Christian Dior (CDI) : décote sur LVMH vendue avec +92 %
Synthèse stratégique
L'idée Christian Dior naît en septembre 2020 autour d'une anomalie simple : CDI cote 373,00 EUR, LVMH 419,60 EUR, soit un ratio de 0,89 alors que Dior détient environ 41 % du capital et 56 % des droits de vote de LVMH. Le ratio théorique avancé est 1,15 fois l'action LVMH.
La vente à 709 EUR se solde par +92 % dividendes inclus en quatorze mois. Le ratio CDI / LVMH n'a pas rejoint la cible théorique, mais la hausse du sous-jacent et la réduction partielle de la décote suffisent à changer le rapport rendement/risque.
Parcours de la thèse
Les Daubasses valident l'intérêt tout en posant les limites : décote de holding, flottant réduit, liquidité et dépendance à Bernard Arnault. Une OPR reste possible, sans calendrier certain ni obligation de prime généreuse.
La discussion devient vite plus riche qu'un simple ratio. Les abonnés analysent la fiscalité latente sur LVMH, l'absorption de Financière Jean Goujon, la dette obligataire remboursée en 2021 et la simplification juridique possible.
L'OPR sur Financière Agache en avril 2021 renforce l'idée que la famille Arnault continue de nettoyer l'organigramme. Le dernier acte public retenu par les Daubasses reste la vente de novembre 2021, avant que le ratio théorique ne soit entièrement rattrapé.
Thèse en 3 points
1. Décote mesurable. Le ratio CDI / LVMH donne un indicateur quotidien, plus concret qu'une décote de holding vague, et permet de suivre l'écart sans modèle complexe.
2. Catalyseur contrôlé par la famille. La simplification du groupe peut créer de la valeur, mais le calendrier appartient au majoritaire, pas aux minoritaires.
3. Sortie avant le ratio parfait. Vendre à 709 EUR revient à accepter un beau gain sans attendre la disparition totale de la décote ni une éventuelle OPR.
Points de vigilance
La décote peut refléter la fiscalité, le faible flottant, l'absence de pouvoir des minoritaires ou le prix déjà élevé de LVMH. Le pair trade CDI long / LVMH short paraît séduisant, mais dividendes, coût d'emprunt et horizon inconnu compliquent l'exécution.
Conclusion
La vente de novembre 2021 clôt une anomalie bien exploitée : acheter LVMH avec décote, profiter de la hausse du luxe, puis sortir sans attendre une OPR hypothétique. La leçon est commerciale autant que financière : une décote claire attire, mais le catalyseur doit rester assez probable pour justifier l'attente.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Christian Dior, CDI, LVMH, Bernard Arnault, décote de holding, OPR, Financière Agache, luxe, ratio CDI LVMH, minoritaires
- Résumé daté du 14 juillet 2026 -
Christian DIOR (CDI)
Logiquement le titre Christian DIOR (CDI) devrait coter 1,15 fois le prix de l’action LVMH. Ce ratio correspond à la part détenue par CDI dans LVMH. Ce ratio de 1,15 est également confirmé par une observation historique sur longue période pour ces deux sociétés.
Au moment où j’écris, l’action CDI se paie 373,00 € et celle de 419,60 LVMH €. On a donc un ratio CDI / LVMH de 0,89. Une aberration selon moi.
Petit retour en arrière
Lors de ses multiples rachats dans l’univers du luxe, Bernard Arnault a créé un groupe, LVMH, avec de nombreuses holdings en cascade. La rentabilité des cibles et les dividendes versés ont continuellement permis de désendetter les holdings et de financer de nouveaux rachats.
Après plusieurs opérations de restructuration du capital, dont la dernière a eu lieu en 2017 avec une OPA de la famille Arnault sur Christian Dior, la structure du groupe est aujourd’hui la suivante :
• La famille Arnault détient directement et indirectement 85 % des titres et des droits de vote de Christian Dior ;
• Christian Dior qui détient directement et indirectement environ 41 % des actions et 56 % des droits de votre de LVMH ;
• LVMH détient une myriade de sociétés et de marques dans les univers des vins et spiritueux, de la mode et maroquinerie, des parfums et cosmétiques, de l’horlogerie et de la joaillerie, et de la distribution sélective.
