peux y ajouter autant de détails que tu veux. Plus tu en sais mieux c’est. Je dédie souvent de nombreuses heures à établir le scripte, mais ce n’est pas toujours nécessaire. Laisse-moi te donner deux exemples, une situation où j’ai fait l’exercice correctement, et l’autre ou j’ai oublié de demander quelque chose. Le premier était La Quinta, qui a été un 15-bagger, et le second était Bildner’s, un moins-15-bagger.

        La Quinta :
        A un moment j’ai décidé que le secteur des motels allait arriver à un retournement cyclique.
        Durant un interview téléphonique avec le vice-président d’United Inns, j’ai demandé quels étaient leurs meilleurs concurrents. Poser des questions à propos des compétiteurs est l’une de mes techniques préférées pour trouver de nouvelles actions prometteuses.

        « La Quinta Motors Inns, ils font du très bon travail. Ils sont bien meilleurs que nous dans deux états ». Il avait l’air très impressionné et enthousiaste, et moi aussi.

        J’essaye toujours d’apprendre quelque chose de nouveau à chaque discussion d’investissement. De M. Biegler j’ai appris que les clients des hôtels et des motels payent généralement 1/1000 de la valeur de la chambre par nuit. Si le Plaza Hotel de New York vaut 400 000$ par chambre, tu payeras probablement 400$ par nuit. Comme un motel La Quinta coutait 30% moins cher à construire qu’un Holiday Inn, je pouvais voir comment La Quinta pouvait louer des chambres 30% moins chère et toujours être aussi rentable qu’Holiday Inn.

        Rapidement j’étais convaincue que Biegler et ses employés avaient pensé à tout. La Quinta était une très bonne Histoire, et pas l’un de ces « sera », « pourra-être », « peut-être ». S’ils ne le sont pas déjà, alors n’investis pas dedans.
        La Quinta était déjà opérationnelle 4 ou 5 ans avant que Biegler visite mon bureau. Le premier La Quinta avait déjà été dupliqué plusieurs fois et dans plusieurs zones géographiques. L’entreprise était en croissance à un taux insolant de 50% par an, et l’action se vendait à un PER de 10, ce qui en faisait une affaire incroyable. Je savais combien de nouveaux motel La Quinta devaient être construits, je pouvais donc suivre la progression future.
        La cerise sur le gâteau, je fus émerveillé de découvrir que seulement trois courtiers proposaient les actions La Quinta en 1978, et que moins de 20% des actions étaient détenues par de grosses institutions. La seule chose qui n’allait pas et que je pouvais voir été que « l’histoire » n’était pas assez ennuyeuse.
        J’ai ensuite passé trois nuits dans trois différents La Quinta.

        L’Histoire La Quinta vérifiée dans tous les détails, et même à ce moment-là j’ai failli ne pas acheter la moindre action. Le prix de l’action avait doublé mais ce n’était pas gênant car le PER relatif au taux de croissance en faisait toujours une bonne affaire. Ce qui me dérangeais été qu’un important initié avait liquidé ses actions à un cours deux fois moins cher que celui auquel j’allai rentrer. (J’ai découvert plus tard que cet initié, un membre de la famille fondatrice de La Quinta, était simplement en train de diversifier son portefeuille.)
        Heureusement je me suis rappelé que les ventes des initiés sont de très mauvais indicateurs, et finalement j’ai acheté autant d’actions La Quinta que possible pour le fond Magellan. J’ai fait un x11 en 10 ans.

        Bildner’s, Alas :
        L’erreur que je n’ai pas faite avec La Quinta je l’ai faite avec J. Bildner and Sons. Mon investissement en Bildner’s est un parfait exemple de ce qui arrive quand tu es trop aveuglé par l’euphorie et que tu poses toutes les questions sauf l’une des plus importantes.

        Je suis bien informé sur leurs sandwiches, j’en mange depuis plusieurs années. C’était mon atout avec Bildner’s : J’avais une information de premier ordre qu’ils avaient le meilleur pain et les meilleurs sandwiches de tout Boston.
        L’Histoire était que Bildner’s planifiait de s’expandre vers d’autres villes et allait entrer en bourse pour lever des fonds. Ça sonnait bien pour moi. L’entreprise avait creusé une niche parfaite – un million d’hommes à col blanc intolérant aux sandwiches micro-ondes emballés dans du plastique, et qui refusent aussi de cuisiner.

        J’ai aussi découvert que l’entreprise était une fabuleuse machine à cash. Quand j’ai entendu que Bildner’s planifiait de vendre des actions pour ouvrir d’autres magasins, j’étais très excité.
        Sur le prospectus de l’IPO, j’ai appris que l’entreprise n’allait pas emprunter démesurément à la banque. C’était un plus. Elle allait louer des locaux pour ces nouveaux magasins, en opposition à acheter l’immobilier. Ça aussi c’était un plus. Sans faire plus de recherches j’ai acheté Bildner’s au prix initial de l’offre à 13$ en septembre 1986.
        Peu de temps après la vente des actions, Bildner’s ouvra deux nouveaux magasins à Boston, et ils ont fait un flop.

        Une ou deux erreurs à la fois peuvent ne pas être trop dommageable, mais au lieu d’agir avec précaution, Bildner’s a souffert de multiples échecs simultanément. L’entreprise à appris de ses erreurs, et Jim Bildner était brillant et travailleur mais quand les caisses se sont retrouvées vides, il n’y avait pas de seconde chance. C’est dommage, car je pensais que Bildner’s aurait pu être le prochain Taco Bell. (Ai-je vraiment dit le « prochain Taco Bell » ? C’était probablement perdu d’avance.)


        Cloner un business avec succès est ce qui fait d’un fastfood local un Taco Bell, mais ça n’a pas de sens d’acheter une action tant que l’entreprise n’a pas prouvé que le clonage fonctionne.

        J’ai oublié de demander à Blinder : Est-ce que l’idée fonctionne ailleurs ? J’aurais dû m’inquiéter à propos d’une pénurie de mangers qualifiés, des ressources financières limitées, et à ses habilitées à survivre aux erreurs initiales.

