Dillard’s (DDS) : immobilier caché, rachats massifs et vente à 170 USD
Synthèse stratégique
Dillard’s exploite des grands magasins américains sous contrôle familial. La société restait rentable dans un secteur délaissé, détenait la majorité de ses murs et réduisait continuellement son capital. Dillard’s entre au portefeuille à 71,20 USD en octobre 2018, puis la ligne est renforcée à 61,50 USD le 15 novembre. Le coût historique de l’immobilier représentait 128 USD par action. Actifs amortis, bénéfices récurrents et rachats distinguaient Dillard’s des distributeurs surendettés dont les murs ne compensaient plus les pertes.
Parcours de la thèse
La pandémie transforme le dossier en test de survie. Le cours tombe à 32 USD en avril 2020, contre plus de 70 USD lors de l’achat. Dillard’s dispose de 227,1 M USD de trésorerie face à 365,7 M USD d’obligations sans covenant, plus 200 M USD de dette subordonnée aux intérêts reportables. Une ligne de crédit de 800 M USD est renouvelée et 90 % des murs commerciaux restent détenus directement.
Le premier trimestre 2020 produit 162 M USD de perte et 47 % de baisse des ventes. La direction réduit salaires, stocks et frais. Le deuxième trimestre limite la perte à 8,6 M USD, contre 40,7 M USD un an plus tôt, malgré des ventes en recul de 36 %. Dillard’s rachète 600 000 actions sous 24 USD. Au trimestre suivant, le bénéfice atteint 31,9 M USD et 600 000 titres sont acquis autour de 32,50 USD.
Thèse en 3 points
1. Immobilier sous-estimé. En 2020, la valeur d’acquisition des magasins, terrains et sites logistiques atteint 135,04 USD par action. Après dette nette, elle ressort à 113,78 USD. Une grande partie du parc, acquise avant 1996, était déjà fortement amortie.
2. Cannibale disciplinée. Le nombre d’actions passe de 73,8 millions en 2010 à 24,6 millions en 2020. Même pendant la crise, les rachats se poursuivent à prix décoté, augmentant la part économique des actionnaires restants sans acquisition hasardeuse.
3. Redressement opérationnel. Au premier trimestre 2021, les ventes progressent de 73 %, le bénéfice atteint 158,2 M USD et la trésorerie 616 M USD. Dillard’s retrouve une position de trésorerie nette et lance ensuite un programme de rachats de 500 M USD.
Points de vigilance
L’immobilier commercial reste difficile à vendre pendant une crise et ne remplace pas les flux d’exploitation. Le commerce physique subit e-commerce, cyclicité et fermetures sanitaires. Les rachats soutiennent la valeur par action, mais réduisent la solvabilité lorsqu’ils sont excessifs. Les actions B verrouillent aussi le conseil au profit de la famille. Enfin, le short interest pouvait accélérer la hausse, jamais garantir le redressement.
Conclusion
Après le retour des bénéfices et un objectif relevé à 169,70 USD, les Daubasses vendent toute leur position à 170 USD le 3 juin 2021. La performance nette de frais, dividendes compris, atteint +153,4 % en USD et +137,2 % en EUR sur deux ans et huit mois. Le cours dépassera ensuite 400 USD, sans invalider la discipline : acheter sous la valeur, contrôler le risque financier, puis vendre à l’objectif.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Dillard’s, DDS, grands magasins, immobilier caché, rachats d’actions, Covid-19, short squeeze, États-Unis
- Résumé daté du 20 juillet 2026 -
Dillard's Inc (DDS) - ex daubasse
On est vraiment sur du velours. La valeur de l'action est très intéressante, mais le marché joue au yo yo et donc les allers retours sont la meilleure tactique.
Aujourd'hui elle devrait encore chuter et vers 55 je me renforce de 50 actions ( déjà 50 en portefeuille)
Si elle continue à descendre ( soit vers 50), je me renforcerai encore plus lourdement
Daniel
Le point bas historique doit être 49
Daniel
Historiquement le titre s'est déjà échangé à des niveaux bien inférieurs.