Le groupe présente donc la caractéristique d’avoir un double niveau de cotation : CDI et LVMH. Cela permet en théorie des arbitrages entre les deux titres.
On lit régulièrement que tôt ou tard, ce double niveau de cotation sera supprimé. L’option la plus logique pour cela étant une OPR + RO sur CDI. Dernier élément de contexte : l’AMF n’admet pas le concept de décote de holding pour une OPR.
Ce que je sais
Christian DIOR SA détient 100 % des titres de la financière Jean Goujon dont l’unique objet est la détention des titres LVMH au sein de la galaxie Arnault.
La Financière Jean Goujon détient 207 962 425 actions LVMH. Son seul autre actif est une position nette de trésorerie de quelques 4 M€. Pas de dettes au niveau de cette holding intermédiaire.
L’ANR de CDI est donc de :
• Titres LVMH (207 962 425 * 419,6) : 87 261 M€
• Autres actifs de CDI : 3 M€
• Trésorerie nette de CDI : 30 M€
• Dettes CDI : - 11 M€
Soit au total un ANR de 87 261 + 30 + 30 - 11 = 87 283 M€.
Le capital de CDI est composé de 180 507 516 actions.
La valeur théorique du titre CDI est donc de 87 283 / 180,5 = 483,42 €.
Cette valeur théorique (483,42 €) rapportée au cours de LVMH (419,60 €) fait apparaître le ratio de 1,15 dont je parlais en introduction.
Historique du ratio de cotation CDI / LVMH
Depuis la clôture de L’OPA sur CDI en 2017, il y a eu 817 séances de bourse. J’exclus celle d’aujourd’hui car je raisonne sur les cours de clôture.
En moyenne sur des 817 séances, le ratio CDI / LVMH a été de 1,18.
On était à 1,14 juste après l’OPA. On est monté à 1,38 en janvier 2019 (une autre anomalie de marché). Sur les 817 séances on n’est descendu que huit fois sous 0,90. Six fois en mars 2020, avec un minimum à 0,83 et deux fois en septembre. A la clôture de vendredi on était donc à un ratio de 0,89.
L’historique de cotation confirme donc très bien la valeur théorique de CDI en oscillant autour du ratio de 1,15. Il y a eu quelques excès à la hausse. Aujourd’hui on est sur un excès à la baisse.
Ce que j’ignore
J’ignore à quel rythme les ventes dans le luxe vont se rétablir après un premier semestre pénible (-27 % du CA pour LVMH au S1 2020). J’ignore quand la rentabilité va revenir (- 71 % de résultat opérationnel et – 84 % de RNC pour ce même S1). J’ignore si un jour Bernard Arnaud et Tiffany vont convoler en justes noces. Je ne sais pas si tonton Donald va se fâcher de la rupture des fiançailles. Je me demande quelle sera l’activité principal du même Donald après le 4 novembre. J’ignore si Delphine, la fille, sera à la hauteur de Bernard. J’ignore si les autres enfants Antoine, Alexandre, Frédéric et Jean voudront prendre un jour la place de leur sœur.
Je peine à trouver l’âge du capitaine (en fait si, ça je sais : 71 ans).
Au final, ce que j’ignore c’est quel sera le parcours boursier à venir de LVMH. Encore une fois, je manque sévèrement de boule de cristal.
Opportunité d’investissement ?
Chacun se fera une idée sur l’évolution possible du titre LVMH. Il est quasiment à l’équilibre depuis début janvier. N’y a-t-il pas un peu trop d’optimisme pour cette valeur qui a présenté des semestriels en très forte baisse ? Naturellement, si le cours de LVMH devait baisser ce serait aussi le cas de celui de CDI. Investir sur CDI n’est donc pas sans risque.