        Ce n’est jamais trop tard pour ne pas investir dans une entreprise qui n’a pas fait ses preuves. Si j’avais attendu avant d’acheter Bildner’s, je ne l’aurais pas acheté du tout. J’aurais aussi dû vendre plus tôt. C’était claire depuis les deux premiers flops que l’entreprise avait un problème, et c’était le moment de se retirer, avant que les choses n’empirent.

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 22 février 2022, 12:24

        12 - Trouver les infos

        Visiter le siège social :
        L’un des meilleurs avantages d’être actionnaire est de visiter le siège social de l’entreprise que tu as.

        Quand je visite un siège social, ce que je recherche réellement est un sentiment pour l’endroit. Les faits et les chiffres peuvent être obtenus par téléphone. J’ai eu un bon pressentiment quand j’ai découvert que le QG de Taco Bell’s était coincé derrière un bowling, puis j’ai rencontré les dirigeants dans ce petit bunker sinistre, j’étais enchanté. Visiblement ils ne gâchaient pas d’argent dans des terrains et des bureaux.

        Gros bénéfice et quartier général bon marché est un bon combo.

        Lire les rapports :
        Ce n’est pas une surprise qu’autant de rapports annuels finissent à la poubelle. Le texte sur la page de garde est compréhensible, et c’est généralement inutile, et les chiffres à la fin sont incompréhensible et c’est supposé être important. Mais il y a un moyen pour sortir quelque chose de ce rapport annuel en quelques minutes.

        Le bilan liste les actifs et les dettes. C’est très important pour moi.

        En comparant les liquidités de 1987 à celles de 1986, je vois que Ford se remplit de cash. C’est un bon signe de prospérité. (Passé de 8.5B$ à 10.1B$)
        Puis je vais à l’autre moitié du bilan, aux « Dettes à long terme ». Ici je vois que les dettes de 1987 ont considérablement diminuées (De 2.1B$ à 1.7B$). La réduction de dettes est aussi un bon signe de prospérité. Quand les liquidités augmentent relativement aux dettes, c’est une amélioration du bilan. Quand c’est l’inverse, c’est une détérioration du bilan.
        En soustrayant les dettes à long terme aux liquidités, j’arrive à 8.4B$. Quand le cash excède les dettes c’est très favorable. Peut importe ce qui se passe, Ford ne va pas faire faillite.

        J’ignore les dettes à court terme dans mes calculs.

        Souvent, les dettes à long terme excèdent les liquidités, le cash a diminué et les dettes ont augmentées, et l’entreprise n’est pas en forme financièrement. Au niveau économique si l’entreprise est faible ou forte est ce que tu veux découvrir dans ce petit exercice.
        Ensuite je regarde l’historique sur 10 ans, pour avoir une large vision. Je découvre qu’il y a 511 millions d’actions en circulation. Je peux aussi voir que leur nombre à rétrécit. Ce qui signifie que Ford a racheté ses actions, un autre point positif.
        En divisant les 8.4B$ de cash par le nombre d’actions, je conclu qu’il y a 16.3$ en cash par actions Ford. Nous en reparlerons dans le chapitre suivant.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 01 mars 2022, 12:52

        13 - Quelques chiffres célèbres 1/2

        Voici une liste non exhaustive des chiffres les plus pertinents.

        Pourcentage des ventes :
        Quand je m’intéresse à une entreprise pour un produit en particulier - comme L’eggs, Pampers, Bufferin, ou Lexan plastic – La première chose que je cherche à savoir est quelle influence a ce produit sur les ventes de l’entreprise.

        Disons que tu es fortement intéressé par le plastic Lexan, et que tu as trouvé que cette marque appartient à General Electric. Ensuite tu découvre que la section plastique fait partie de de la section matériel et que cette section toute entière contribue pour seulement 6.8% du CA de General Electric. Donc même si les ventes de Lexan explosent ça ne fera pas une grosse différence pour les actionnaires de GE.

        LE PER :
        Si le PER de Coca-Cola est de 15, tu dois attendre que la croissance des bénéfices l’entreprise soit de 15% par an, etc. Mais si le PER est inférieur au taux de croissance, tu as peut-être trouvé une bonne affaire. Une entreprise avec, disons, un taux de croissance de 12% par an et un PER de 6 est très intéressant. D’un autre côté, une entreprise avec un taux de croissance de 6% et un PER de 12 est repoussante et vouée à une correction.
        De manière générale, un PER deux fois inférieur au taux de croissance des bénéfices est très positif, et l’inverse est très négatif. Nous utilisons cette mesure tout le temps dans le monde de l’analyse financière pour les fonds de placements.

        Une formule un peu plus compliquée nous permet de comparer le taux de croissance par rapport aux bénéfices et d’intégrer les dividendes.
        Trouve le taux de croissance à long terme (disons 12%), ajoute le rendement des dividendes (disons 3%), et divises par le PER (disons 10).

        (Taux de croissance à long terme + Rendement des dividendes) / PER
        (12 + 3) / 10 = 1.5

        Moins de 1 est mauvais, 1.5 est acceptable, mais ce que tu dois chercher c’est 2 ou plus. Une entreprise avec un taux de croissance de 15%, un rendement des dividendes de 3% et un PER de 6 aura un fabuleux 3.


        Le cash :
        En examinant le rapport annuel j’ai remarqué que Ford avait accumulé 16.3$ par action nette de dette.
        Cette donnée signifiée que j’achetais le constructeur automobile non pas 38$ par action, mais pour 21.7$ par action (38$ - 16.3$).
        A 38$ l’action, le PER était de 5.4, mais à 21.7$ cela donnait un PER de 3.1, ce qui est un nombre alléchant, Cyclique ou pas.

        Le cash ne fait pas toujours la différence bien sûr. Schlumberger avait beaucoup de cash, mais pas rapporté au nombre d’actions.

        Le facteur Dettes :
        Une façon rapide pour déterminer la santé financière d’une entreprise est de comparer les capitaux propres aux dettes.

