Bonduelle (BON)

Sociétés dévoilées une fois vendues ou avec un potentiel réduit, suite à la forte hausse du cours par exemple

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Snowball
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Message par Snowball » 06 novembre 2020, 13:38

J’écris ce post dans la rubrique achats d’initiés… mais il pourrait aussi avoir sa place dans la file « vos plus belles gamelles », initiée par nOmad sur ce forum.

En effet, interpellé par les achats de la famille Bonduelle sur le groupe éponyme, j’ai acheté des titres Bonduelle en 2018 à 33,99 € pièce. J’ai doublé ma position début 2020 en achetant cette fois-ci à 21,85 €.

A la clôture d’hier, le cours était à 19,00 €.

Par rapport à mon premier achat, le cours a donc dévissé de 44,1 %. :cry: En prenant en compte l’ensemble de mes achats ainsi que les dividendes reçus, ma perte sur le dossier est de 30,7 %. re :cry: Pas vraiment une bonne publicité pour le suivi des initiés que j’essaie de mettre en place.

Et pourtant, je crois encore beaucoup à ce dossier. Voilà pourquoi.


La société

Le groupe a été fondé en 1853 par Louis-Antoine Bonduelle. C’était à l’époque une distillerie d’alcool de grains et de genièvre.

Le groupe s’est ensuite développé durant plus de 160 ans, avec notamment le lancement de la production de boîtes de conserve de légumes en 1926 par les frères Pierre et Benoît Bonduelle. La croissance a été marquée par de nombreuses opérations de croissance externe, ainsi que par une forte internationalisation.

Aujourd’hui dirigé par la septième génération de la famille fondatrice, le groupe occupe une position de leader mondial dans le domaine de l’alimentation végétale. Bonduelle est présent dans quatre linéaires différents de grandes surfaces : conserves, surgelés, 4ème gamme et rayon traiteur. Le groupe exploite six marques principales : Bonduelle, Cassegrain, Globus, Del Monte, Artic Garden et Ready Pac Foods.

Géographiquement, Bonduelle est devenu un acteur vraiment global : 22 % des ventes sont enregistrées en France, 34 % aux USA, 23 % en Europe (hors France), 12 % au Canada et 9 % dans le reste du monde.

Bonduelle est très attaché à la Responsabilité Sociale de l’Entreprise ou RSE. Le groupe est en train d’effectuer les démarches pour être labélisé B Corp. Au-delà d’éventuels effets de mode ou de green washing sur ces aspects RSI (dont je me méfie toujours), il me semble que le positionnement sur l’alimentation végétale est très sain et porteur de croissance dans les années à venir. Nous consommerons encore des légumes, qu’ils soient peu transformés ou déjà cuisinés demain, dans un an et dans 10 ans. On peut même penser que l’on en mangera de plus en plus au fur et à mesure de la croissance de la population globale et du succès des tendances flexitarienne, végétalienne, végétarienne ou végane. Bon, pour ma part, j’apprécie encore de manger une bonne entrecôte avec mes petits pois. :roll:

Le chiffre d’affaires consolidé de l’exercice 2019/20 s’établit à 2,85 milliards d’euros, en très légère croissance depuis 2 ans, pour un résultat net de 54 millions d’euros. L’effectif moyen est de 14 600 personnes. Bonduelle travaille en partenariat avec environ 3 000 agriculteurs qui cultivent environ 130 000 hectares partout dans le Monde.

Le groupe BONDUELLE est coté en bourse sur la place de Paris depuis 1998. Il est éligible au PEA.

L’actionnariat du groupe est avant tout familial : la famille Bonduelle contrôle environ 56 % des titres et 69 % des DDV. La forme juridique de la société cotée est un Société en Commandite par Action. Je crois que les Daubasses ne sont pas fans de SCA (cf. la discussion à ce sujet sur Patrimoine et Commerce) mais vu que la famille est majoritaire, la discussion sur la forme juridique me semble totalement secondaire. L’actionnariat salarié et l’autodétention représentent près de 6 % des titres. Le flottant est d’environ 38 %.


Suivi des achats des initiés

Depuis le 21 octobre 2020 la SAS Pierre et Benoît Bonduelle, qui est l’associé commandité statutaire, et le premier actionnaire du groupe avec 32 %, est repassée à l’achat. En 7 séances, la SAS a acquis sur le marché 52 701 titres à un prix moyen de 18,38 € pour un montant total de 969 K€. Le dernier achat déclaré à l’AMF date du 30 octobre.