Yahoo a un historique de DDS sur 40 ans (corrigé des splits), le point bas est autour de 0.50 USD, on en est loin.
https://finance.yahoo.com/chart/DDS
(renforcement perso de DDS à 56.09 USD)
IB = https://ibkr.com/referral/stephane602
BourseDirect = 2019582935
Fortuneo = 13189229
- les daubasses
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Deux points marquants selon nous à mettre en avant suite à cette publication annuelle :
1) Inexorablement, la famille Dillard aux commandes continue de racheter des actions sur le marché pour les annuler. Ce sont 2,2 millions d'actions qui ont été rachetées sur l'exercice. Et après la clôture de l'exercice, la société de signaler qu'elle a racheté 800 000 actions entre le 2 février et le 24 février 2020. Il reste 215,9 M USD dans le programme de rachat d'actions.
Quand on regarde le tableau de flux de trésorerie, la stratégie qui consiste à racheter un maximum d'actions (et non de distribuer un dividende) pour créer de la valeur actionnariale à long terme est flagrante.
Le cashflow opérationnel 2019 atteinte 365 M USD. 68 M USD on été consacrés aux investissements ; 11,5 M USD pour les dividendes et 131 M USD pour les rachats d'actions. Le solde est allé grossir la trésorerie.
=> d'ici quelques années, les daubasses (et certains abonnés ?) seront les derniers actionnaires aux côtés des Dillards !
2) Une petite note est peut-être passée inaperçue, mais pour nous elle est importante.
Le management a annoncé l'ouverture sur 2020 de 2 nouveaux magasins. Déjà, c'est une bonne nouvelle : la société n'est pas en phase de réduction du nombre de ses enseignes. Et plus précisément, le communiqué d'indiquer que ces ouvertures seront réalisées dans les locaux d'anciens concurrents qui ont fermé la boutique. Dillard's semble profiter des difficultés de ses pairs. Et on peut imaginer que les loyers ne vont pas être excessifs si la concurrence s'est déjà cassée les dents aux mêmes emplacements...
Tout bon pour notre vendeur de chaussettes américain !
Nous attendons la publication du rapport annuel complet pour calculer notre nouvel objectif de cours.
Pour information, Dillard's semble être l'un des seuls grands retailers US a avoir fait le choix de rester ouvert, au niveau national et hors mesures de confinement locales, en cette période de COVID-19 (à tord ou à raison?).
CNBC a publié un article intéressant à ce sujet : https://www.cnbc.com/2020/03/24/this-de ... lainternal
Les concurrents directs Macy's, JC Penney, Nordstrom et Kohl's ont pris le parti de fermer toutes leurs enseignes (report de consommation chez Dillard's pour les clients les plus téméraires?).
Derrière le débat éthique et sanitaire de ce maintien d'activité (appels au boycott de Dillard's sur les réseaux sociaux notamment), cette politique volontariste aura le mérite de creuser l'écart sur la santé financière de Dillard's vis-à-vis de ses concurrents qui, eux, sont beaucoup plus endettés et/ou non-propriétaires de murs et vont devoir continuer de payer des loyers et salaires:
Bien sûr, il est trop tôt pour tirer des conclusions, alors que les US subissent de plein fouet la hausse de la pandémie...[...] many retailers, like Nordstrom, have vowed to still pay workers for a period of time as their stores are shut. Some companies are in a more financially sound position to make these calls than others. For some, the expenses, coupled with lost revenue, will become too much.
Macy’s, Kohl’s and Nordstrom have all drawn down their revolving credit facilities this month, looking for liquidity in a pinch.
- les daubasses
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Il faudra voir si les ouvertures se maintiennent avec une propagation du virus et sous la pression de l'opinion publique...
En tout cas, belle preuve de pragmatisme de la direction face aux événements actuels. La société devrait prendre des parts de marché durable si les enseignes Dillard's restent les seules ouvertes, en plus de ne pas dégrader autant son bilan que ses concurrents !
à la lecture de ce fil je suis allé consulté la côte, elle a chuté à 38.97 USD.
- les daubasses
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Quel est l'intérêt de votre message pour la communauté ?
Nous serions plus intéressés de savoir ce que vous pensez du cours actuel : opportunité ? Oui, non ? Et pourquoi, avec des chiffres à l'appui ?
N'oubliez pas que chaque message créé = des centaines de mails envoyés aux abonnés (il y a 800 utilisateurs désormais sur le forum).