        Tu vois que le total des capitaux propres est de 18.495 milliards. Quelques lignes avant ça tu vois que les dettes à long terme sont de 1.7 milliards. (Il y a aussi les dettes à court terme, mais dans cette petite évaluation je les ignore. S’il y a assez de cash pour couvrir les dettes à court terme, alors tu n’as pas à t’en préoccuper.)

        Un bilan normal doit avoir 75% de capitaux propre et 25% de dettes. Le ratio capitaux propre / dettes de Ford est un énorme 18 milliards pour 1.7 milliard, ou 91% equity et moins de 10% de dettes. C’est un bilan très solide.
        Un bilan fragile aura 80% de dettes pour 20% de capitaux propre.

        Plus que tout le reste, ce sont les dettes qui déterminent si une entreprise survie ou si elle fait faillite lors d’une crise. Les jeunes entreprises avec de grosses dettes sont toujours risquées.

        C’est le type de dettes, autant du montant qui sépare les gagnantes des perdantes dans une crise. Il y a les dettes de banques et les dettes financées.
        Les dettes de banques (le pire type) est due à la demande. Le truc important est que le montant est dû très rapidement, et des fois « à la demande ». Ce qui signifie que le préteur peut demander son argent au premier signe de difficulté. Si l’emprunteur ne peut pas rembourser l’argent, il va au chapitre 11.

        Les dettes financées (le meilleur type, du point du vu des actionnaires) ne peuvent jamais être redemandées, peut importe la situation, du moment que l’emprunteur paye les intérêts. Le principal peut ne pas être dû avant 15, 20, ou 30 ans. Les dettes financées prennent souvent la forme d’obligations à maturités longues.

        Les dividendes :
        Les actions qui payent un dividende sont généralement préférés à celles qui n’en payent pas par les investisseurs qui cherchent un complément de revenu.

        L’argumentaire entre dirigeants et actionnaires est le même que celui entre parents et enfants. L’enfant préfère une distribution rapide de son argent de poche et les parents préfèrent garder le contrôle sur cet argent pour que l’enfant ait de plus gros bénéfices plus tard (placement à la banque).

        Un autre argument en faveur des entreprises qui versent un dividende et que la présence d’un dividende peut permettre à l’action de ne pas trop chuter, moins que s’il n’y en avait pas. Dans la crise de 1987, les plus gros payeurs de dividende s’en sont mieux tirés que ceux qui n’en payaient pas.
        C’est l’une des raisons pour lesquels j’aime avoir quelques Moyennes ou Faibles croissances dans mon portefeuille. Quand une action se vend à 20$, un dividende de 2$ donne un rendement de 10%, mais si l’action chute à 10$, soudainement tu as un rendement de 20%. Si les investisseurs sont convaincus que ce rendement sera maintenu, ils achèteront l’action juste pour ça.

        Les actions des secteurs de l’électricité et de la téléphonie sont de gros payeurs de dividende. Dans les périodes de faible croissance ils n’ont pas besoin de construire de nouvelles usines ou d’augmenter leurs équipements, et les caisses se remplissent.

        Si tu prévois d’acheter une action pour son dividende, vérifies que l’entreprise sera en capacitée de le payer durant les récessions et les coups durs.

        Une entreprise avec un historique de 20 à 30 ans d’augmentation régulière du dividende est ton meilleur choix.

        Book Value :
        Des gens investissent en se basant sur la théorie que si le Book Value est de 20$ par action et que l’action se vend à 10$, ils ont quelque chose à moitié prix.

        Les actifs surévalués sont très perfides quand il y a beaucoup de dettes. Disons qu’en entreprise montre 400 millions de $ en actifs et 300 millions de $ en dettes, ce qui donne un book value positif à 100$ millions. Tu sais que la partie des dettes est un vrai chiffre. Mais les 400$ millions d’actifs deviendrons 200$ million en cas de faillite, alors le vrai book value sera de -100$ million. L’entreprise vaut moins que rien.

        Quand tu achètes une action pour son book value, tu dois avoir une compréhension approfondie de la vraie valeur de ces actifs.

        Les actifs cachés :
        Aussi souvent qu’un book value peut surestimer la valeur des actifs, il peut la sous-estimer. C’est là que tu auras les meilleurs jeux d’actifs.

        Par exemple, en 1987, Handy and Harman, un manufacturier de produit en métaux précieux, avait un book value de 7.83$ par action, incluant son assez gros inventaire d’or, d’argent et de platine. Mais ces inventaires étaient reportés dans les comptes aux prix qu’Handy and Harman les avait payé – et ça pouvait être il y 30 ans. Aux prix d’aujourd’hui le métal vaut plus de 19$ par action.
        Avec l’action qui se vend autour des 17$, moins que la valeur du métal seul, est-ce un bon jeu d’actif ? Notre ami Buffett le pensait. Il a gardé une grosse ligne pendent plusieurs années, mais l’action n’a pas bougée, les bénéfices de l’entreprise ne sont pas constants, et le programme de diversification n’a pas était un succès. (Tu es déjà familier avec les programmes de diworsifications.)

        Jusqu’à présent Handy and Harman ressemble au seul mauvais investissement de Buffett, en dépit de son potentiel dû à ces actifs cachés. Mais si les prix de l’or et de l’argent grimpent, l’action suivra.
        Il y a beaucoup de type d’actifs cachés en dehors de l’or et de l’argent. Le nom des marques comme Coca-cola ou Robitussin ont d’énormes valeurs qui ne sont pas retranscrites dans les livres de comptes. Tout comme les brevets pharmaceutiques, franchises de câbles TV, stations TV et radio – reporté au coût original, puis amorti jusqu’à ce que, eux aussi, disparaissent des actifs du bilan.

        Des fois tu trouveras une entreprise pétrolière ou une raffinerie qui garde son stock sous terre pendant 40 ans, et au prix initial de l’acquisition de l’époque de l’administration Teddy Roosevelt. Le pétrole seul vaut plus que la valeur de toutes les actions réunies. Ils pourraient abandonner la raffinerie, virer tous les employés, et faire une fortune pour les actionnaires en 45 secondes. Ce n’est pas compliquer de vendre du pétrole. Ce n’est pas comme de vendre des vêtements – tout le monde se fiche de savoir si c’est du pétrole de cette année, de l’année passée, ou s’il est fuchsia ou magenta.

