Softimat (SOFT) : de l’immobilier amorti à une sortie en plus-value
Synthèse stratégique
Softimat est une ancienne société informatique belge reconvertie dans l’immobilier. Le 30 juin 2017, les Daubasses achètent Softimat à 2,36 EUR. L’anomalie tient à des immeubles fortement amortis, presque aucune dette financière et des rachats d’actions suivis d’annulations. Le cours reflétait mal ce patrimoine ancien, mais la faible liquidité et une gouvernance très contestable exigeaient un catalyseur.
Les cessions immobilières, puis l’annonce d’un remboursement de capital, ont fait apparaître une partie de la valeur. Les Daubasses ont finalement vendu en juin 2020 avec une belle plus-value, sans attendre l’objectif théorique : l’incertitude managériale et de meilleures occasions justifiaient de tourner la page.
Parcours de la thèse
L’analyse initiale recensait 79 782 m² de terrains et 23 858 m² d’immeubles, acquis pour 19,28 M EUR. Les bâtiments étaient amortis à 54 %. Entre 2012 et 2016, le nombre d’actions avait reculé de 10,1 %, de 6,33 à 5,69 millions. À prix décoté, chaque annulation augmentait donc la part des actifs revenant aux actionnaires restants.
En 2019, la vente luxembourgeoise dégage 11,5 M EUR de plus-value. En janvier 2020, Jumet est cédé 6,8 M EUR, six fois sa valeur comptable. Cette transaction confirme les réserves cachées, mais reste très inférieure aux 15,8 M EUR estimés par l’équipe. L’objectif est aussitôt ramené de 8,29 à 7,02 EUR, preuve qu’une thèse patrimoniale doit s’ajuster aux prix réellement obtenus.
En avril 2020, Softimat prévoit de rendre 2 EUR par action et d’engager 5 M EUR dans un nouveau programme de rachats. Le cours avait alors doublé depuis l’achat. Pourtant, le rapport 2019 révèle aussi une indemnité de départ de 210 000 EUR pour Bernard Lescot, malgré les économies annoncées.
Thèse en 3 points
1. Décote immobilière. L’amortissement comptable masquait une valeur économique supérieure. Les ventes de Capellen et Jumet ont transformé cette réserve latente en plus-values et en trésorerie disponible.
2. Relution organisée. Softimat rachetait ses titres sous la valeur estimée puis les annulait. Le remboursement de capital de 2 EUR par action a ensuite restitué directement une partie du produit des cessions.
3. Discipline de sortie. L’équipe a corrigé sa valorisation après Jumet et n’a pas confondu potentiel résiduel avec obligation de patienter. Les Daubasses cèdent leur position le 5 juin 2020 pour réallouer le capital.
Points de vigilance
Softimat cotait au simple fixing, et son illiquidité compliquait l’achat comme la sortie. La communication tardive et le traitement des minoritaires réduisaient la confiance. En 2022, les frais de personnel atteignaient encore 612 000 EUR pour gérer cinq immeubles. Surtout, Jumet a montré qu’une forte décote comptable ne garantit pas le prix estimé : localisation, vacance et qualité du bâti restent décisives.
Conclusion
Achetée 2,36 EUR en 2017, la position est vendue près de trois ans plus tard en plus-value, après deux cessions majeures et l’annonce du remboursement de 2 EUR. Le succès vient autant des actifs cachés que de la discipline finale : lorsqu’une gouvernance médiocre entretient une décote durable, sécuriser le résultat et déplacer le capital peut valoir davantage que poursuivre le dernier euro d’objectif.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Softimat, SOFT, immobilier belge, foncière décotée, activisme actionnarial, rachats d’actions, réduction de capital, gouvernance
- Résumé daté du 20 juillet 2026 -
Softimat (SOFT) - ex Pépites PEA
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Cours d'achat : 2,36 EUR
Points forts de ce titre :
Immobilier amorti dans les comptes (= passe sous tous les radars)
Pas de dettes financières
La société rachète massivement ses actions sur le marché pour les annuler
Pour aller plus loin, n'hésitez pas à consulter tous les articles liés à l'activisme concernant Softimat sur le blog.
Analyse complète [mai 2017] disponible ici :
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On comprend mieux pourquoi ça traine, car :
1/ rachats massifs sur un plus haut depuis la mise en place des rachats d'actions à 3,79 EUR (le précédent plus haut était de 3,70 EUR par action)
2/ et surtout, cette grosse opération sur un plus haut a eu lieu le lundi 21/10, soit 2 jours seulement avant l'annonce de la vente de l'immeuble au Luxembourg pour 14,5 M EUR avec une plus-value à la clef de 11,5 M EUR !
Coïncidence ?
Pour rappel, le dernier objectif de cours après publication du rapport S1 2019 et qui tient compte de l'immeuble luxembourgeois est de : 8,29 EUR par action.