Cette vague d’achats est-elle le signe qu’il est temps de revenir sur le titre ? Pas si sûr ! Comme je l’ai dit en introduction, la famille Bonduelle ne s’est pas montrée infaillible, loin de là, dans le timing de ses achats.

Mis à part les transactions les plus récentes, il n’y avait eu qu’un achat d’initié en 2020, mi-janvier pour 29 K€ par un membre de la famille. En 2019, il n’y a eu quasiment aucun achat d’initiés sur le marché. En revanche, en 2018, la famille a acheté agressivement avec 412 601 titres à 33,37 € de moyenne pour un total de 13,8 M€. Fin 2017, on note même un achat d’initié (le DRH du groupe) à plus de 40 € pièce.

Sur la période de 2018 à aujourd’hui, il n’y a eu que très peu de ventes par les initiés : 17 700 titres pour un total de 573 K€ en près de trois ans. Ces ventes sont le plus souvent réalisées par des cadres dirigeants n’appartenant pas à la famille.

Pour synthétiser cette rubrique : la famille a procédé à une vague d’achat importante en 2018. Depuis le cours de bourse a beaucoup baissé. Les achats de la famille viennent juste de reprendre. Je pense que ça mérite d’aller fouiller un peu dans les comptes pour savoir s’il est opportun de faire confiance à la famille Bonduelle.


Les comptes

Bonduelle est sur un exercice comptable décalé de l’année civile avec une clôture au 30 juin. Les comptes 2019/2020 dans leur version complète, ainsi que le DUE sont disponibles depuis peu sur le site du groupe.

Compte de résultat

• Les ventes de l’exercice marquent un niveau record pour Bonduelle à 2.854 M€. La croissance sur l’exercice précédent est de 2,8 %. C’est une belle performance en pleine période de pandémie. Il faut dire que le confinement a plutôt aidé pour la vente de produits Bonduelle… même si l’activité en lien avec la restauration collective a souffert. En moyenne au cours des 7 derniers exercices, le CA a progressé de 6,8 % par an, aidé par la croissance externe.
• Le résultat opérationnel courant se monte à 108 M€, ou 3,8 % des ventes. C’est le ratio le plus faibles des sept derniers exercices, la norme du groupe étant de 5,0 %. Le groupe explique cette contre-performance par le surcoût lié au COVID : distanciation physique, désinfection des postes, équipements de protection, primes payées aux salariés qui ont travaillé pendant le confinement…
• Le résultat net comptable, part du groupe, s’élève à 55 M€, ou 1,9 % du CA. Là encore, c’est une déception après 4 exercices ou ce ratio a été remarquablement stable entre 2,6 et 2,7 %. Les raisons de cette baisse sont bien évidemment les mêmes que celles présentées pour le ROC.

Bilan

L’enjeu principal ici me semble être la structure de financement globale. A deux reprises dans les exercices récents, les dettes financières nettes ont dépassé les capitaux propres : gearing de 103 % au 30 juin 2015 et de 114 % au 30 juin 2017.

Depuis cette date, ce ratio s’améliore :
• 98 % au 30 juin 2018
• 93 % au 30 juin 2019
• 92 % au 30 juin 2020.

C’est une excellente nouvelle en cette période d’explosion de l’endettement et de PGE pour tous ! Cette performance marque la diminution de la dette nette qui passe en un an de 675 M€ à 653 M€, hors IFRS 16. Les capitaux propres sont eux aussi en retrait. Une des raisons de ce désendettement est le recul du BFR d’exploitation qui passe de 344 M€ à 310 M€.

Le bilan de Bonduelle porte un goodwill important 483 M€, quasiment stable sur un an en l’absence de nouvelle acquisition significative. Si l’on ajoute 58 M€ d’immobilisations incorporelles, on a des intangibles pour 541 M€, ou 76 % des capitaux propres. Un ratio typique des groupes qui font de la croissance externe… mais qui ne fait généralement pas rêver le chasseur de daubasses.

Cash-flow

L’exploitation génère beaucoup de cash-flows : 1 037 M€ en cumulé sur 6 ans. Pas mal pour une capitalisation boursière de 618 M€. Sur cette même période, les investissement corporels (net des ventes) se sont montés 526 M€. Le groupe a donc généré en 6 exercices un free CF de 511 M€.