On peut aussi juger logique la présence d’une décote de holding au niveau de CDI… même si elle n’a jamais été entérinée par le marché sur ce titre jusqu’à présent. Le sujet de la décote de holding a été amplement débattu sur le forum FFP.
En ce qui me concerne, je trouve que le différentiel entre le prix de CDI 373 € et sa juste valeur 483,42 € est attrayant. Le potentiel est de 30 %... et beaucoup plus si LVMH devait reprendre son trend haussier. J’ai donc investi dans CDI.
Snowball
- les daubasses
- Administrateur
- Expérience : 33562
- Messages : 5025
- Inscription : 26/10/2019
CDI : un bon moyen d'acheter du LVMH moins cher... encore faut-il avoir envie d'acheter du LVMH ou de savoir valoriser LVMH.
Les raisons d'une décote : décote de holding, liquidité réduite, flottant faible (= on est à la merci de Bernard Arnault même si cela apporte son côté spéculatif), ...
CDI a de grandes chances d'être sorti de la bourse via une OPR. Mais attention, Bernard Arnault est un fin limier et profitera certainement d'une période de sous-valorisation pour faire une offre. Donc, maintenant ? Ou dans x années.
Un graph issu sur le forum DR.

Quand à l'avenir à long terme de l'industrie du luxe, je ne me fais aucune illusion sur la nature humaine.
Rebond des ventes pour les marques LVMH en Chine
J'avais lu quelques articles sur des boutiques asiatiques de luxe, prise d’assaut dès la levée de confinement...
Saxo https://urlz.fr/l9Hh
Bourso ETPL4810
Fortuneo 12470190
Mais avec 2,45 % de flottant sur une capitalisation de 66,8 milliards d’euros pour CDI la partie non contrôlée par la famille représente quand même 1,6 milliard d’euros. En moyenne depuis l’OPA de 2017 les volumes sur le titre représentent 23 000 échanges quotidiens, soit plus de 8 M€, qui changent de main tous les jours au cours actuel. Bref pas vraiment de problème de liquidité à mes yeux pour Christian Dior.
Pour le reste, je suis complètement d’accord avec les Daubasses :
• Bernard Arnault ne fera aucun cadeau aux derniers actionnaires pour les sortir. Ce n’est pas envers moi qu’il fera preuve de philanthropie.
• Je suis bien évidemment totalement incapable de valoriser LVMH.
Mais mon analyse reste : quitte à acheter du LVMH, autant le faire avec une réduction de 30 %.
Merci aussi à Bibike. Parfois un bon graphe explique tellement mieux les chose qu’un long bla-bla ! Je crois que l’on en a ici l’illustration parfaite.
Je joins tableau de détail de l’évolution du ration CDI / LVMH que j’avais omis sur mon premier post.
Snowball.
- Pièces jointes
-
- Ratio CDI LVMH.xlsx
- (70.68 Kio) Téléchargé 594 fois
-
ilovevalue
- Expérience : 14
- Messages : 8
- Inscription : 27/11/2019
Christian Dior détient donc directement la participation dans LVMH.
Je vois bien une OPE à moyen terme par absorption de CDE par LVMH avec une parité équitable ... la fusion était à mon avis un préalable à la réalisation de l'OPE (en 2017, le changement des dates de clôture d'exercice fiscal m'avait mis la puce à l'oreille et était à mon avis un préalable à l'OPE puis intégration fiscale de LVMH).
Ou en sommes-nous un mois plus tard ?
Actuellement, CDI cote 409,20 € (+ 9,7 %). LVMH cote 429,60 € (+ 2,4 %). Le ratio CDI / LVMH est donc ce jour de 0,95.
On a donc réduit partiellement le gap que je présentais. J’espère que ce mouvement ne fait que commencer et que très bientôt CDI cotera au-dessus de LVMH, ce qui serait un retour du bon sens sur le marché.
