Verde Agritech (NPK) : de 0,72 CAD à plus de 7 CAD, puis le retour du risque financier

Synthèse stratégique

Verde Agritech est une belle histoire Pirogue devenue un rappel de discipline. L'analyse initiale de novembre 2020 part d'un cours de 0,72 CAD, d'une capitalisation de 35 M CAD, d'une quasi trésorerie nette et d'une marge brute confortable. L'idée est originale : produire au Brésil une potasse locale à base de glauconite, le K Forte.

La thèse n'était toutefois pas une simple exposition à la potasse. Le produit n'est pas un MOP ou un SOP standardisé : il faut convaincre les agriculteurs, gérer la logistique, les délais de paiement et la réalité brésilienne. Le risque commercial était donc visible dès le départ, même si la narration et l'optionalité agricole rendaient le dossier séduisant.

Le parcours boursier a d'abord donné raison à la thèse : début 2022, le titre cote autour de 5 CAD puis dépasse 7 CAD, soit environ x10 depuis l'entrée Pirogue. C'est là que Verde devient un cas d'école : l'asymétrie avait fonctionné, mais la belle histoire devait être revendue quand le marché valorisait déjà beaucoup d'espoir.

Parcours de la thèse

Le retour au réel est brutal. Les résultats 2025 montrent un chiffre d'affaires de 16,6 M CAD, en baisse de 23 %, des volumes de 258 432 tonnes, un EBITDA à -2,8 M CAD et une perte nette de 11,7 M CAD. La marge brute reste élevée à 72 %, ce qui suggère que le problème tient surtout au crédit agricole, à la solvabilité des clients et aux ventes réellement encaissées.

Le T1 2026 confirme la fragilité : environ 27 000 tonnes vendues, 1,7 M CAD de chiffre d'affaires, EBITDA de -1,36 M CAD et perte nette de 3,7 M CAD. La société privilégie les clients solvables et la liquidité, puis suspend le service de la dette pendant la renégociation avec ses créanciers.

La création de Magnes Rare Earths ajoute une nouvelle option : séparation engrais / terres rares, Reberth Machado nommé directeur général de Verde et Cristiano Veloso concentré sur Magnes. Cela clarifie les priorités, sans résoudre le problème central. L'activité engrais doit encore vendre plus, encaisser mieux et redevenir rentable.

Thèse en 3 points

1. Asymétrie initiale réelle. Petite capitalisation, bilan peu tendu, potasse locale et marché brésilien stratégique : le point de départ avait du sens.

2. Commercialisation sous-estimée. K Forte n'est pas une matière première standard. Convaincre les agriculteurs et encaisser les créances est devenu le vrai test.

3. Optionalité ne veut pas dire sécurité. Terres rares, ERW, Oby ou Magnes peuvent soutenir l'intérêt, mais ne remplacent pas une activité d'engrais rentable.

Points de vigilance

Dette suspendue, volumes faibles, pertes, crédit agricole restrictif, risque de dilution et exécution commerciale : Verde reste très risquée. Le x10 passé ne protège pas l'actionnaire si la rentabilité et la trésorerie ne reviennent pas.

Conclusion

Le passage de 0,72 CAD à plus de 7 CAD a validé l'asymétrie initiale, sans garantir la suite. Les comptes 2025 et du T1 2026 montrent désormais une activité déficitaire, une dette en renégociation et des volumes sacrifiés pour limiter les créances douteuses.

La priorité n'est plus de chiffrer l'option terres rares. Verde doit d'abord financer son activité, retrouver des clients solvables et réduire ses pertes. Magnes ne créera de valeur durable que si l'engrais cesse de consommer la trésorerie disponible.

Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.

Mots-clés : Verde Agritech, NPK, potasse brésilienne, K Forte, engrais, crédit agricole, dette, Magnes Rare Earths, terres rares, Brésil.