Le dernier exercice en date a été très positif de ce point de vue avec plus de 200 M€ de cash généré par l’exploitation et « seulement » 98 M€ d’achats net d’immobilisation corporelles. Au total, l’exercice 2019/2020a donc vu la génération d’un free CF de 102 M€. Celui-ci a permis au groupe de : payer des dividendes (0,50 € par titre pour un rendement de 2,6 %), de rembourser une partie de ses dettes financières et de racheter une très grosse partie de ses minoritaires.

Ratio divers

Le Return On Equity est de 7,7 % au 30 juin 2020. En moyenne au cours des 6 derniers exercices, il se monte à 10,2 %. C’est plutôt pas mal.

Le Cash return de 2019/20 est de 7,5 %. En moyenne au cours des 6 derniers exercices, il se monte à 6,9 %.

Les capitaux propres ont augmenté en moyenne de 6,5 % par an depuis 6 ans. Si l’on intègre les dividendes, la création de valeur moyenne est de 7,9 % par an. C’est solide sans être exceptionnel.

Le nombre de titres en circulation a progressé de 0,9 % au cours des 6 derniers exercices. En 2018, le groupe a proposé le paiement du dividende en action ce qui a généré la création de 281.000 titres.

CA T1

Le groupe a publié hier le CA du T1 du nouvel exercice (période juillet à septembre 2020 donc). Il est en baisse de 0,6 % à 680 M€. Cette baisse est principalement la résultante d’évolutions de taux de change défavorables. A périmètre et change constant, les ventes progressent de 1,9 %.

Rien d’exceptionnel, mais cela montre une bonne résistance vu le contexte sanitaire.


La valorisation

Au cours de 19,0 €, on a actuellement un PER de 8,51. Pas franchement excessif, surtout que le dernier excessif a été mauvais en termes de résultat. Je calcule un PER moyen du secteur à 14,56.

La capi de Bonduelle est actuellement de 618 M€, soit 87 % de ses capitaux propres. Comptablement Bonduelle vaut 21,82 € par titre. Je calcule un ratio capi / CP moyen du secteur à 1,12.

En me basant sur les ratios VE / REX et VE / RNC du secteur, je trouve une valeur Bonduelle à 29 €.

Mon modèle de DCF me donne une juste valeur à 26,4 € par titre.

Dans les deux cas, je ne prends pas en compte la bonne nouvelle que j’attends avec impatience : le retour de Bonduelle sur ces ratios de profitabilité historique. Si les surcoûts liés au COVID disparaissent dans le temps et que le groupe parvient à nouveau à dégager un ROC autour de 5 % et un RNC autour de 2,7 %, alors on peut tabler sur un résultat normatif de l’ordre de 80 M€.

Dans ce scénario, l’application de ratios moyens du secteur donnent une valorisation de Bonduelle comprise entre 39 et 41 € par titre. Je note que le cours de bourse est monté à plus de 45 € tout début 2018. Cette valorisation ne tient donc pas de la science-fiction.

Je garde ce scénario optimiste en up-side et me donne, à ce stade, un objectif de valorisation à 28 € par titre, soit un potentiel de 47 % par rapport au cours actuel.

J’ai donc renforcé ma position aujourd’hui à 19,0 €.

Snowball

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les daubasses
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Message par les daubasses » 06 novembre 2020, 17:16

Belle nouvelle proposition Snowball avec argumentation étayée.

Un point nous chagrine:
Snowball a écrit :
L’actionnariat du groupe est avant tout familial : la famille Bonduelle contrôle environ 56 % des titres et 69 % des DDV. La forme juridique de la société cotée est un Société en Commandite par Action. Je crois que les Daubasses ne sont pas fans de SCA (cf. la discussion à ce sujet sur Patrimoine et Commerce) mais vu que la famille est majoritaire, la discussion sur la forme juridique me semble totalement secondaire. L’actionnariat salarié et l’autodétention représentent près de 6 % des titres. Le flottant est d’environ 38 %.
Quand on parle de société en commandite il faut vérifier 2 choses :

1/ Est-ce que les intérêts des actionnaires commanditaires et les commandités sont alignés ?
Ou dit autrement, est-ce les commandités gérants ont une rémunération non spoliatrice ? Si vous avez les modalités nous sommes preneurs.