        Si tu payes 450$ million pour une station de télé qui en vaut 2.5$ million dans ces livres, les comptes appellent l’extra 447.5$ million « goodwill. » Le goodwill est reporter sur le nouveau livre de compte comme un actif, et éventuellement lui aussi sera effacé. A terme cela créera peut-être un nouveau jeu d’actifs.

        Comme le cas de Coca-Cola Entreprises, quand Monsanto écrit quelque chose contre les bénéfices, les vrais bénéfices sont sous-estimés. Si l’entreprise gagne actuellement 10$ par action de profits, mais doit dévouer 2$ par action de ces bénéfices pour « payer » pour amortir un brevet, quand l’entreprise aura terminer de « payer » pour son brevet, les bénéfices augmenterons de 2$ par action.
        En addition, Monsanto est en train d’amortir toutes ses recherches et développements de la même manière, et un jour quand les dépenses s’arrêterons et que les nouveaux produits iront sur le marché, les bénéfices exploserons (et plus tard les procès). Si tu comprends ça, tu as un gros atout.

        Il y a des actifs cachés quand une entreprise possède des actions d’une autre entreprise – comme Raymond Industries l’a fait avec Teleco Oilfield Services. Les gens proches des deux entreprises ont réalisé que Raymond se vendait pour 12$, et que chaque action représentait une valeur de 18$ de Teleco. En achetant Raymond tu avais Teleco pour -6$. Les investisseurs qui ont fait leurs recherches ont achetés Raymond, les autres investisseurs ont acheté Teleco pour 18$. Ce genre de chose arrive tout le temps.

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 07 mars 2022, 16:02

        13 - Quelques chiffres célèbres 2/2

        Le Cash-Flow :
        Le Cash-flow est la somme d’argent qu’une entreprise encaisse en faisant ses affaires. Toutes les entreprises encaissent du cash, mais certaines doivent dépenser plus que d’autre pour générer ce cash. C’est une différence majeure qui rend Philip Morris un merveilleux investissement, et une entreprise métallurgique un investissement bien fragile.

        Disons que Pig Iron vend la totalité de son stock et réalise un CA de 100$ millions. C’est bien. Puis Pig Iron doit dépenser 80$ millions dans l’amélioration de ces fourneaux pour les garder en bon état. Ce n’est pas bien. Si un jour Pig Iron ne réalise pas cet investissement, l’entreprise va perdre des parts de marché à cause d’une concurrence avec de meilleurs fourneaux. Dans le cas où tu dois dépenser du cash pour générer du cash, tu ne vas pas aller bien loin.
        Philip Morris n’a pas ce problème, Pep Boys ou McDonald’s non plus. C’est pourquoi je préfère investir dans des entreprises qui ne dépendent pas des dépenses de capitaux. C’est tout simplement plus facile pour Philip Morris de faire des bénéfices que ça l’est pour Pig Iron.
        Beaucoup de personnes utilisent les Cash-Flow pour évaluer des actions. Par exemple, une action qui se vend à 20$ avec un cash-flow annuel de 2$ a un ratio de 10 pour 1, ce qui est standard. 10% de retour en cash correspond bien aux 10% qu’un investisseur attend au minimum pour garder une action sur du long terme. Une action à 20$ avec un Cash-flow de 4$ te donne un rendement de 20%, ce qui est super. Et si jamais tu trouves une action à 20$ avec 10$ de CF, hypothèque ta maison et achètes autant d’actions que possible.

        Les Free Cash-Flow sont ce qui reste après une dépense normale du capital. C’est l’argent qui rentre et que tu n’as pas à dépenser. Pib Iron aura beaucoup moins de FCF que Philip Morris.

        Les Stocks :
        Je regarde toujours si les stocks s’entassent. Avec un fabriquant ou un revendeur, un empilement des stocks est généralement un mauvais signe. Quand les stocks ont une plus forte croissance que les ventes, c’est un drapeau rouge.

        Une entreprise peut peut-être se venter d’une augmentation des ventes de 10% mais si les stocks sont en augmentation de 30%, tu dois te demander : « Attend une seconde. Peut-être qu’ils auraient dû se débarrasser de ces stocks. Tant qu’ils ne s’en débarrassent pas, ils peuvent avoir des problèmes l’année prochaine, et de gros problèmes l’année suivante. […] »

        D’un autre côté, si une entreprise était en dépression et les stocks commencent à s’épuiser, c’est la première évidence que les choses vont s’améliorer.

        Les régimes de retraites :
        Les entreprises ne sont pas obligées d’avoir des régimes de retraites, mais si elles en ont, elles doivent se conformer aux lois fédérales. Ces sommes ont l’obligation d’être payées – comme des obligations.

        Avent d’investir dans une entreprise de type Retournement, je vérifie toujours que l’entreprise n’a pas une somme écrasante de retraite à payer.

        Taux de croissance :
        La clé est que Philip Morris peut augmenter ses bénéfices en abaissant les coûts et en augmentant les prix. Le seul taux de croissance qui compte vraiment c’est : Les Bénéfices.
        Philip Morris a baissé ses coûts interne en installant des machines plus efficaces. En même temps l’industrie augmente les prix chaque année. Si Les coûts de production augmentent de 4%, ils peuvent augmenter les prix de 6%, ajoutant 2% à la marge de profit. Ça peut sembler peu, mais si la marge de profit est de 10%, une augmentation de 2% signifie un gain de 20% des bénéfices.

        Si tu trouves une entreprise qui peut facilement augmenter ses prix année après année sans perdre de clients (un produit addictif comme les cigarettes remplit ce critère), tu as un investissement formidable.

