ADF Group (DRX) : achetée sous ses actifs, vendue avec +252,7 % en euros
Synthèse stratégique
ADF Group est un industriel québécois spécialisé dans les charpentes métalliques complexes, les structures lourdes et les grands projets nord-américains. Ce n'était pas une histoire de croissance évidente au départ : activité cyclique, usines capitalistiques, dépendance à l'acier et contrats longs.
L'achat initial à 1,15 CAD repose surtout sur une décote d'actifs : immobilier industriel à Terrebonne et Great Falls, carnet en progression et valeur d'actif net tangible supérieure au cours. La vente à 3,90 CAD se solde ensuite par +252,7 % en euros.
Parcours de la thèse
Le premier tournant vient du carnet de commandes. Dès 2020, ADF remporte de nouveaux contrats aux États-Unis et au Canada, ce qui remplit les usines pour plusieurs trimestres. La société reste pourtant fragile : les marges sont comprimées par des contrats signés avant l'envolée des coûts de l'acier.
Les résultats du T3 2021 confirment une hypothèque de 40 M CAD sur Terrebonne. Ce point valide l'existence d'un collatéral immobilier réel, pendant que la VANT monte à 3,16 CAD. La thèse devient alors plus industrielle : exécuter le carnet, répercuter les coûts, préserver le bilan.
En 2022 et 2023, la bascule s'accélère. Les marges se normalisent, les contrats de 228 M CAD, 30 M CAD puis 142 M CAD allongent la visibilité, et les flux de trésorerie améliorent la situation financière. Le marché commence enfin à capitaliser autre chose que la seule valeur des usines.
Thèse en 3 points
1. Collatéral tangible. Terrebonne, Great Falls et les équipements industriels donnaient une marge de sécurité que le marché valorisait mal en 2019.
2. Carnet de commandes. Les contrats nord-américains ont rempli les capacités de production, avec un effet direct sur volumes, absorption des coûts fixes et marges.
3. Exécution familiale. Les résultats T1 2023 relèvent l'objectif VANT à 3,90 CAD, après hausse du bénéfice, trésorerie renforcée et carnet de 454 M CAD.
Points de vigilance
ADF reste une petite industrielle cyclique. Le risque porte sur l'acier, les salaires, l'énergie, les créances clients, le besoin en fonds de roulement et la solvabilité. Les droits de douane américains de 2025 ont rappelé que le carnet de commandes peut se contracter vite quand la macro change.
Les résultats T1 2026 affichent un carnet record de 645,8 M CAD, dont 266,5 M CAD liés à Groupe LAR, avec une marge brute de 24,2 %. Cette reprise ne supprime pas le risque d'exécution : elle rend surtout les prochains trimestres dépendants de l'intégration, des marges et des contrats canadiens.
Conclusion
La vente finale à 3,90 CAD se solde par +252,7 % en euros dividendes inclus, soit +238,5 % en CAD. L'objectif de VANT était atteint et la marge de sécurité sur actifs tangibles avait fortement diminué.
La décision était rationnelle : acheter une industrielle oubliée sous ses actifs, laisser le carnet de commandes et l'exécution faire le travail, puis vendre quand le prix rejoint la valeur prudente. Certains actionnaires ont ensuite gagné davantage en conservant, mais ils acceptaient un risque différent : valorisation plus exigeante, cyclicité et exposition aux droits de douane.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : ADF Group, DRX, charpentes métalliques, immobilier industriel, Terrebonne, Great Falls, carnet de commandes, VANT, famille Paschini, Groupe LAR.
- Résumé daté du 14 juillet 2026 -