2/ Le second point essentiel est de se rendre compte que même si le patrimoine de la société est sensé appartenir à tous les actionnaires, en réalité ce sont les actionnaires commanditaires qui ont tout pouvoir sur les décisions de gestion. Ce qui signifie qu'en tant qu'actionnaire commanditaire, on doit avoir pleinement confiance dans la gestion de la société par les commandités et leur volonté de créer de la valeur pour TOUS les actionnaires. Ce qui passera notamment par un dividende. Presque exclusivement par le dividende... Car vous pouvez tout de suite ignorer la prime spéculative du rachat hostile par un concurrent ou un fonds d’investissements si ce n'est pas une initiative sollicité par la famille Bonduelle.

Ce qui revient donc à se poser la question suivante : quelle est la capacité de Bonduelle SCA à rémunérer ses actionnaires via des dividendes dans les exercices futurs ?
Et à partir de se calcul de faire une simple actualisation (comme pour une obligation) pour voir si l'investissement en vaut la chandelle.
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Snowball
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Message par Snowball » 06 novembre 2020, 18:31

Bonsoir L’équipe,

Un fois n’est pas coutume, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. En particulier sur votre point 2.

Je ne vois pour ma part aucune différence entre la structure de Bonduelle (société en commandite par action donc) et celle d’une Société Anonyme dont l’actionnariat est majoritairement détenu par la famille du dirigeant. Par exemple : Gaumont, Jacques Bogart ou encore NRJ pour citer des dossiers dont nous sommes conjointement actionnaires.

Pour ces trois dossiers, vous pourriez écrire exactement de la même manière : « vous pouvez tout de suite ignorer la prime spéculative du rachat hostile par un concurrent ou un fonds d’investissements si ce n'est pas une initiative sollicitée par la famille » (respectivement Seydoux, Konckier et Beaudecroux).

Pourtant, les trois dossiers choisis, en fonction de l’âge du capitaine et d’une possible volonté de sortie de cote présentent tous un intérêt spéculatif à court terme.

Je prends maintenant un quatrième exemple, lui aussi familier aux membres de ce forum : Voltz. Personne n’ira faire une OPA hostile sur Voltz. Serge Voltz gardera le contrôle et les autres actionnaires sont dépendants de son bon vouloir. Sur ce dernier dossier votre phrase sur l’absence d’intérêt spéculatif s’applique aussi parfaitement. Et pourtant, vous croyez en votre investissement dans Voltz depuis des années et avec raison !

Bref pour moi, investir dans une société majoritairement détenue par la famille présente le même risque, que la société soit une SA, une SAS ou une SCA. Je ne serai toujours qu’un obscur minoritaire, sans aucun pouvoir de décision, sans jamais avoir la certitude que la gestion de la boutique préserve au mieux mes intérêts. C’est le jeu et je l’accepte !

Voilà pour mon point de désaccord. Maintenant, pour revenir plus spécifiquement à Bonduelle. Le rachat par le commandité de titres de la SCA me laisse à penser qu’il juge le cours d’achat intéressant. Plus le commandité rachète, plus nos intérêts sont alignés (même si cet alignement sera toujours très imparfait).

Par ailleurs, la société a généré depuis 6 ans 511 M€ de free cash-flow. La capitalisation actuelle est de 618 M€. Alors, oui, je suis TRES confiant dans la capacité de Bonduelle à créer de la valeur et à distribuer des dividendes.

Dernier point sur les rémunérations : je dois reconnaître que je n’ai pas regardé ce point-là de près. Je vais réparer cet oubli sous peu.

Snowball

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Message par alfa » 06 novembre 2020, 18:55

Bonsoir snawball, toujours très intéressantes vos analyses. J'aurai une question qui n'a rien n'a avoir avec Bonduelle. Combien de titres avait vous en portefeuile? Merci. Alfa.

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Snowball
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Message par Snowball » 07 novembre 2020, 11:17

Merci Alfa, c'est sympa.

J'ai aujourd'hui 16 titres en portefeuille, en baisse de 1 par rapport à la semaine dernière avec la vente sur Le Bélier.