        Cette entreprise a 40 ans d’augmentation progressive des bénéfices et se vendrait à un PER de 15 ou plus sans le risque de procès et la publicité négative des cigarettes qui maintient à l’écart certains investisseurs. C’est ce genre de situation chargée d’émotions qui favorise les chasseurs de bonnes affaires. Les chiffres ne peuvent pas être meilleurs. Aujourd’hui (1989) tu peux toujours acheter cette championne de la croissance à un PER de 10 soit la moitié de son taux de croissance.
        Encore une chose à propos du taux de croissance : une entreprise avec un taux de croissance de 20% qui se vend à un PER de 20 est un bien meilleur achat qu’une entreprise avec un taux de 10% et un PER de 10. Ça peut paraitre ésotérique, mais c’est important de comprendre ce qui arrive aux bénéfices des Fortes Croissances qui propulse le cours de l’action. Regarde l’expansion des bénéfices entre une croissance de 20% et une autre de 10%, les deux débutent avec le même 1$ par action en bénéfice.
        Présentation1.jpg
        Au début de notre exercice, l’entreprise A se vend à 20$ par action (PER de 20), et à la fin elle se vend à 123.80$ (20 * les bénéfices de 6.19$). L’entreprise B commence avec un cours à 10$ (10 * les bénéfices de 1$) et termine en se vendant 26$ par action (10 * les bénéfices de 2.6).
        Même si le PER de l’entreprise A est passé de 20 à 15 parce que les investisseurs ne croient pas que l’entreprise puisse maintenir sa forte croissance, l’entreprise se vendra toujours à 92.85$ à la fin de l’exercice. Dans les deux cas, tu ferais mieux d’avoir l’entreprise A plutôt que la B.
        Si nous avions donné à l’entreprise A un taux de croissance de 25%, la dixième année de bénéfices aurait été 9.31$ par action : même avec un PER conservateur de 15 ça fait une action à 139$. (Notes que je n’ai pas fait les calculs pour un taux de croissance de 30% ou plus. Ces taux sont très difficiles à maintenir pendant 3 ans, et encore moins pour 10 ans.)
        En un mot c’est la clé pour les big-baggers, et l’explication pourquoi les actions avec un taux de 20% produisent d’énormes gains sur les marchés, spécialement après quelques années. Ce n’est pas un accident que Wal-Marts et The Limiteds peuvent monter si haut en 10 ans. Tout est basé sur l’arithmétique des effets composés des bénéfices.

        The bottom line :
        Les bénéfices avant impôts, est un outil que j’utilise pour analyser les entreprises. C’est ce qui reste des ventes annuelles après déduction de tous les coûts, incluant les amortissements et les intérêts.

        Disons que l’entreprise A gagne 12% avant impôt et l’entreprise B seulement 2%. Suppose qu’un magasin ferme et les deux entreprises doivent baisser leurs prix de 10% pour pouvoir continuer de vendre leurs produits. Les ventes vont baisser du même 10%. L’entreprise A gagne maintenant 2% avent impôt et est toujours rentable, alors que l’entreprise B est passée dans le rouge avec 8% de perte.

        Sans être trop technique, la marge les revenus avant impôt est un autre facteur à considérer lors de l’évaluation d’une entreprise.
        Ça devient vraiment compliqué, parce que en cas de remonté, quand les affaires reprennent, l’entreprise avec la plus petite marge de bénéfice avant impôt est la plus grosse bénéficière. Considère ce qui se passe à 100$ de vente pour nos deux entreprises dans ces deux situations :
        Présentation2.jpg
        Dans l’amélioration, les profits de l’entreprise A ont augmenté de presque 50%, alors que ceux de la B ont plus que triplé. Ça Explique pourquoi les entreprises en dépression au bord du désastre peuvent devenir de très grosses gagnantes lors du rebond.

        Ce que tu dois chercher se sont des entreprises avec de grosses marges de bénéfice brute pour les actions que tu veux garder sur du très long terme, par tout type de marché, et des entreprises avec des marges relativement basses pour des Retournements à succès.

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 10 mars 2022, 13:26

        Partie 3 – La vision à long terme
        16 – Créer un portefeuille


        J’ai entendu des gens dire qu’ils étaient satisfaits avec un rendement annuel de 25% ou 30% ! Satisfais ? A ce rythme ils posséderont bientôt la moitié du pays.

        Certaines années tu feras tes 30%, mais il y aura des années ou tu feras seulement 2%, ou peut être que tu perdras 20%. Ça fait partie du scénario et tu dois l’accepter.

        C’est seulement en s’en tenant à son procès durant les bonnes années comme durant les mauvaises que tu peux maximiser tes gains à long terme.

        Combien de lignes dans un portefeuille ? :
        Il y a un long débat en cours entre deux écoles, avec d’un côté celle de Gerald Loeb, « Mets tous tes œufs dans un panier », et de l’autre Andrew Tobias, « Ne mets pas tous tes œufs dans le même panier, il y peut-être un trou dedans. »

        Le point est de ne pas se fixer un nombre précis d’actions mais plutôt d’investiguer sur leurs qualités au cas par cas.
        De mon point de vue c’est mieux d’avoir autant d’actions que possible pour lesquelles (a) tu as un atout et (b) tu as trouvé une action qui passe tous les tests de la recherche. Peut-être que c’est une seule action, ou peut-être que c’est une douzaine. Peut-être que tu as choisis de te spécialiser dans les Retournement ou les jeux d’actifs et tu en achètes beaucoup ; ou peut-être qu’il se trouve que tu sais quelque chose de spéciale à propos une seule entreprise. C’est inutile de se diversifier dans des entreprises inconnues juste pour le plaisir. Une diversification insensée est une erreur récurrente chez les petits investisseurs.

        Dans un petit portefeuille je suis confortable entre 3 et 10 lignes. Il y a plusieurs possibles avantages :
        (1) Si tu cherche les 10-baggers, plus tu as d’actions plus de chances que l’une d’entre elles en devienne un. Entre plusieurs candidats, celui qui ira le plus loin sera peut-être une surprise.
        (2) Plus d’actions tu as, plus tu as de flexibilité pour répartir tes fonds. C’est une part importante de ma stratégie.

