Gévelot (ALGEV) : sept ans de décote, puis une sortie disciplinée
Synthèse stratégique
Gévelot est une holding familiale française dont la filiale PCM conçoit des pompes et des technologies des fluides pour l'énergie, l'industrie et l'agroalimentaire. Le 30 juin 2017, l'action intègre le portefeuille à 187,15 EUR. Le cours reflète alors moins que la trésorerie nette, tandis que l'activité industrielle rentable est peu valorisée. L'absence d'analystes, la cotation au double fixing et la faible liquidité entretiennent cette anomalie.
Le 16 octobre 2024, les six actions sont vendues à 199 EUR. Le cours n'a progressé que de 6,3 %, mais 19,20 EUR de dividendes par action portent le gain réalisé à +16,2 % après sept ans et quatre mois. La sortie ne sanctionne pas le bilan : elle répond à la baisse du potentiel, à la fin d'une redevance importante et à une allocation du capital devenue moins convaincante.
Parcours de la thèse
En 2019, Gévelot dispose de 155,4 M EUR de trésorerie nette, soit 201,89 EUR par action, pour un cours inférieur. Même la crise de 2020 entame peu ce matelas. L'activité des pompes repart ensuite avec le cycle pétrolier nord-américain. En 2022, la trésorerie atteint encore environ 150 M EUR nets, mais la direction envisage immobilier parisien et produits structurés plutôt qu'une distribution exceptionnelle.
L'exercice 2023 marque le sommet opérationnel : le résultat opérationnel courant atteint 14,7 M EUR et le résultat net 13,3 M EUR. La trésorerie nette reste élevée à 119,3 M EUR. Pourtant, une redevance annuelle de 5,4 M EUR issue de l'ancienne cession de Kudu doit disparaître en juin 2024.
Au premier semestre 2024, le chiffre d'affaires recule de 8,9 % et le résultat opérationnel courant de 43 %. La dernière redevance représente encore 2,7 M EUR. L'objectif est ramené de 279 à 222 EUR et le potentiel à 12 %. Les Daubasses vendent alors leurs six actions à 199 EUR.
Thèse en 3 points
1. Décote patrimoniale. Pendant plusieurs années, la trésorerie nette couvre presque toute la capitalisation. Cette réserve permet à PCM de traverser les creux pétroliers sans dépendre du financement bancaire.
2. Relution réelle. Gévelot rachète puis annule des actions lorsque le cours demeure décoté. Le nombre de titres passe de 769 500 en 2019 à 752 074 en 2023, augmentant la part économique des actionnaires restants.
3. Limite du cash dormant. Une forte trésorerie ne suffit pas si elle reste durablement inutilisée ou finance des placements obligataires dépréciés et des bureaux ensuite dévalorisés. La qualité de l'allocation détermine la valeur réellement accessible au minoritaire.
Points de vigilance
La famille contrôle plus des deux tiers du capital et les engagements de conservation réduisent la probabilité d'une offre rapide. Les rachats accroissent la valeur par action, mais diminuent encore un flottant déjà étroit. PCM reste sensible aux dépenses pétrolières, aux devises, au mix produits et aux tensions logistiques. Enfin, la fin de la redevance Kudu retire un flux sans rapport avec l'activité industrielle courante.
Conclusion
La vente à 199 EUR a précédé l'effondrement du résultat opérationnel courant à 2,7 M EUR en 2024. En 2025, le résultat opérationnel courant remonte à 6,7 M EUR, mais le bénéfice net reste limité à 3,4 M EUR et le cours atteint 174 EUR en avril 2026. La trésorerie de 111,9 M EUR demeure solide ; marges industrielles, allocation du cash et exposition au Moyen-Orient détermineront désormais sa valeur.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Gévelot, ALGEV, PCM, pompes industrielles, pétrole, trésorerie nette, décote patrimoniale, rachats d'actions, allocation du capital, France
- Résumé daté du 23 juillet 2026 -
Gévelot (ALGEV) - ex Pépites PEA
Bonjour à tous,
Comme souvent, nos hôtes ont vu juste en sortant de ce dossier à 199 € lorsque c'était le moment. Gévelot a publié ses résultats annuels vendredi dernier et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas fameux :
L'activité recule de 9 % sur fond de baisse du prix du pétrole, de tensions entre le Canada et les USA et de contexte géopolitique compliqué.