Idéalement, j'estime que mon portefeuille devrait avoir un vingtaine de titres. Au delà, je trouve difficile de vraiment suivre les dossiers (lire toutes les publications en détail, aller aux AG, rester en veille sur le secteur d'activité...). Je ne suis pas donc pas fan d'une trop grande diversification. Je serais incapable de suivre correctement 40 ou 50 titres : trop de travail pour moi !

En contrepartie, je suis très long (et lent !!) dans mes analyses avant de rentrer sur un dossier. Je préfère prendre mon temps avant d'investir. Une fois sur un dossier, j'aime rester sur la durée. Si mes hypothèses initiales se confirment et que j'ai dégoté une pépite, j'aime rester plusieurs années sur le même titre. J'ai par exemple en portefeuille du Bassac depuis 2013 et je m'en félicite.

Bon ça bien sûr, c'est la théorie. En pratique, je me trompe aussi beaucoup et je suis régulièrement obligé de sortir rapidement d'un dossier pour lequel j'avais initialement mal estimé le risque. Autre scénario plus favorable, il m'arrive de sortir rapidement si le cours atteint ou excède la juste valeur telle que je la calcule.

Et vous Alfa, combien de titres dans votre portefeuille ?

Snowball

[les daubasses : pour rester cohérent avec le sujet, n'hésitez pas à parler des titres en portefeuille dans un sujet dédié dans la catégorie "portefeuille des abonnés". Merci]

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Message par alfa » 07 novembre 2020, 11:52

Bonjour Snawball,
Merci pour votre réponse. Pour l'instant j'ai 19 titres en portefeuille (avec une surexposition forte sur total gabon qui repèresente 40%!!!). Mais je pense que je pourrais facilement doubler le nombre de lignes. Je pense notamment à quelques daubasses Japonaises. Pour l'instant j'en ai pas pour des raisons de couts du broker mais je trouve qu'avec les nouveaux tarifs binck qui seront effectifs fin novembre, ça pourra se regarder. C'est un peu plus cher que de giro mais au moins il y a un IFU.
Pour dénicher les titres et avoir un suivi via le forum, le site daubasses (abonné depuis cet été) est je trouve de grande qualité et permet un gain de temps considérable.
Sur le fond, je posais aussi cette question car j'ai une réflexion actuellement sur un portefeuille très diversifié ou concentré. Quoiqu'il en soit je vais essayer de ne pas dépasser 30 titres.
Bon we.
Alfa

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Message par alfa » 07 novembre 2020, 12:01

Petite précision: en cette période troublée, je suis plutôt prudent et conserve pas mal de cash. Le 40% dont e parlais pour total gabon, c'est par rapport à la partie titres cotés investis. Sachant que au-delà de ce portefeuille , j'ai pas mal d'autres investissements, (OPCVM en PEE/PERCO, assurance.vie, private equity, immobilier physique) donc à relativiser par rapport à l'ensemble du patrimoine. De plus, ce pourcentage va baisser au fur et a mesure que je vais investir le cash.
Il va rester cependant significatif car forte conviction sur ce titre.

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Message par Snowball » 01 décembre 2020, 17:47

Bonduelle vient d'annoncer le renouvellement par anticipation de son principal crédit syndiqué : 300 M€ (sur une dette nette de 653 M€) qui arrivait à échéance en juillet 2021.

Bonduelle a renégocié avec un pool élargi de 11 banques. Désormais, la nouvelle maturité est de 5 ans. Le plafond de ce nouveau crédit revolving est porté à 400 M€.

La question du financement semble donc réglée pour un bout de temps. C'est une bonne nouvelle !

Snowball

Ci-joint le communiqué de presse
Pièces jointes
Bonduelle financement 01 12 20.pdf
(303.98 Kio) Téléchargé 60 fois

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RomainP
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Message par RomainP » 03 décembre 2020, 12:37

Je travaille dans une autre entreprise agroalimentaire française, qui s'internationalise bien avec un chiffre d'affaire et une stratégie similaire.
La différence : c'est un actionnariat 100% familiale, mais les problématiques sont les même et ces deux familles se comprennent (ont voit de temps en temps la famille Bonduelle rendre visite à notre site).

