A voir en fonction de l’appétit du marché...
Mais essayons de rester des vendeurs rationnels (comme nous avons été des acheteurs rationnels) quand les acheteurs deviennent cupides.
Geomatec, société technologique japonaise, dépose des films minces pour smartphones, semi-conducteurs et applications industrielles. Le 8 avril 2020, l’action intègre le portefeuille Daubasses 2 à 337 JPY. La trésorerie nette atteint alors 794 JPY par action, la valeur d’actif net-net (VANN) 1 038 JPY et l’immobilier a été acquis pour 1 385 JPY par action. Neuf mois et trois semaines plus tard, une annonce technologique accompagne l’envolée du cours : de 337 à 1 260 JPY, il est multiplié par 3,7. La vente génère +274 % en JPY et +233 % net en euros.
L’action est achetée à 337 JPY le 8 avril 2020. Trois exercices déficitaires sur cinq, la crise sanitaire et une création de valeur historiquement négative expliquent la défiance. La trésorerie nette représente pourtant 2,36 fois le cours, les actifs immobiliers plus de quatre fois, et la solvabilité atteint 159 %. Geomatec a investi 1,14 Md JPY en recherche et développement sur cinq ans, environ 5 % de ses ventes annuelles.
Au 31 mars 2020, le chiffre d’affaires recule de 13,3 % et la perte nette atteint 3,51 Md JPY, dont 2,04 Md JPY de dépréciation exceptionnelle. Malgré cette charge sans sortie de cash, la trésorerie nette augmente à 845 JPY par action. L’exploitation s’améliore ensuite, sans retrouver immédiatement le point mort.
Le 26 janvier 2021, Geomatec annonce son alliance avec Mitsui Mining & Smelting. Le projet vise la production de masse du HRDP, un support en verre destiné au conditionnement des semi-conducteurs de nouvelle génération. Le cours passe rapidement de 555 JPY à plus de 1 000 JPY. L’objectif patrimonial étant atteint, les Daubasses cèdent leurs 100 actions à 1 260 JPY le 29 janvier.
1. Actifs bradés. Le prix d’achat représentait seulement 32 % de la VANN. Même après une marge de sécurité de 50 % sur l’immobilier industriel, la valeur d’actif net réévaluée ressortait à 1 730 JPY par action.
2. Technologie optionnelle. La valorisation initiale n’exigeait aucun succès commercial de la R&D. Le partenariat HRDP a révélé la valeur possible du savoir-faire de Geomatec et déclenché le retour des acheteurs.
3. Sortie disciplinée. L’équipe n’a pas relevé son objectif pour spéculer sur des revenus encore absents des comptes. Elle a vendu lorsque le cours a atteint 80 % de la valeur d’actif net tangible actualisée.
La marge de sécurité dépendait d’actifs, pas d’une capacité bénéficiaire démontrée : aucune valeur de capacité bénéficiaire ne pouvait être calculée. Les pertes récurrentes menaçaient donc d’éroder le cash. L’immobilier industriel comportait aussi des incertitudes de dépollution et de démantèlement, d’où la décote de 50 % appliquée à son coût historique. Enfin, l’annonce HRDP décrivait une perspective industrielle, sans chiffrer encore volumes, marges ni calendrier de contribution.
De 337 à 1 260 JPY, le cours progresse de 274 % en neuf mois et trois semaines, soit +233 % net en euros pour le portefeuille. Geomatec devient alors la meilleure opération du portefeuille Daubasses 2. En septembre 2023, le titre était retombé à 495 JPY et la création de valeur de long terme restait proche de zéro : vendre sur l’objectif fondé sur les actifs, sans prolonger le pari sur le HRDP, a préservé l’essentiel de la hausse.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Geomatec, 6907, Japon, films minces, semi-conducteurs, HRDP, Mitsui Mining, trésorerie nette, décote patrimoniale, triple nette
- Résumé daté du 23 juillet 2026 -
A voir en fonction de l’appétit du marché...
Bonjour les daubasses,les daubasses a écrit : ↑28 janvier 2021, 08:46A voir en fonction de l’appétit du marché...![]()
Mais essayons de rester des vendeurs rationnels (comme nous avons été des acheteurs rationnels) quand les acheteurs deviennent cupides.
Le texte paraissait alors pompeux, plein d'optimisme et d'étonnement béat face à ce cadeau que nous faisait le marché.les daubasses a écrit :
On est tombés sur la plus grosse décote japonaise croisée à ce jour ! Et nous n’avons pas hésité à casser notre tirelire et dépensé les derniers euros qu’il restait sur notre compte pour acheter quelques actions mercredi matin.
Regardez les chiffres :
La société est valorisée 0,2x ses fonds propres tangibles et sa seule trésorerie nette couvre 2,4x la valorisation boursière lors de notre achat ! Pour un titre acquis à 100 JPY, vous avec une trésorerie nette de 236 JPY et un business technologique offert. C’est complétement dingue et c’est ce qu’on aime acheter !
La société familiale créée en 1953 a aussi des actifs immobiliers - principalement industriels - acquis historiquement pour une valeur égale à 4x la valorisation boursière actuelle !
Bref, nous avons là une daubasse complètement massacrée. Avec une telle décote sur actifs, nous avons l’impression que quelque chose de bien pourrait se produire…