- les daubasses
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Il y a 10 ans, le capital était composé de 73,8 millions d'actions.
Aujourd'hui, le capital est composé de 24,6 millions d'actions. On a donc 3x moins d'actions suite aux rachats d'actions systématiques au fil des ans pour annulation !
Clairement, l'épidémie virale actuelle, le confinement et la concurrence du e-commerce sont des vents contraires forts. Le marché commence à douter de plus en plus de la pérennité de la société. Il a raison. Les incertitudes sont élevées. Et dans le doute, les investisseurs vendent. C'est tout à fait logique.
On est dans une situation "faillite ou x10", un peu à la [masqué] (également en portefeuille) et comme discuté ici : [masqué] : x10 ou faillite.
Le genre de paris asymétriques potentiellement intéressants... seulement à petites doses au sein d'un portefeuille diversifié.
Bonjour Les DAUBASSES, à titre informatif, quand par le passé vous aviez ce genre de situation, quel est le ratio Faillite / x10 ???
Merci de votre retour.
- les daubasses
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Il faut regarder la solvabilité de la société, son marché, ses actifs, ...
Le contexte actuel est vraiment particulier. Inédit. Tout est possible !
Le message se voulait surtout être un message de prudence : le prix est faible, certes, mais les risques importants !
Nous sommes convaincus que Dillard's est un des retailers US les mieux gérés dans son secteur, mais s'il y a un cataclysme, rien ne pourra les sauver...
"Fitch also cut on Wednesday the IDRs of Dillard’s Inc. DDS, -24.38% two notches to BB from BBB-"
C'est tout le secteur qui a été passé a la moulinette.
Source : https://www.marketwatch.com/story/meet- ... mod=retail
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FrancoisLyon
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Pour rappel le plus bas en 2007 à 4 euros. En gardant en tête le nombre d'actions différents comme mentionné par l'équipe et avec des ventes de 7,6 B$ en 2007 contre 6,3 B$ en 2019.
Pour être "fair", En 2015 le cours est monté à 140 euros .... ça fait un ratio de 35 entre le plus haut et le plus bas pour un "vendeur de chaussettes". Une petite démonstration du manque de rationalité des marchés car j'ai du mal à voir la "vraie" valeur DDS varier dans ces proportions ...
Donc 27.75, c'est bas et l'histoire montre que cela peut aller encore plus bas (du moins temporairement).
Par contre autant je perçoit le risque sur CIVEO, car structurellement ont peut être inquiet à partir du moment où une société est obligée de vendre sa production moins chère que son coût d'extraction autant sur DDS qui à une activité de vente au détail j'ai plus de mal. C'est la dette avec le ratio daubasse à 42% qui vous inquiète ?
merci par avance pour votre réponse
- les daubasses
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En face 365,7 M USD de dettes à échéances de 2022 à 2028. Le taux est compris entre 7% et 7,5%.
Il n'y a aucun covenant bancaire sur ces dettes. Ce qui signifie qu'aucun ratio financier ne doit forcément être respecté pour demander un remboursement anticipé.
Il y a également une dette subordonnée ("Subordinated Debentures") d'un montant de 200 M USD portée par Dillard's Capital Trust I (DDT) à échéance 2038. Taux d'intérêts = 7,5% et les intérêts doivent être payés tous les trimestres.
A noter que DDT est une filiale financière à 100% non consolidée (!) de Dillard's et que Dillard's peut reporter à n'importe quel moment le paiement des intérêts pour une période maximale de 20 trimestres consécutifs, soit 5 ans. (= "The Company has the right to defer the payment of interest on the subordinated debentures at any time for a period not to exceed 20 consecutive quarters").
DDT a un nominal de 25 USD (prix de remboursement à échéance). Les actions préférentielles du trust sont cotées et valent en ce moment 16,50 USD (source).
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Notre avis :
A chacun de faire ses calculs et de prendre la mesure des risques. Il y a d'un côté le financier et de l'autre l'opérationnel.
Sans activité, les dettes (qui nous semble à un niveau acceptable) ne pourront pas être remboursées.
Il nous semble que bon nombre de concurrents ont moins de cash et moins de souplesses dans le paiement des échéances. Cela ne garantit en rien la survie de Dillard's, mais s'il y a des morts dans le secteur, Dillard's ne devrait pas être la première à tomber sur le champs de bataille.