Je me permet d'ajouter quelques éléments de contexte :

Marge compliquées à défendre
En France, les négociations avec les centrales d'achat sont très difficile, ils n'hésitent pas à vous sortir des rayons en phase de négo.
Etant donné qu'il n'y a que 4 centrales d'achat pour la France, même avec 34% de votre CA en France, difficile de se passer de 34/4=8% de votre chiffre d'affaire. Surtout que si vous ne cédez pas sur les prix, les négociateurs sont vexés et ne veulent pas retravailler avec vous pendant plusieurs années. Le seul moyen de s'en sortir c'est par l'innovation (par exemple Bonduel a eu une idée de génie avec ses produits pré-cuits à la vapeur... on vous vend de la vapeur d'eau au prix des légumes).

Les conditions climatiques changeantes et la réduction des terres arables chaque année rendent les prix d'achat de matière première très variable (et souvent à la hausse).
Les industries agroalimentaires se retrouvent prises au piège entre des prix d'achats variable (mais plus souvent à la hausse) et des prix de vente en baisse lente et régulière (négociation).

Tendance de fond
La tendance est de se rapprocher des producteurs locaux, de consommer des produits peu transformés. Difficile pour un géant de l'agroalimentaire de se faire passer pour un producteur local.

Impact du COVI
Dès que le mot confinement est évoqué, tout le monde se précipite sur :
les pâtes, les conserves. On l'a beaucoup vu sur le premier confinement, beaucoup moins sur le 2éme.
Sur notre site ou l'on avait de gros stocks, de l'agilité et une bonne capacité à augmenter les volumes rapidement on devrait finir l'année à +20% de CA.
C'est la principale divergence entre Bonduel et notre entreprise.
Je vois que Bonduel a fait +1,4% de chiffre d'affaire seulement. Il n'ont pas pu profiter de l'effet COVID (manque d'agilité + pas de marge sur les capacités des ligne + exposition forte à la Restauration Hors Domicile) et se sont fait bouffer la marge par les impacts du COVID (-27%).

Conclusion
C'est ce qui m'inquiète, si une entreprise qui vend des légumes en conserve ne fait pas une année fantastique en 2020, il y a un soucis.
Elle a peut-être de bons fondamentaux, mais sa résilience/capacité à réagir aux crises est faible. Et on peut supposer que d'autres crises vont peut-être arriver dans les 2 à 3 prochaines années (endettement des PME et ménages, hausse du pétrole, environnement, chômage de masse, récoltes...).

Bien sur tout ceci est mon humble avis ;)

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Snowball
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Message par Snowball » 04 décembre 2020, 12:22

Merci pour cette contribution Romain !

C'est exactement LA contribution que j'aurais préféré le pas lire, surtout venant de quelqu'un qui connaît -très- bien le métier. C'est intelligent, documenté, réfléchi... et à vous décourager d'être actionnaire de Bonduelle. Bref, une horreur pour moi.

Je retrouve dans votre post, des arguments parfois avancés pour Emmanuel Faber de Danone. Les jeunes générations se méfieront des grandes marques. On voudra, du local et du peu transformé. Bref, le chantier pour les grands acteurs de l'agroalimentaire est colossal.

Je reste malgré tout confiant au prix actuel, soit 20,05 € à l'heure ou j'écris ces lignes. Je trouve que ce n'est vraiment pas cher. Sans doute ne reverra-t-on pas les 45 € de janvier 2018 dans un futur proche... mais je crois qu'il existe quand un vrai potentiel de hausse.

Snowball

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Message par Snowball » 22 décembre 2020, 10:53

AG de Bonduelle tenue le 17 décembre.

Les projets de résolution ont été adoptés, en particulier le versement du dividende. Ce sera 40 centimes cette année. Coupon détaché le 5 janvier. Versement le 7 janvier.

Snowball

LegeCapFerret33950
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Message par LegeCapFerret33950 » 28 décembre 2020, 12:37

Bonjour à toutes et tous,

Nouvel abonné aux "daubasses" depuis hier, je profite de mon abonnement pour parfaire mes connaissances boursières et comptables et pour approfondir mes recherches sur quelques entreprises dans lesquelles je pourrais investir.

Parmi les entreprises que je regarde depuis quelques temps, il y a Bonduelle.

Merci à Snowball et RomainP pour vos éclairages respectifs sur cette entreprise.

Voici un lien vers le replay de l'Assemblée Générale Mixte du 17 Décembre 2020 : https://www.bonduelle-agm-huis-clos.fr/

J'ai noté que les actionnaires ont voté la possibilité pour Bonduelle de procéder à une augmentation de capital réservée à certains de leurs partenaires agriculteurs.