Le ROC s'effondre : - 82 % à 2,7 M€. La baisse de l'activité, la sous-utilisation des capacités de production et la fin des redevances facturées à Schlumberger pèsent lourd.
Le RNC, part du groupe, ne fait pas beaucoup mieux : - 75 % à 3,3 M€.
Même les données bilantielles se dégradent, avec une trésorerie nette qui recule de 8 % à 109 M€.
En prenant en comptes ces infos et le cours au moment où j'écris ce post (180 €), je calcule les ratios suivant : PER = 41 ; VE / ROC = 9,6.
On n'est plus vraiment dans le monde de la value ici. L'allocation d'actifs des dernières années est TRES décevante. Les perspectives sont médiocres. Bon courage à ceux qui restent actionnaires.
Le communiqué est joint.
Snowball
- Pièces jointes
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- Gevelot Resultats 2024.pdf
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Pour ceux qui comme moi restent actionnaires, on peut se rassurer en se rappelant que (Tréso nette + immeuble de placement) = 90% de la capitalisation.
J'ajoute, qu'il sera proposé à l’Assemblée Générale Ordinaire des Actionnaires, qui se réunira le jeudi 12 juin 2025, la distribution d’un dividende de 5,00 € par action soit un rendement de 2,8%.
Je continue à patienter!
(Boursier.com) — Le Conseil d'Administration de Gevelot, réuni le 9 avril 2026, a arrêté les Comptes sociaux conformément aux règles et principes comptables français ainsi que les Comptes consolidés de l'exercice 2025 établis selon les Normes Comptables Internationales IFRS, après avoir obtenu confirmation des Commissaires aux Comptes que les procédures d'audit ont été effectuées et que les Rapports de certification sont en cours d'émission.
Le Chiffre d'affaires consolidé de l'exercice 2025 s'établit à 156,3 M€. Il est principalement porté par le secteur Pompes, l'autre activité relevant de l'immobilier au niveau de la holding. Il est en progression de 13,2% (+16,9% à taux de change constant). Cette croissance est observée dans l'ensemble des activités, avec une dynamique particulièrement soutenue en Amérique et au Moyen-Orient. Le Résultat opérationnel courant consolidé du Groupe atteint 6,7 M€, en progression par rapport à 2,7 M€ en 2024, soit une augmentation de 4 M€.
La contribution du secteur Pompes s'élève à 7,7 M€, contre 4,1 M€ l'an passé. À titre de comparaison, le Résultat 2024 incluait 2,6 M€ de redevances exceptionnelles liées à un contrat de licence arrivé à échéance ; retraité de cet élément non récurrent, l'amélioration opérationnelle s'élève à 6,2 M€.
Dans l'ensemble, la rentabilité du Groupe est en amélioration sur l'exercice, bien qu'elle demeure affectée par certains facteurs défavorables. Ces derniers tiennent notamment à la présence de projets à plus faible marge, à une évolution moins favorable de la composition des ventes, ainsi qu'à la constatation de dépréciations de stocks. La performance reste également impactée par une absorption encore incomplète de certains coûts fixes, en cours de normalisation.
La contribution de l'activité opérationnelle de la holding Gevelot SA reste négative à -1,0 M€, en amélioration par rapport à -1,3 M€ l'an passé. L'EBITDA est également en progression, reflétant une amélioration de la performance opérationnelle.