- Résumé daté du 14 juillet 2026 -

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Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Viga
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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 26 mars 2026, 12:37

Verde publie un CA en baisse de 23% de 16,6 M CAD en 2025 contre 21,6 M CAD en 2024. 258 432 t ont été vendues vs. 318 870 l'année précédente.
L'EBITDA reste à -2,8 M CAD, avec une perte nette de 11,7 M en légère amélioration (-12,6 M CAD en 2024).
La marge brute se maintient à 72%.
point positif : les provisions pour pertes de crédit attendues ont diminué à 0,9 M CAD au cours de l'exercice 2025 contre 2,3 pour 2024.
Au 31 décembre 2025, Verde avait 3 M CAD de trésorerie et 5,3 millions de dollars de créances à court terme. Le placement privé de 4,5 M CAD a été réalisé postérieurement.
Le marché brésilien des intrants agricoles est resté soumis à d'importantes pressions financières tout au long de l'année 2025. Le 18 mars 2026, la Banque centrale du Brésil a abaissé le taux Selic de 15,00 % à 14,75 % , mais les conditions de financement demeurent très restrictives pour les producteurs et les distributeurs agricoles. Serasa Experian a recensé 1 990 demandes de recouvrement judiciaire dans le secteur agroalimentaire en 2025, soit une hausse de 56,4 % par rapport à 2024, ce qui souligne l'ampleur des difficultés financières rencontrées par l'ensemble du secteur . Dans ce contexte, l'accès au crédit est devenu la principale contrainte commerciale, les décisions d'achat étant dictées par la préservation de la trésorerie, la restriction des financements et une moindre propension à prendre des risques de crédit tout au long de la chaîne de distribution.
Les perspectives sont mauvaises à court terme :
Le contexte agronomique demeure favorable, la Companhia Nacional de Abastecimento (Conab) prévoyant une récolte céréalière brésilienne record pour la campagne 2025/26. Cependant, une production plus importante ne redresse pas immédiatement la situation financière des producteurs après deux années de resserrement du crédit, de hausse des coûts de financement et de faible génération de trésorerie. La Conab a également indiqué que les échanges de soja ont débuté l'année 2026 à un rythme lent et dans un contexte de demande prudente , confortant l'idée que de nombreux agriculteurs pourraient continuer à réduire leurs échéances d'achat et à reporter leurs décisions commerciales malgré des fondamentaux agricoles solides. L'ensemble de ces indicateurs suggère que la contrainte à court terme réside dans la disponibilité du crédit et la capacité des agriculteurs à financer leurs achats, plutôt que dans la demande agronomique.

Pour l'avenir, Verde anticipe des conditions de marché difficiles à court terme, le resserrement du crédit agricole continuant de freiner les ventes d'engrais.
Verde se serre la ceinture en attendant :
Verde met en œuvre des ajustements stratégiques au sein de ses activités, notamment des réductions d'effectifs, des révisions de contrats et d'autres initiatives de réduction des coûts, qui devraient générer plus de 6 millions de réaux brésiliens d'économies sur 12 mois. Conjuguées à une stratégie commerciale plus ciblée sur les régions à plus forte marge et en supposant le maintien des prix actuels des engrais, ces mesures devraient permettre d'atteindre un EBITDA positif en 2026, même avec des volumes de ventes globalement comparables à ceux de 2025.

source : https://finance.yahoo.com/markets/stock ... 00212.html

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 27 mars 2026, 16:47



Cristiano Veloso préférerait vendre des bots IA que des engrais :lol: A défaut, il va essayer de vendre des terres rares !

Comme dit précédemment, pour les engrais, l'année 2025 a été marquée par une discipline stricte sur le risque de crédit, avec un refus de ventes à haut risque de non-paiement, ce qui a pesé sur les volumes et le CA mais amélioré la solidité du bilan. Verde a privilégié les agriculteurs solvables, acceptant une baisse de volume pour garantir l'encaissement du cash.

L'entreprise se montre "prudemment optimiste" pour l'année en cours : le T4 2025 a été meilleur que prévu, suggérant que le pire de la crise agricole au Brésil est passé.
Objectif 2026 pour les engrais : Retour progressif à la croissance des volumes tout en maintenant des marges élevées.

Côté ERW, UNDO souhaite une certification du carbone capturé selon les termes de Microsoft (leur plus gros client), donc une reprise quasiment à zéro. Cristiano aurait voulu que cela se fasse avant la saison des pluies au Brésil mais UNDO a trainé et cela n'a pas démarré.