C'est la 16ème résolution votée durant l'AGM (résolution présentée à la 80 ème minute (1h20) sur le replay de l'AGM)

Cette AK aurait pour but d'associer les partenaires agricoles de Bonduelle à la création de valeur de l'entreprise.

Le montant NOMINAL maximum de cette AK est de 700.000 euros. Je crois que le nominal de l'action Bonduelle est de 1,75 euros, ce qui représenterait 400.000 nouvelles actions (700.000 / 1.75 = 400.000). Dans le détail ci-dessous, il est indiqué que cela représenterait 1,23% du capital existant.

Les deux résolutions qui précèdent (la 14 et la 15) parlent également d'augmentations de capital, mais je ne suis pas rentré dans le détail de ce que celles-ci impliquent. Je me suis concentré sur l'AK destinée aux agriculteurs.

Détail de la résolution votée ci-dessous :

" Délégation de compétence en vue d’émettre des actions ordinaires donnant, le cas échéant, accès à des actions ordinaires ou à l’attribution de titres de
créance, et/ou des valeurs mobilières donnant accès à actions ordinaire, avec suppression du droit préférentiel de souscription au profit d’une catégorie de
personnes répondant à des caractéristiques déterminées (seizième résolution)

Au titre de cette délégation, les émissions seraient réalisées au profit d’une catégorie de personnes, conformément notamment aux dispositions
des articles L. 225-129-2, L. 225-138 et L. 228-92 du Code de commerce. Cette délégation a pour objet de conférer à la Gérance toute latitude pour procéder aux
époques de son choix, pendant une période de 18 mois à l’émission :
- d’actions ordinaires,
- et/ou d’actions ordinaires donnant droit à l’attribution d’autres actions ordinaires ou de titres de créance,
- et/ou de valeurs mobilières donnant accès à des actions ordinaires à émettre.

Le montant nominal global maximum des augmentations de capital susceptibles d’être réalisées en vertu de la présente délégation ne pourrait être supérieur à 700 000 euros, représentant environ 1,23 % du capital social existant au jour de la présente Assemblée.

A ce plafond s’ajouterait, le cas échéant, le montant nominal de l’augmentation de capital nécessaire pour préserver, conformément à la loi et
, le cas échéant, aux stipulations contractuelles prévoyant d’autres cas d’ajustement, les droits des titulaires de droits ou
valeurs mobilières donnant accès au capital de la Société.

Ce plafond serait indépendant de l’ensemble des plafonds prévus par les autres résolutions de la présente Assemblée. Conformément aux dispositions de l’article L. 225-138 du Code de commerce, le prix d’émission des actions ordinaires pouvant être émises dans le cadre de la présente délégation de compétence serait fixé par la Gérance , et devrait être au moins égal à la moyenne pondérée des cours des 30 dernières séances de bourse précédant la fixation
du prix de l’émission éventuellement diminuée d’une décote maximale de 10%.

Le droit préférentiel de souscription des actionnaires aux actions ordinaires et autres valeurs mobilières donnant accès au capital à émettre en vertu de l’article L. 228-91 du Code de commerce serait supprimé, au profit de la catégorie de personnes suivantes : Personnes physiques ou morales ayant apporté direct
ement ou indirectement tout ou partie d’une production agricole à une société contrôlée directement ou indirectement par Bonduelle SCA, au titre des trois années précédant l’émission, ou les associés des personnes morales susvisées.

L’objectif de cette délégation serait de permettre à la Société de renforcer le lien durable et étroit avec ses partenaires agricoles en les associant au capital de la Société.

Si les souscriptions n’ont pas absorbé la totalité de l’émission, la Gérance pourrait utiliser les facultés suivantes :
- limiter le montant de l’émission au montant des souscriptions, le cas échéant dans les limites prévues par la réglementation,
- répartir librement tout ou partie des titres non souscrits parmi la catégorie de personnes ci-dessus définie.

La Gérance aurait ainsi toute compétence pour mettre en œuvre la présente délégation et rendrait compte à la plus prochaine Assemblée Générale Ordinaire, conformément à la loi et à la réglementation, de l’utilisation de la présente délégation accordée au titre de la présente résolution.

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