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Il n'y a vraisemblablement pas eu de rachats en semaines 44 et 45.
Les volumes sont riquiquis et donc symboliques.
Mais on notera qu'on atteint un nouveau record sur le prix à 4,00 EUR.
Le précèdent record était de 3,79 EUR.
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Donc, aucun rachat sur la semaine 48... et seulement 1 action rachetée sur la semaine 49 @ 4,00 EUR !
210 actions rachetées @ 4,00 EUR la semaine dernière (semaine 50). Il faut appuyer sur le champignon Nico (Logé) si tu veux ramasser plus de titres : fais-pas ton radin !
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Article de Challenges : Le Luxembourg n’en finit plus de grandir
En six mois, les Galeries Lafayette, la Fnac et Auchan ont ouvert des magasins dans le grand-duché. Le pays profite d’un boom démographique et du Brexit.
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Pour rappel, cet immeuble logistique "difficile à louer" selon la direction (en AG) était valorisé dans le dernier rapport semestriel arrêté au 30.06.2019 1,1 M EUR.
Après l'immeuble Luxembourgeois (plus-value de 11,5 M EUR), on va encore acter une très belle plus-value de 5,7 M EUR. Wahou !
Il va falloir faire retourner nos moulinettes pour recalculer (à la hausse) notre objectif de cours.
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Le communiqué :
Mais est-ce que ne sont pas les bijoux de famille qui viennent de s'envoler ?
En terme de superficie, nous avions "13.000m² de bureaux, 2.500m² de laboratoires techniques et 6.750m² de stocks". Les ventes représentent 3.650 m² de bureaux pour le Luxembourg. Pour la dernière cession, c'est 6.024 m² de logistique, 2.070 m² de laboratoire informatiques et 3.544 m² de bureaux. Reste donc : 5 806 m² de bureaux, 724 m² de stocks et 430 m² de labo. Le portefeuille immobilier a été bien allégé (plus de la moitié). Gérer le reste va prendre encore moins de temps, espérons que cela se retrouve au niveau dépenses. Peut-être auront-ils également le temps de mettre à jour les propriétés sur le site web (même si ça m'a été fort utile pour retrouver les surfaces
Si les ventes continuent alors Softimat va devenir une coquille vide pleine de cash. A se partager entre actionnaires ?
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Pour rappel, au 30/06/209, il était basé sur :
100 € / m² terrain
1 000 € / m² bâti (bureau / entrepôt / labos / parking intérieur).
+ cash net
+ immeuble en cours de vente
- total passif
Le tout divisé par le nombre d'actions actuel = 4 663 420 actions, suite aux actions rachetées et systématiquement annulées.
Les 205 parkings extérieurs ne sont pas valorisés par prudence.
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Si les estimations semblaient prudentes pour l'immeuble cédé récemment au Luxembourg, cela n'a pas été le cas de l'actif de Jumet.
C'était en surface, le plus gros actif de la société : 41 701 m² de terrain et 11 637 m² de bâti.
Soit, une valeur que nous retenions, selon notre calcul, pour 41 701 x 0,1 + 11 637 x 1 = 15,8 M EUR.
Or, même si la vente a été effectuée à un prix 6x supérieur à la valeur comptable à 6,8 M EUR vs. 1,1 M EUR dans les comptes du premier semestre 2019, c'est moins de la moitié de notre estimé !
Il est vrai que la zone de stockage et la vacance locative du site ont certainement des impacts sur le prix négociable. Également, Jumet est en banlieue de Charleroi, une zone moins attractive que les alentour de Bruxelles. Soit. Prenons-en acte.
La différence entre la valeur que nous avions calculée et la valeur de vente = 15,8 - 6,8 = 9 M EUR. Ce n'est pas rien, et cela impacte directement notre objectif de cours.
Les actifs résiduels non (encore ?) vendus sont situés en banlieue bruxelloises ("Lasne 1,2, 3 et 4"), d'Anvers ("Wilrijk") ou de Liège.
C'est pourquoi nous revoyons pour ces biens le bâti à 1 500 € / m².
Ce qui nous donne, après intégration des ventes des immeubles Luxembourg et à Jumet, une nouvelle valeur cible par action de 7,02 EUR.
- les daubasses
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Florent est un auditeur confirmé et a donc des connaissances techniques précieuses. Voici le message qu'il nous a fait parvenir par mail :
Florent a écrit :
Pour Softimat, si je regarde sur la base des comptes annuels BNB, il reste un solde de perte fiscale de K EUR 7.300 au 31.12.2018. Il faut aussi souligner le timing du management qui n'est pas mauvais car les taux d'impositions sont en baisse en Belgique (qui passent de 34% à 29.58% et qui vont par la suite tendre vers 25%). Compte tenu des plus-values calculées (+/- K EUR 17.200) et en tenant compte d'un impôt de 30% (taux moyen) on a potentiellement un impôt éventuel de KEUR 5.600. Cependant, il est quasi impossible que toutes ces pertes soient utilisées - la réforme de l'impôt en BE impose à présent certaines limites - mais en tout cas une partie de celles-ci serviront à réduire la base imposable.