        Je ne mets jamais plus de 30%-40% de mes fonds dans des actions de croissances. Le reste je le répartit entre les autres catégories décrites dans ce livre. Normalement je garde 10%-20% de Moyennes Croissances, un autre 10%-20% de Cycliques, et le reste de Retournement.
        J’ai 1400 lignes en tout, la moitié de mes fonds sont investis sur 100 lignes, et 2/3 sur 200 lignes. 1% du capital est réparti entre 500 opportunités secondaires que je surveille périodiquement. Ça ne fait pas 100%... 50% + 67% + 1%
        Je suis constamment à la recherche de valeur dans tous les secteurs, et si je trouve plus d’opportunité dans les Retournements que dans les Fortes Croissances, alors je vais finir par avoir un plus gros pourcentage de Retournement.

        Répartir ton argent entre différentes catégories d’actions est un autre moyen de minimiser les risques de pertes, comme nous l’avons évoqué au chapitre 3.

        Les Faibles Croissances sont à faibles risques, Faibles gains car nous n’attendons pas grand-chose d’elles et le cours de l’actions est généralement calé sur ça.
        Les Moyennes Croissances sont à faibles risques et gains modérés. Si tu détiens Coca-Cola et que tout va bien l’année prochaine, tu peux gagner 50% ; et si tout va mal tu peux perdre 20%.
        Les Jeux d’actifs sont à faibles risques et à hauts gains si tu es sûr de la valeur des actifs. Si tu te trompes sur un Jeu d’Actif, tu ne perdras probablement pas beaucoup, et si tu as raison, tu peux gagner le double ou le triple, ou peut-être un 5-baggers.
        Les Cycliques peuvent être à faibles risques et forts gains ou forts risques et faibles gains, en fonction de comment tu anticipes les cycles. Si tu as raison, tu peux avoir ton 10-bagger ici, et si tu te trompes, tu peux perdre 80%-90%.
        En attendant, les 10-baggers ont des chances de venir des Fortes Croissances ou des Retournements – les deux des catégories à hauts risques et haut gains. Plus le potentiel est fort à la hausse plus il est fort à la baisse.

        Quand j’ai acheté Chrysler, si tout allait bien, je pensais pouvoir gagner 400%, et si tout allait mal, je pouvais perdre 100%.

        Il n’y a pas de moyen sûr pour quantifier ces risques et ces gains, mais en créant ton portefeuille tu devrais y ajouter quelques de Moyennes Croissances juste pour modérer les sensations fortes et les frissons d’avoir 4 Fortes Croissances et 4 Retournements. Encore une fois, la clé est d’acheter ce que tu comprends.

        Rappels toi que pendant plusieurs années dans les années 70, même le magnifique Bristol-Myers était un choix risqué. L’action n’est allée nulle part car les investisseurs l’avaient acheté à un PER de 30 et l’entreprise avait seulement une croissance de 15%.

        Finalement, la construction de ton portefeuille changera sans doute avec ton âge. Les jeunes investisseurs avec toute la vie devant eux peuvent se permettre de prendre plus chances sur des 10-baggers que ne peuvent se le permettre de plus vieux investisseurs qui doivent vivre des revenus de leurs investissements. Les jeunes investisseurs ont plus d’années pour expérimenter et faire des erreurs avant qu’ils ne trouvent la super action qui fait ta carrière d’investisseur.

        Arroser les mauvaises herbes :
        Je suis constamment en train de revérifier les actions et les l’histoires, augmenter ou réduire mes positions quand les choses changent. Mais je ne deviens jamais complètement liquide.
        Devenir liquide signifie sortir du marché. Mon idée est de rester dans le marché pour toujours, et d’adapter la taille de mes positions en fonction de la situation des fondamentaux. Je pense que si tu décides qu’un certain montant que tu as investis dans le marché sera toujours investi dans le marché, tu t’épargneras beaucoup de mouvements intempestifs et d’agonie.

        Des gens vendent automatiquement les « gagnants » - les actions qui montent – et gardent leurs « perdantes » - les actions qui chutent – Ce qui revient à arracher les fleurs et arroser les mauvaises herbes. D’autres vendent automatiquement les actions qui chutent et gardent celles qui montent, ce qui ne marche pas bien mieux. Les deux stratégies échouent parce qu’elles sont corrélées au cours de l’action comme indicateur sur la valeur fondamentale de l’entreprise. (Ce n’était pas l’entreprise Taco Bell qui était en mauvaise posture quand le cours de l’action c’est fait massacrer en 1972 – seulement l’action Taco Bell.)

        Une meilleure stratégie, me semble-t-il, est d’ajuster les positions en fonction de l’évolution du cours et de l’histoire. Par exemple, si une Moyenne Croissance est en hausse de 40% - ce qui est tout ce que j’attends d’elle – et que rien d’excitant n’est arrivé avec l’entreprise pour me faire penser qu’il y aura de belles surprises dans le futur, je vends et je la remplace par une autre Moyenne Croissance que je trouve attractive et dont le cours n’est pas encore monté.

        En faisant des rotations avec succès avec plusieurs Moyennes Croissances de gains modérés, tu peux avoir le même résultat que tu aurais pu avoir avec un seul gros gagnant : six * 30% de gains composés = 4-bagger et plus, et six * 25% de gains composés = presque un 4-baggers.

        Si entre deux Fortes Croissances je trouve que le cours d’une des deux a augmenté de 50% et que l’histoire commence à devenir douteuse, je vais réduire ma position dans celle là et l’ajouter à l’autre Forte Croissance dont le cours a chuté ou est resté le même, et où l’histoire sonne mieux.
        Idem pour les Cycliques et les Retournements. Retire-toi des situations où les fondamentaux se détériores et où le cours monte, et renforces toi quand les fondamentaux deviennent meilleurs et que le cours baisse.

        Si tu ne peux pas te convaincre de « Quand je suis en perte de 25%, je suis acheteur. » et bannir la pensée fatale « Quand je suis en perte de 25%, je suis vendeur. » alors tu ne feras jamais de profits décents.

