Aperam (APAM) : achetée sous ses fonds propres, vendue après le retour à la valeur comptable
Synthèse stratégique
Aperam produit des aciers inoxydables, électriques et spéciaux, tout en développant le recyclage des métaux et le biochar. Le 22 avril 2024, l’action intègre le portefeuille à 27,52 EUR. Elle cote alors 0,58 fois ses fonds propres, offre un rendement de 7,3 % et sort de deux exercices marqués par la baisse des volumes et des prix. Le 9 février 2026, les Daubasses vendent à 43,24 EUR, après une progression du cours de 57,1 %. Dividendes compris, le gain atteint +67 % nets de frais en moins d’un an et dix mois.
Parcours de la thèse
L’objectif initial de 42,93 EUR reposait sur deux références prudentes : 0,9 fois les fonds propres et neuf fois le bénéfice moyen de huit exercices. La décote compensait la volatilité de l’acier, tandis que la famille Mittal, détentrice de 37,8 % du capital, partageait directement le sort des minoritaires. Le démarrage fut difficile : Aperam perd 19 M EUR au premier trimestre 2024 et sa dette nette monte à 674 M EUR. Le redressement intervient progressivement. Au quatrième trimestre, l’EBITDA ajusté atteint 116 M EUR et l’EBITDA ajusté progresse de 17 % en 2024.
Thèse en 3 points
1. Une cyclique achetée en bas de cycle. Les résultats dépendent des volumes, des prix de l’acier, de l’énergie, des matières premières et de la valeur des stocks. Plutôt que d’extrapoler un bénéfice déprimé, les Daubasses retiennent les profits moyens de huit années. Cette lecture évite le piège du PER instantané, souvent élevé précisément lorsque la cyclique devient décotée.
2. Une allocation favorable aux actionnaires. Entre 2016 et 2023, Aperam distribue 1,592 milliard d’euros en dividendes et rachats d’actions. Le nombre de titres en circulation recule de 15,3 %, sans empêcher l’acquisition du recycleur ELG ni le renforcement des fonds propres. Le dividende trimestriel de 0,50 EUR est maintenu pendant le creux du cycle, tandis que le plan stratégique améliore les coûts et le mix produit.
3. Deux accélérateurs malgré un cycle médiocre. L’acquisition d’Universal Stainless renforce les alliages spéciaux et l’exposition à l’aéronautique américaine, mais la dette nette atteint 1 235 M EUR au premier trimestre 2025. Aperam réagit par la génération de trésorerie et le désendettement. À l’automne, la Commission européenne dévoile de nouvelles protections pour l’acier, ce qui accélère la hausse du titre avant même une reprise franche de la demande.
Points de vigilance
L’opération Universal accroît le levier au moment où l’Europe traverse une faiblesse prolongée de la demande. En 2025, le bénéfice par action tombe à 0,13 EUR et l’EBITDA ajusté recule à 339 M EUR. La dette nette termine néanmoins l’exercice à 978 M EUR, contre un pic de 1 235 M EUR. La valeur des stocks, les prix européens, les synergies d’Universal et la discipline sur le dividende restaient les principaux risques.
Conclusion
Le 9 février 2026, les 25 actions sont vendues à 43,24 EUR. Aperam cote alors presque exactement ses fonds propres de 43,90 EUR par action et retrouve son multiple comptable moyen des huit années précédentes. Les Daubasses ne misent donc pas sur une nouvelle expansion du multiple : l’écart identifié à l’achat a disparu, l’objectif est dépassé et la ligne est soldée malgré des perspectives industrielles devenues plus favorables.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Aperam, APAM, acier inoxydable, aciers spéciaux, recyclage, famille Mittal, Universal Stainless, dette nette, valeur cyclique, dividende
- Résumé daté du 28 juillet 2026 -