Snowball
Les cours du jour sont :
CDI : 430,80 €
LVMH : 495,30 €
Soit un ratio de CDI / LVMH de 0,87 ce qui représente une distorsion encore plus forte que lors de mon post initial du 14 septembre (0,89 à cette date-là)... même si en deux mois et demi, CDI a gagné 16 %.
Patience et longueur de temps… Je suis certain que sur la durée le marché corrigera cette anomalie.
Snowball
« Nous avons depuis très longtemps eu comme stratégie de couvrir à peu près l'ensemble de la planète avec nos implantations, nos boutiques, nos filiales. […] Quand une partie du monde va moins bien, comme l'Europe en ce moment, qui est la zone du monde actuellement la plus délicate, la plus sinistrée, d'autres régions se portent mieux, comme la Chine qui est repartie de manière étonnante, le Japon qui s'en sort pas mal. »
« C'est vrai qu'un groupe comme le nôtre se renforce quand il traverse une crise, parce que sa présence économique lui permet de traverser ces moments difficiles mieux que d'autres. Relativement à certains concurrents, nous sortons plutôt renforcés. »
« La force du groupe lui permet de continuer la communication, chose que les entreprises de taille modeste ont plus de mal à faire. Donc les parts de marché de notre groupe ont tendance à s'améliorer ».
Plutôt rassurant pour la suite.
Snowball
Tout l'interview de Bernard Arnault sur le site de BFM Business en suivant le lien :
https://www.bfmtv.com/economie/entrepri ... 10114.html
Je ne sais pas si cela peut servir à la réflexion collective, mais je suis tombé sur cette déclaration AMF.
Bonne journée
LA PRESENTE NOTIFICATION N’A PAS FAIT L’OBJET D’UN CONTROLE DE L’AMF ET EST ETABLIE SOUS LA RESPONSABILITE EXCLUSIVE DU DECLARANT.
NOM /FONCTION DE LA PERSONNE EXERCANT DES RESPONSABILITES DIRIGEANTES OU DE LAPERSONNE ETROITEMENT LIEE :
SEMYRHAMIS Société Anonyme personne morale liée à Bernard Arnault, Président du Conseil d'administration
NOTIFICATION INITIALE / MODIFICATION:
Notification initiale
COORDONNEES DE L’EMETTEUR
NOM : CHRISTIAN DIOR SE
LEI : 969500WESYQMQ1F2C272
DETAIL DE LA TRANSACTION
DATE DE LA TRANSACTION : 26 novembre 2020
LIEU DE LA TRANSACTION : Hors plateforme de négociation
NATURE DE LA TRANSACTION : mainlevée de nantissement de compte-titres
DESCRIPTION DE L’INSTRUMENT FINANCIER : Action
CODE D’IDENTIFICATION DE L’INSTRUMENT FINANCIER : FR0000130403
INFORMATION DETAILLEE PAR OPERATION
PRIX UNITAIRE : 0.0000 Euro
VOLUME : 46 337 503.0000
INFORMATIONS AGREGEES
PRIX : 0.0000 Euro
VOLUME : 46 337 503.0000
TRANSACTION LIEE A L’EXERCICE DE PROGRAMMES D’OPTIONS SUR ACTIONS OU SUR UNE ATTRIBUTION D’ACTIONS GRATUITES OU DE PERFORMANCES : NON
DATE DE RECEPTION DE LA NOTIFICATION : 01 décembre 2020
Le problème étant que CDI ne verse pas de dividendes et LVMH oui... la situation serait difficile à tenir sur le long terme.
~6€ / action. Le plus important semble plutôt les frais de location des titres LVMH shortés.
Snowball.
- Anticipe un rebond de 50 % d’ici à 2022 des structures du groupe les plus touchées par la pandémie.
- Met l’accent sur une reprise forte à venir dans la zone Asie Pacifique.
- Souligne les ventes record de Tiffany, dernière acquisition du groupe, lors des récentes fêtes de fin d’année.
Au final, Jefferies rehausse de 30 % son objectif de cours sur LVMH en le portant à 590 €.