Ma vision des choses : ces nouvelles donnent de la liquidité et de la visibilité au titre, ils n'ont aucunes raisons d'arrêter leur stratégie puisqu'il vont engranger une quantité importante de titres et ils ont le cash nécessaire pour le faire. Le point d'inflexion sera pour moi le départ de B. Lescot qui aura à cœur d'assurer ses arrières et celui de ses deux filles [note des daubasses : ses héritières, car il a dit en AG vouloir préparer au mieux sa succession et ne veut pas leur céder des titres Softimat !.]
Cela pourrait entraîner la sortie de la cote, la liquidation avec paiement d'un extra-dividend (comme par exemple chez la société SAPEC), etc ... C'est assez difficile de se mettre à leur place mais le prix de 6 EUR minimum cautionné par les daubasses me semble être un bon seuil pour la vente
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Source : Communiqué de presse : ‘Vente de l'immeuble de Capellen (Zonebouse)direction de Softimat a écrit :
Cette opération permettra d'améliorer significativement la trésorerie de SOFTIMAT. Le Conseil d'administration réfléchira dans les prochains mois à la manière la plus judicieuse d'affecter la trésorerie excédentaire du Groupe. Il est toutefois précisé que le Conseil d'administration continuera à affecter une partie de la trésorerie aux programmes de rachat d'actions propres approuvés par l'Assemblée Générale, comme cela a été le cas depuis de nombreuses années.
Pourtant, aucun rachat d'actions en 2020 pour le moment.
Et au regard des sommes en jeu et des limites techniques de la société à racheter des titres sur le marché à bon prix (il n'y a tout simplement plus de vendeurs...), il devrait se passer quelque chose avec ce cash à moyen terme...
Une perspective qui pourrait être intéressante et dans la continuité du rachat des actions propres : il faut savoir qu'un nouveau "Code des Sociétés et des Associations" entre en vigueur en Belgique à partir du 1/1/2020. Auparavant, les rachats d'actions propres étaient limités à 20% du capital. Le nouveau Code abroge cette règle de sorte que l'on pourrait imaginer le rachat par la société des actions détenues par Bernard Lescot (il détient +/- 27% d'après le site de la société). Je crois que globalement cela pourrait représenter une belle operation pour la société : sur les 20 premiers pourcents il n'y a pas de précompte à payer et sur les 7% complémentaire un précompte de 30% (le rachat d'actions propres est assimilé à une distribution de dividende). De quoi offrir la liquidité recherchée par Bernard Lescot, tout en servant les actionnaires restants (N. Logé et .... nous) ?
Affaire à suivre donc !
Bonne soirée !
- les daubasses
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Messages bienvenus ici Florent.
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La société precise cependant bien qu'elle continue(ra) d'affecter une partie de la trésorerie au rachat d'actions propres
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Cela fait des semaines qu'elle nous dit qu'elle va continuer à racheter des titres... et qu'elle ne le fait pas.
Dernière annonce de rachat le 20 décembre 2019.
Est-ce qu'on garde le cash pour racheter le gros paquet de B.Lescot en une foisles daubasses a écrit : ↑19 mars 2020, 15:01Merci pour l'info Kaijo.
Cela fait des semaines qu'elle nous dit qu'elle va continuer à racheter des titres... et qu'elle ne le fait pas.
Dernière annonce de rachat le 20 décembre 2019.![]()
- les daubasses
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Ou carrément un retrait de la cote avec une prime sur le faible cours actuel ? Pour ensuite récupérer en dehors de la bourse le fruit des cessions pour plus de 5 EUR par action ?
Ce ne serait pas la première fois qu'on essaie de nous bananer via les communiqués...
On peut citer notamment le cas récent de la société Sapec qui, avant d'organiser son retrait de la cote, a payer un supra-dividend à l'ensemble des actionnaires. Le retrait de la cote peut prendre du temps et est également couteux. Les actionnaires (surtout lorsqu'ils sont majoritaires) préfèrent parfois percevoir déjà une "avance" avant d'entamer le processus de suppression definitive de la bourse (la taxation n'est pas plus avantageuse une fois que la société est devenue "privée"). Cela permet également de récompenser les actionnaires fidèles même si ce n'est probablement jamais le premier but en soi.
A voir ce que le duo de choc nous réservera ....
- les daubasses
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Comment peut on être sur que les actions rachetées sont bien annulées ?
Merci d'avance !
Que les actions soient annulées ou bien restent en autocontrôle, il me semble que cela revient exactement au même du point de vue de l'actionnaire individuel.
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