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par bibike » 11 mars 2022, 22:59

        VictorB a écrit :
        10 mars 2022, 13:26


        J’ai 1400 lignes en tout, la moitié de mes fonds sont investis sur 100 lignes, et 2/3 sur 200 lignes. 1% du capital est réparti entre 500 opportunités secondaires que je surveille périodiquement. Ça ne fait pas 100%... 50% + 67% + 1%
        Je pense qu'il faut le lire différemment : 2/3 de l'encours sur 200 titres, DONT 50% de l'encours sur 100 titres. Et donc 2/3 moins 50% = 16% sur les 100 titres suivants les 100 premiers qui représentent la moitié de l'encours...
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par Stephane » 12 mars 2022, 10:13

        Oui, il s'agit d'un moyen de dire que son portefeuille est l’opposé d'un portefeuille équi-pondéré.
        Les tailles de ses positions ne sont pas homogènes, mais fonction de sa conviction dans la performance future de l'action.

        Graphiquement son portefeuille ressemble à quelque chose comme cela :
        (les 100 plus grosses positions occupent ~ la moitié de la surface)
        (les 200 plus grosses positions occupent ~ 2/3 de la surface)
        ...
        Portefeuille non équi-pondéré
        Portefeuille non équi-pondéré
        Parrainage:
        IB = https://ibkr.com/referral/stephane602
        BourseDirect = 2019582935
        Fortuneo = 13189229

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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 15 mars 2022, 12:47

        17 – Le meilleur moment pour acheter ou vendre

        Le meilleur moment pour acheter une action sera toujours quand tu seras convaincu d’avoir trouvé une bonne entreprise à un bon prix – comme dans un magasin. Cependant il y a deux périodes particulières ou de supers affaires sont susceptibles d’être faites.

        La première est durant le rituel de vente de fin d’année.
        Si tu as une liste d’entreprises que tu voudrais acheter à un cours raisonnable, la fin d’année est le moment où tu la plus de chances de concrétiser tes affaires.

        La seconde est durant l’effondrement qui arrive au marché chaque X années. Si tu peux trouver le courage et la présence d’esprit pour acheter durant ces périodes effrayantes quand tes tripes te disent « vends ! », tu trouveras des opportunités inimaginables.

        Nous avons tous entendu le même adage : « Prends tes profits quand tu peux », et « Un tiens vaux mieux que deux tu auras ». Mais quand tu as trouvé la bonne action et que tu l’as acheté, et que toutes les évidences te disent qu’elle va monter plus haut, et que tout marche comme prévu, alors c’est une honte si tu vends.

        9 fois sur 10 je vend si l’entreprise n°380 a une meilleure histoire que l’entreprise n°212, et spécialement quand la dernière histoire commence à devenir improbable.
        Finalement, si tu sais pourquoi tu as acheté une action en premier lieu, tu auras automatiquement une meilleure idée de quand la vendre.

        Quand vendre une Faible Croissance :

        • L’entreprise a perdu des parts de marchés durant deux années consécutives.
        • Pas de nouveaux produits ont été développés, les dépenses en R&D diminues, et l’entreprise semble se reposer sur ces lauriers.
        • Deux récentes acquisitions de diversification, et l’entreprise annonce en chercher d’autres.
        • L’entreprise a tellement payé pour les acquisitions que le bilan est passé du 0 dettes pour millions de cash à millions de dettes pour 0 cash. Il n’y a plus d’argent pour le rachat d’actions, même si le cours baisse fortement.
        • Même à un faible cours le dividende ne sera pas assez haut pour attirer l’intérêt des investisseurs.

        Quand vendre une Moyenne Croissance :

        Il ne faut pas attendre un rapide 10-bagger avec ce genre d’action, et si le cours de l’action passe sous la ligne des bénéfices, ou si le PER reste trop au-delà de la normale, tu devrais penser à vendre et à attendre pour racheter plus tard à un prix plus bas – ou acheter autre chose, comme je le fais.

        D’autres signaux :

        • L’action a un PER de 15, alors que d’autre entreprises similaires du même secteur en ont un de 11-12.
        • Aucun insider n’a acheté d’actions durant l’année passée.
        • Le taux de croissance de l’entreprise ralentit, les profits sont maintenus en faisant des économies sur les coûts, la marge de manœuvre diminue.

        Quand vendre une Cyclique :

        Un signal de vente évident est quand les stocks s’entassent et que l’entreprise n’arrive pas à les écouler, ce qui mène à une baisse des prix et donc des profits.

        Quand vendre une Forte Croissance :

        Ici la difficulté est de ne pas perdre le potentiel 10-bagger.

        La chose principale à garder à l’œil est la fin de la seconde phase de l’expansion rapide.


        Contrairement à une Cyclique dont le PER diminue vers la fin d’un cycle, pour une entreprise Growth le PER a tendance à grossir, et il peut atteindre des dimensions absurdes et illogiques.

        D’autres signaux :

        • Les ventes du dernier trimestre sont en baisses de 3%
        • Les résultats du nouveau magasin sont décevants
        • Des cadres dirigeants et des employés quittent l’entreprise pour rejoindre des concurrents
        • L’action se vend à un PER de 30, alors que les projections les plus optimistes de croissance des bénéfices ne donnent que 15%-20% pour les prochaines années.

        Quand vendre une Retournement :

        Le meilleur moment est après le retournement. Tous les problèmes sont derrière et tout le monde le sait. L’entreprise est devenue une vieille version de ce qu’elle était avant ses problèmes : Entreprise de croissance, Cyclique, ou autre.

        L’action peut continuer de monter, mais il y a peu de chance de voir un 10-bagger.

        D’autres signaux :

        • Les dettes avaient diminué durant 5 trimestres consécutifs, et elles sont de nouveau en hausse avec 25 millions.
        • Les stocks sont en augmentation deux fois plus vite que les ventes
        • Le PER est gonflé par rapport aux attentes de bénéfices.

        Quand vendre un Jeu D’actif :


        Dernièrement, la meilleure idée est d’attendre les Raiders. S’il y a vraiment des actifs cachés, Saul Steinberg, Hafts, ou Reichmanns vont s’en rendre compte. Tant que l’entreprise ne s’endette pas, tu as intérêt à tenir bon.