Pour ma part, je reste fermement convaincu que CDI vaut 1.15 LVMH. Cela me donnerait donc un objectif du cours de 678 € pour CDI.
Allez, je suis bon prince : je suis prêt à accepter une proposition de rachat par Bernard Arnault à 650 € par titre.
Snowball
Les Echos a écrit :Le leader mondial du luxe a vu son chiffre d'affaires reculer de 16 % en 2020. Le résultat opérationnel courant, à 8,3 milliards d'euros, a limité sa baisse. Signal fort, les ventes de Louis Vuitton, et Dior sont reparties au quatrième trimestre, avec une hausse de 18 %, grâce au marché chinois. La tendance s'améliore aussi aux Etats-Unis.
Lien vers l'article
Lien vers les résultats
Y a-t-il un risque hors bilan qui puisse expliquer la décote ?
Je pense en particulier à la fiscalité des PVs latentes sur les titres LVMH : comment pourrait-on l'estimer ?
La décote pourrait être cohérente et il n'y aurait pas d'upside à aller chercher, même en cas d'OPRO.
A noter que la seule dette restante est une émission obligataire qui sera remboursée en 2021. Cela devrait être le prochain évènement notable sur le titre.
Ensuite la structure sera à mon sens optimisée pour un retrait de la cote.
Je constate avec vous que le ratio CDI / LVMH diminue alors que je pense - et espère - qu’il devrait augmenter et retrouver son cours d’équilibre à 1,15. C’est pour moi incompréhensible.
Il y a deux options :
- Soit le marché est rationnel et intègre une information que je n’ai pas prise en compte. Si les membres de ce forum ont une idée, je suis preneur. Sans être fiscaliste, je ne crois pas trop à l’hypothèse d’une fiscalité latente sur les titres LVMH. Sur la période qui sépare l’OPA sur DIOR en 2017 et mon premier post, le ratio moyen CDI / LVMH se montait à 1,18. Il y avait déjà à l’époque une possible fiscalité latente.
- Soit le marché est irrationnel… et il y a tout lieu de s’en réjouir car c’est grâce à cela que l’on peut réaliser de bonnes affaires.
Sans certitude absolue, je penche pour la deuxième option.
La simplification de la structure juridique avec l’absorption de la Financière Jean Goujon par CDI début septembre 2020, ainsi que les alignements des dates des exercices fiscaux me semblent autant d'éléments montrant que l’OPE ou l’OPRO ne sont plus très lointains.
Pour mémoire, l’AMF refuse de prendre en compte une décote de holding lors de l’OPR d’une holding.
A moins qu’un forumeur n'apporte une nouvelle pièce au puzzle qui chamboule mes convictions, je suis donc très serein sur CDI : le temps me donnera raison. Cerise sur le gâteau, avec l’incroyable performance de LVMH au second semestre 2020, il y a à court terme peu de risque d'effondrement de la valeur du principal / unique actif de CDI.
Snowball
Pour autant, je pense qu'il faut étudier tous les risques, et qu'une anomalie sur une telle capitalisation doit faire l'objet d'une contre-argumentation. Peut-être le ratio de 1,15 du passé est-il anormal et le ratio actuel la normalité ?
Je ne suis pas non plus expert fiscaliste, en particulier je ne connais pas l'effet de la fusion avec la financière goujon, ni la valeur comptable des titres LVMH au sein de la financière goujon.
Tentative d'estimation de la fiscalité sur PV latente :
- La financière goujon est valorisée 3,5 Md € dans les comptes sociaux 2019 (page 292).
- La capitalisation de LVMH est de 262,7 Md € à 10H02 aujourd'hui.
- La valeur réelle de la financière goujon serait donc de 108 Md € à date.
- Une cession des titres à cette valeur génèrerait donc 104,5 Md € de plus-value.
- Le taux d'IS en 2021 est de 27,5%.
- Nous aurions donc une fiscalité latente hors bilan de 28,7 Md €.
Cela nous donnerait une juste valeur à 439,28 €, soit peu ou prou le cours d'aujourd'hui.
