Haulotte Group (PIG) : le fabricant de nacelles acheté en crise, vendu quatre ans plus tard à -19 %
Synthèse stratégique
Haulotte Group est un fabricant français de nacelles élévatrices acheté pendant la panique de 2020, puis vendu quatre ans et neuf mois plus tard avec -19 % dividendes inclus. Cette perte raconte le dossier mieux qu'une simple décote : le retour des volumes n'a pas suffi à restaurer durablement les marges, les fonds propres et le bilan.
L'achat initial à 4,00 EUR intervient le 15 avril 2020, en pleine panique Covid. Les arguments publiés sont clairs : acteur important de son secteur, gamme renouvelée et achats récents de la famille Saubot aux commandes via Solem.
Parcours de la thèse
La première phase valide partiellement l'idée : le marché des nacelles repart, le chiffre d'affaires remonte et Haulotte publie des exercices moins dégradés après 2020. Mais la crise ne disparaît pas vraiment ; elle change de forme avec l'inflation des composants, du transport et de l'énergie.
En 2023, le chiffre d'affaires record ne produit presque pas de bénéfice : les résultats 2023 affichent 767 M EUR de chiffre d'affaires, mais seulement 0,2 M EUR de bénéfice net part du groupe, avec 240 M EUR de dette nette et des ratios bancaires non respectés au 31 décembre.
Thèse en 3 points
1. Décote cyclique réelle. Haulotte cotait très bas par rapport à ses actifs et à son historique, mais cette décote dépendait d'un retour durable des marges.
2. Alignement familial visible. Les achats de Solem et d'Alexandre Saubot renforcent le signal d'alignement, mais ils ne compensent pas seuls une dette élevée et des marges insuffisantes.
3. Dette devenue dominante. En 2022, l'objectif est ramené à 6,87 EUR alors que la dette nette atteint 190 M EUR et que la dette à taux variable devient un sujet de risque.
Points de vigilance
Haulotte dépend du cycle des loueurs, du logement, des chantiers, de la Chine, des taux, des matières premières, du dollar, du stock et de la concurrence chinoise. Le groupe peut redevenir rentable en reprise, mais l'endettement réduit la marge d'erreur pour l'actionnaire minoritaire.
Conclusion
La vente des 125 actions à 2,82 EUR solde la position après 4 ans et 9 mois, avec une perte de -19 % dividendes inclus. Le choix est discipliné : sortir malgré une valorisation encore basse, parce que les fonds propres ont reculé, la dette s'est alourdie et les promesses de redressement ont trop souvent déçu.
Après la sortie, les résultats 2025 font ressortir 512 M EUR de chiffre d'affaires, un résultat opérationnel courant négatif et une perte nette de 39 M EUR. Pour que Haulotte redevienne investissable, il faudra d'abord une reprise des volumes, une marge redevenue positive et une dette compatible avec un bas de cycle.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Haulotte Group, PIG, nacelles élévatrices, Solem, famille Saubot, dette nette, industrie cyclique, fonds propres, BFR, Manitou.
- Résumé daté du 14 juillet 2026 -