        Avec autant de Raiders, c’est compliqué pour les amateurs de trouver de bonnes actions d’actif, mais c’est un jeu d’enfant de savoir quand vendre. Tu ne vends pas avant que les Bass brothers n’arrivent, et si ce n’est pas eux, alors ce sera certainement Steinberg, Icahn, Belzbergs, Pritzkers, Irwin Jacobs, Sir James Goldsmith, Donald Trump, Boone Pickens, ou peut être bien Merv Griffin.

        D’autres signaux :

        • La part d’institution a augmentée et est passée de 25% il y a 5 ans à 60% aujourd’hui – avec plusieurs fonds à l’achat.
        • Les dirigeants annoncent la création de nouvelles actions
        • La division qui était supposée rapporter 20$ millions n’a rapporté que 12$ million

        VictorB
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        Re: Peter Lynch : Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse

        Message par VictorB » 21 mars 2022, 12:38

        18 – Les 12 idées reçus les plus stupides (et dangereuses) à propos du prix des actions.

        Le cours à déjà beaucoup chuté, il ne peut pas aller beaucoup plus bas.
        […] la plupart des gens n’avaient pas fais attention a combien Polaroid était survalorisé.

        Il n’y a simplement pas de règle qui te dit jusqu’où le cours d’une action peut aller.

        Tu peux toujours savoir quand le cours touche un plus bas.
        Essayer d’acheter au plus bas une action qui chute est comme essayer d’attraper un couteau qui tombe.

        Si tu veux acheter une action de retournement ; Peut-être que tu as réalisé que les affaires redémarrent, et que tu vois au bilan que l’entreprise a 11$ de cash par action et l’action se vend à 14$.
        Mais même comme ça tu n’arriveras pas à acheter au plus bas. Ce qui se passe généralement est que l’action se met à vibrer en quelques sortes avant de commencer sa remontée. Généralement cette partie prend 2 ou 3 ans, mais des fois plus longtemps.

        Si le cours est monté si haut, comment peut-t-il monter encore plus haut ?
        Si tu avais acheté Philip Morris dans les années 50 pour l’équivalent de 0,75$ l’action, alors tu as peut-être été tenté de vendre à 2,5$ en 1961, sur la théorie que cette action ne pouvait pas aller bien plus haut. 11 ans plus tard, avec un cours 7x supérieur à celui de 1961 et 23x celui de 1950, tu aurais encore une fois pu conclure que Philip Morris ne pouvait pas aller plus haut. Mais si tu vendais à ce moment-là, tu n’aurais pas profité du prochain 7-bagger en supplément du 23-bagger précédant.

        Si je m’étais demandé « comment cette action peut-elle encore monter » Je n’aurais jamais acheté Subaru après qu’elle soit déjà montée 20x. Mais j’ai regardé les fondamentaux, réalisé que Subaru était toujours bon marché, acheté l’action, et réalisé un 7-bagger.

        Franchement, je n’ai jamais été capable de prédire quelles actions allaient être des 10 ou des 5-bagger. J’essaye de les garder aussi longtemps que l’histoire est intacte, espérant être agréablement surpris.

        Je me rappelle avoir acheté Stop & Shop comme action conservatrice, avec un gros dividende, et puis les fondamentaux n’ont pas arrêtés de s’améliorer et j’ai réalisé que j’avais une Forte Croissance dans les mains.

        Quand l’action rebondira à 10$, je vendrais.
        A chaque fois que je suis tenté pas ce biais, je me remémore qu’à moins d’être assez confiant dans l’entreprise pour acheter plus d’actions, je devrais vendre immédiatement.

        Moi inquiet ? Les actions conservatrices ne fluctuent pas beaucoup.
        Deux générations d’investisseurs conservateurs ont grandi avec l’idée qu’il était impossible de se tromper avec les actions de service public.

        Avec les problèmes économiques et réglementaires propre aux couteuses centrales nucléaires, le secteur des services publics est devenu aussi volatil et fourbe que les autres.

        Ça prend trop longtemps pour qu’il se passe quelque chose.
        Merck a testé la patience de tout le monde. Cette n’action n’a pas bougé de 1972 à 1981, alors que les bénéfices avaient une croissance constante de 14% par an. Puis que s’est-il passé ? L’action a fait x4 durant les 5 années suivantes. Qui sait combien d’investisseurs se sont retirés parce qu’ils étaient fatigués d’attendre. S’ils s’en étaient tenu à l’histoire, ils n’auraient pas vendu.

        J’ai gardé Merck parce que je suis habitué à ce que le cours de mes actions ne bouge pas. Le gros de l’argent que je gagne se fait généralement la 3ème ou la 4ème année de détention de l’action.

        Un cours qui ne bouge pas durant plusieurs années, que j’appelle « l’électrocardiogramme d’un rocher », est un bon signe. A chaque fois que je vois un cours en forme d’électrocardiogramme de rocher pour une action qui m’intéressait déjà, je prends ça comme un indice fort que le prochain « big move » est pour bientôt.
        Ça demande une patience remarquable pour garder une action qui t’intéresse beaucoup, mais que le reste du monde semble ignorer. Tu commences à croire que tout le monde a raison et que tu as tort. Mais là où les fondamentaux sont prometteurs, la patience est souvent récompensée.

        Regarde tout l’argent que j’ai perdu : Je ne l’ai pas acheté !
        Regarder les gains de quelqu’un d’autre comme tes pertes personnelles n’est pas une attitude productive pour un investisseur en action.

        J’ai raté celui-là, j’aurai le prochain !

        Le problème est que, le « prochain » marche rarement, comme nous l’avons déjà expliqué.

        Dans la plupart des cas il vaut mieux acheter l’originale bonne entreprise à un prix élevé que de sauter sur « le prochain » à un prix bradé.

        Le cours monte, donc je dois avoir raison, ou… Le cours chute donc je dois avoir tort.
        Les gens se sentent souvent confortable quand leurs récent achat de 5$ monte à 6$, comme si ça prouvait la sagesse de l’acheteur.

        Une action qui monte ou qui descend après que tu l’ais acheté te dit seulement qu’il y a quelqu’un qui voulait bien payer plus - ou moins – pour la même marchandise.

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