A noter que le taux d'IS en France diminue année après année, aussi chaque année qui passe réduirait cette fiscalité latente.
Sources :
http://www.dior-finance.com/fr-FR/Docum ... rs.aspx/22
https://www.service-public.fr/professio ... its/F23575
Edit du 02 février à 10h22 : CDI ne réalisant pas de chiffre d'affaire, le taux d'IS serait de 26,5%. Ce qui ferait une juste valeur à 445,07 euros.
Ca se précise :
Lien vers la sourcela date de remboursement des Obligations est fixée au 24 mars 2021
A+
Ravana
Si l'expert pour l'OPR intègre la fiscalité latente pour valoriser l'action, alors il y aura peu d'upside (juste de quoi motiver les porteurs à céder leurs titres).
Merci pour cette contribution qui justifierait le cours de bourse de CDI. S'il convient de prendre en compte une fiscalité latente sur les titres de LVMH détenu par CDI, votre calcul semble le bon. Dans cette hypothèse, Monsieur Le Marché serait parfaitement rationnel. C'est une hypothèse à prendre en compte sérieusement.
Je penche pour ma part pour une autre hypothèse. S'il doit y avoir simplification de la structure du groupe CDI / LVHM avec suppression du double niveau de cotation, on passera probablement par une Transmission Universel du Patrimoine, ou TUP. C'est à l'heure actuelle l'outil le plus adapté juridiquement pour procéder à des fusions de sociétés. C'est aussi le plus utilisé. L'un des avantages de la TUP est son régime fiscal : les plus-values sur les titres de la société absorbée ne sont pas fiscalisés. Si l'on se place dans cette hypothèse, il n'y a aucune fiscalité latente à prendre en considération.
La complexité et la taille du dossier en font probablement un sujet d'étude fiscal des plus intéressant. Je suis sûr que Bernard Arnault embauchera en temps utile une armée des meilleurs fiscalistes de tous les pays concernés. Il est même possible que cela intéressera de près les services de Bercy. Je n'ai pas de compétence dans ce domaine et ne prétends donc aucunement savoir quel sera le régime fiscal utilisé au final... mais je mets une pièce sur le fait que CDI ne paiera pas les 28 milliards d'euros d'impôts sur les plus value dont vous faîtes état dans votre calcul.
J'attends maintenant avec impatience la publication des comptes annuels de CDI pour refaire un point sur le dossier. Cela ne devrait plus trop tarder maintenant. L'AG étant prévue le 15 avril, ce sera au plus tard le 15 mars.
Snowball
Par contre je redoute qu'elle soit utilisée comme argument pour minorer la valeur de la société à l'occasion d'une OPR.
La documentation liée à l'opération est disponible sur le site de l'AMF ainsi que sur le site de Christian Dior. Voici un lien vers le projet de note en réponse, qui contient toute l'information utile sur l'OPAS :
http://www.dior-finance.com/fr-FR/Actio ... n-Dior.pdf
Comme toute offre publique elle a donné lieu à un rapport d'expert indépendant, qui est inclus dans la note ci-dessus. C'est FINEXSI qui s'y est collé (et ils ont touché 600 000 € pour ça !!). Je viens de relire en détail ce rapport d'expert. Il utilise, à titre principal, la méthode de l'Actif Net Réévalué. La calcul apparaît en page 50 du rapport. La valeur de CDI est calculée comme suit :
+ Valeur participation LVMH ( cours LVMH * nombre de titres détenus)
+ Valeur participation Grandville
- dettes financières nette CDI
+/- ajustements divers (totalement non significatifs)
= juste valeur CDI
A AUCUN MOMENT l'expert indépendant ne prend en compte de fiscalité latente.
Je ne vois pas pourquoi ce qui était vrai en 2017 ne le serait plus en 2021... mais qui vivra verra.
Snowball
La décote s'est partiellement résorbée ces dernières semaines.
Hors fiscalité latente nous avons un ANR de Dior à 641,76 euros, soit 22% de décote.