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François L
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Je vais me faire l'avocat du diable sur ce point. Il est en effet possible qu'il y ait des banqueroutes dans le secteur. Mais si je comprends bien, cela ne signifie pas que les entreprise en banqueroutes disparaîtront. Il est possible que les créancier récupèrent l'équity et que les précédents actionnaires perdent tout. Cependant, je cela voudrait dire que ces entreprises ressortiraient avec beaucoup moins de dettes et donc plus fortes financièrement que Dillard's qui aurait toujours ces dettes. Bien entendu, il est impossible de savoir ce qui va se passer, mais est-ce que mon raisonnement se tient ?les daubasses a écrit : ↑02 avril 2020, 08:39Il nous semble que bon nombre de concurrents ont moins de cash et moins de souplesses dans le paiement des échéances. Cela ne garantit en rien la survie de Dillard's, mais s'il y a des morts dans le secteur, Dillard's ne devrait pas être la première à tomber sur le champs de bataille.
oui, le raisonnement est valable, mais comme vous le dites, si les créanciers récupèrent l'equity, que reste-t-il aux actionnaires ? Votre remarque vous donne-t-elle envie d'acheter des titres ?
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François L
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Pour ma part, je ne suis pas sur Dillard's depuis avant la crise et je ne comptais pas nécessairement en acheter de nouveau.
Je ne comprends pas bien pourquoi vous comparez DDS à Civeo. La santé financière de ces 2 sociétés n'a rien à voir...
DDS a une Dette nette yc dette subordonnée d'environ 300M€ et un EBITDA sur le dernier exercice de 360M€ environ et environ 100M€/an dc un FCF solide. A la grosse la boite est aujourdhui valorisé 2,5X L'EBITDA 2019 et 5X si l'EBITDA est divisé par 2 cette année.
Je comprends que le Covid passe par là... et que l'exercice qui vient de débuter va être compliqué mais bon pas de quoi s'inquiéter pour une boite historiquement rentable et avec une excellente liquidité. Et qui a par ailleurs 3,2Md$ de collateral imobilier!
Donc on est clairement pas dans un scenario faillite ou x10
PS: actionnaire de DDS à 45$/31$ et encore un peu si ça continue à baisser!
Certes, mais dans une crise de liquidité où tous les concurrents seront aux abois, qui va va acheter des murs commerciaux ? En ce moment ce n'est pas tant la valeur de ses murs qui protège DDS, mais plutôt l'absence de trésorerie à sortir pour les loyers. Un bel bien avantage par les temps qui courent.
Mais qu'est ce qui a changé entre avant cette dégradation et après concrètement pour la société ? N'est-on pas là en train de modifier notre avis sur le titre sur des critères subjectifs alors que nous sommes censés prôner une approche objective ?
Le secteur est en difficulté, les prévisions de croissance américaine sont très mauvaises, et la crise durera probablement encore plusieurs semaines (pour autant, pas de confinement obligatoire chez eux, j'écoutais une interview du Dr Anthony Fauci pour le NY Times assez éclairante à ce propos). Rien de nouveau finalement. Sauf à ce que qq'un ait une information que nous n'avons pas, les variations de cours ne reflètent que la peur et l'irrationalité de certains acheteurs non ? C'est ce que j'ai retenu de la lecture des articles des Daubasses.
Ma conclusion : la baisse de cours est une opportunité pour ce titre qui avait passé avec succès les tests des critères des Daubasses. Le risque de difficultés financières a évidemment augmenté avec la baisse du CA, mais entre l'absence de loyers qu'on fait remarquer certains et les licenciements facilement faisables aux EU, quelles sont leurs charges fixes ? Pas de gros échéances de remboursement de dettes à venir, seuls restent les intérêts dûs à la société fille DDT c'est bien cela ?
Est-ce vraiment si inquiétant ?
- Elle impacte également la vraie vie de l'entreprise, notamment en période où le financement pourrait devenir un enjeu de survie.
- Cela met également un doute chez les fournisseurs, qui peuvent demander à être payés (partiellement ou totalement) d'avance.
- Certains clients (mais ce n'est pas le cas pour DDS) peuvent également se fournir chez un concurrent plus solide.