Le Résultat opérationnel s'établit à 6,4 M€ contre 2,3 M€ en 2024, en augmentation de 4,1 M€. Le Résultat financier ressort à 0,1 M€, contre 3 M€ en 2024. Cette baisse résulte principalement d'une dégradation liée aux effets négatifs des variations de change d'environ 2,4 M€, ainsi que d'une diminution des produits de trésorerie d'environ 1,0 M€.
Comme observé au premier semestre, le Groupe a été exposé à une volatilité significative des devises liées à ses activités opérationnelles. Si la configuration des parités a évolué au second semestre avec notamment une normalisation du Dollar américain par rapport aux niveaux observés à mi-année l'effet global demeure défavorable sur l'exercice, sous l'impact de la dépréciation de plusieurs devises d'exploitation, en particulier en Asie centrale et en Océanie.
Par ailleurs, cette évolution intègre un effet défavorable lié à des éléments non récurrents enregistrés l'an passé, notamment en matière de produits de trésorerie. Elle ne remet pas en cause néanmoins la qualité globale du rendement des placements.
La Trésorerie de la holding demeure principalement investie en instruments à taux fixe de maturité moyenne, permettant de sécuriser un rendement régulier des excédents disponibles. Cette stratégie continue de soutenir les revenus financiers dans un environnement de normalisation des taux. Ces effets sont partiellement compensés par une progression des autres produits financiers à hauteur de 0,6 M€. En 2025, la charge nette d'impôts consolidée s'établit à 2,2 M€ contre 1,5 M€ en 2024. Le Résultat net de l'ensemble consolidé 2025 s'établit bénéficiaire à 3,4 M€, contre 3,8 M€ positif en 2024.
La Structure financière nette consolidée demeure solide et ressort à 111,9 M€ au 31 décembre 2025, contre 109,2 M€ au 31 décembre 2024. Cette progression de 2,7 M€ reflète une augmentation de la trésorerie globale et intègre notamment la contribution de l'activité Pompes à la génération de trésorerie du Groupe.
Perspectives:
La récente volatilité des marchés financiers, conjuguée aux effets des guerres au Proche et Moyen-Orient génèrent un environnement opérationnel très incertain. Ces conflits ont déjà entraîné une dégradation significative des conditions logistiques dans la région, avec des répercussions qui s'étendent progressivement à l'échelle mondiale. Elles se traduisent par une hausse marquée des coûts de transport et d'assurance, liée notamment à l'application de surcharges exceptionnelles ainsi qu'à un renchérissement et une restriction des couvertures assurantielles. Par ailleurs, certaines capacités de transport sont réduites, voire ponctuellement suspendues, entraînant des retards et des surcoûts significatifs, ainsi que des difficultés accrues pour desservir certaines zones géographiques.
En parallèle, un accroissement progressif de ces perturbations à l'ensemble des flux logistiques mondiaux est anticipé, en particulier sur les chaînes d'approvisionnement en matières premières et composants, notamment en provenance d'Asie.
À ce stade, le groupe ne dispose pas d'une visibilité suffisante à moyen terme quant aux éventuelles ruptures d'approvisionnement ou à la continuité des opérations dans certaines zones, en particulier au Moyen-Orient. En cas d'aggravation de la situation, de l'ordre de 10% du Chiffre d'affaires du Groupe pourrait être exposé, au-delà des opportunités en cours, ce qui serait susceptible d'affecter éventuellement les perspectives de croissance et la rentabilité pour l'année en cours. Néanmoins aucune dégradation significative de la situation n'est toutefois constatée sur le premier trimestre 2026.
Dans ce contexte, le groupe maintient une approche prudente et reste pleinement mobilisé afin d'adapter ses opérations, limiter ces impacts potentiels sur son activité et poursuivre l'exécution de sa stratégie pour les années à venir.
Il sera proposé à l'Assemblée Générale Mixte des Actionnaires, qui se réunira le jeudi 11 juin 2026, la distribution d'un dividende de 5 € par action.
https://www.boursier.com/actions/actual ... 82777.html