Maurel & Prom (MAU) : achetée près de 2 EUR, vendue à 4,99 EUR avec +150 %
Synthèse stratégique
Maurel & Prom est un producteur pétrolier et gazier acheté près de 2 EUR en juin 2021, puis vendu à 4,99 EUR en septembre 2022 avec +150 % hors dividende. L'écart entre le prix du Brent, les coûts fixes et un bilan encore endetté créait le levier recherché.
L'analyse initiale retient un point mort de trésorerie inférieur à 30 USD avant dette. Quand le baril remonte, les flux accélèrent plus vite que le chiffre d'affaires. En contrepartie, Gabon, Tanzanie, Venezuela, réserves, quotas et fiscalité locale peuvent déplacer brutalement la valeur.
Parcours de la thèse
La vente du solde à 4,99 EUR intervient dès septembre 2022 et acte un parcours de +150 % hors dividende depuis juin 2021. La décision ne relève pas seulement d'une prise de gain : le risque de récession et la hausse des taux rendaient le couple risque/rendement moins favorable.
La suite montre pourquoi la sortie n'était pas absurde. L'épisode Assala, le coup d'Etat au Gabon et les à-coups vénézuéliens rappellent que les actifs ne se valorisent pas dans le vide : permis, Etats et licences peuvent déplacer la valeur d'un trimestre à l'autre.
La société retrouve ensuite des relais : Colombie, Venezuela et réallocation du bilan. La cession de Seplat pour 496 M USD finance Sinu-9 et réduit la dépendance à une participation minoritaire moins contrôlée.
Thèse en 3 points
1. Levier sur le Brent. La thèse initiale repose sur un point mort abaissé et une forte sensibilité des flux au prix du baril.
2. Bilan redevenu offensif. Le désendettement, les dividendes et les cessions donnent au groupe plus de flexibilité pour financer la Colombie et l'exploration.
3. Option Venezuela. La licence OFAC 50A remet les opérations vénézuéliennes dans le périmètre exploitable, mais la valeur reste politique avant d'être seulement pétrolière.
Points de vigilance
Maurel & Prom reste exposé au Brent, aux quotas, aux incidents de production, aux permis et aux fiscalités locales. Le titre peut amplifier le baril à la hausse comme à la baisse.
L'AG 2026 rappelle Pertamina à environ 71 % du capital et un conseil dominé par l'actionnaire indonésien. Ce contrôle peut sécuriser du financement, mais il laisse les minoritaires dépendants des choix stratégiques de PIEP/Pertamina.
Conclusion
L'équipe a vendu à 4,99 EUR pour un gain de +150 % hors dividende. MAU peut redevenir intéressante si le Brent, le bilan, Sinu-9 et le Venezuela recréent une marge de sécurité suffisante.
MAU n'est pas une exposition tranquille au pétrole. C'est un producteur à levier, contrôlé, géopolitiquement chargé, capable de créer beaucoup de valeur quand le cycle aide et de la perdre vite quand les licences ou le baril se retournent.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Maurel & Prom, MAU, pétrole, Brent, Gabon, Venezuela, Seplat, Sinu-9, Pertamina, OFAC
- Résumé daté du 14 juillet 2026 -
Maurel & Prom (MAU)
- DIvidende proposé à 0,38 eur soit environ 4% au cours actuel. ( Pas de surpise, la société garde de la flexibilité pour des acquisitions, croissance organique , etc...)
- Age max du DG repoussé à 75 ans, ils veulent probablement sécuriser la continuité d’olivier de Langavant.
- Prêt actionnaire avec PIEP de 42 M$ au taux SOFR + 2,1 %.
- Coté gouvernance, 3 admins dont le président lié à PIEP/Pertamina. Conseil que je trouve techniquement solide, très pétrole & gaz et Afrique/Asie, mais clairement dominé par Pertamina
Rappel : Pertamina ( Total énergie d'état indonésien ) détient a environ 71% de Mau. Une opération capitaliste est très peu probable, l'intêret de pour Pertamina est d'avoir une société qui garde un certaine indépandance. M&P sait opérer en Afrique, en Amérique latine, avec des équipes, des permis, des relations locales, une culture E&P indépendante, etc...
Cédric
Maurel & Prom (M&P) MAUP.PA a fait état mardi d'une production en légère hausse au premier semestre, tandis que le chiffre d'affaires du groupe a bondi de 27% par rapport au semestre précédent.
L'opérateur pétrolier français a indiqué que sa production totale s'établissait à 37.890 bep/j, contre 37.637 bep/j un an plus tôt, soit une hausse de 1% en glissement annuel.
Le chiffre d'affaires consolidé est ressorti à 366 millions d'euros au premier semestre, contre 289 millions d'euros un an plus tôt.
M&P a par ailleurs déclaré avoir signé en juillet un accord pour le refinancement de la dette bancaire pour un montant de 465 millions d'euros signé en juillet 2026, en vue d'une finalisation au quatrième trimestre 2026.