Côté terres rares, une estimation des ressources minérales (MRE) et une étude économique préliminaire (PEA) sont attendues pour la première moitié de 2026.
Crisitiano pense qu'Oby devrait être coté bientôt (mais j'ai l'impression d'entendre la rengaine à chaque présentation).
Pour Minas Americas, les forages avancent. Le plan est de construire en phase 1 un module de traitement le plus petit et moins couteux possible mais tout de même rentable avant de passer à une phase 2 plus importante et scalable. Verde semble vacciné contre les emprunts importants qui se retournent ensuite.

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 13 mai 2026, 15:36

Les chiffres du T1 sont toujours mauvais : environ 27.000t vendues pour un CA de 1,7 M CAD , en baisse de 41% par rapport au T1 2025. La direction a encore une fois privilégié la qualité des créances et la liquidité au détriment de volumes plus risqués, en parallèle à une réduction de la voilure.
L'EBITDA est en perte de 1,36M CAD contre une perte de 1,43 M au T1 2025 car la diminution des pertes de crédit attendues et la réduction des dépenses de vente et de marketing ont partiellement compensé la baisse du bénéfice brut.
La perte nette s'est réduite à -3,7 M CAD au T1 2026 contre -3,8 M CAD au T1 2025.
Bonne nouvelle : la provision pour pertes de crédit a quasiment disparu.
Le premier trimestre 2026 a été davantage marqué par la transmission du crédit que par les besoins agronomiques. Le taux Selic est resté à 15,00 % pendant la majeure partie du trimestre, avant d'être ramené à 14,75 % le 18 mars 2026, puis à 14,50 % après la clôture du trimestre, le 29 avril 2026. Parallèlement, l'enquête Focus de la Banque centrale du Brésil, datée du 24 avril 2026, indiquait que les prévisions du marché pour le taux Selic de fin d'année 2026 s'établissaient à 13,00 %, contre 12,50 % quatre semaines auparavant . Les conditions de financement sont donc restées restrictives pour les producteurs, les distributeurs et les coopératives. Serasa Experian a recensé 1 990 demandes de recouvrement judiciaire dans le secteur agroalimentaire en 2025, soit une hausse de 56,4 % par rapport à 2024, un niveau record.

Le contexte agronomique est resté favorable. Le 14 avril 2026, la Companhia Nacional de Abastecimento a relevé ses prévisions de récolte céréalière brésilienne pour la campagne 2025/26 à 356,3 millions de tonnes, incluant une production record de soja projetée à 179,2 millions de tonnes et une production totale de maïs de 139,6 millions de tonnes . Cependant, ce fort potentiel de production ne s'est pas immédiatement traduit par une augmentation des achats d'engrais, les agriculteurs continuant de gérer leur trésorerie après une période de taux d'intérêt élevés, de restrictions d'accès au crédit rural et de difficultés économiques liées aux récoltes.
Verde reste donc en mode défensif pour le moment :
Pour Verde, [la] volatilité [des prix des entrants] renforce l'importance stratégique des alternatives potassiques nationales, mais la principale contrainte à court terme demeure la capacité de financement et la qualité des contreparties, plutôt que la demande agronomique.
La direction a donc continué de privilégier la sélection des contreparties, la protection des créances et la préservation de la liquidité plutôt que les volumes à court terme, tout en concentrant ses efforts commerciaux sur les comptes de meilleure qualité et les régions à plus forte marge. Cette approche pourrait limiter les volumes à court terme, mais elle vise à préserver la conversion de trésorerie, à réduire le risque de crédit et à garantir la capacité de Verde à capter la demande si les conditions de crédit et le pouvoir d'achat des producteurs s'améliorent.
Les efforts sur les coûts devraient engendrer une économie de 9,4 M BRL (environ 2,6 M CAD) sur l'ensemble de l'exercice 2026.

Verde suspend même le paiement de sa dette, ce qui est autorisé par les dernières négociations mais ne rassure pas sur son avenir :
Après examen de la situation de trésorerie de la Société, de ses besoins en fonds de roulement, de ses prévisions de flux de trésorerie, de ses obligations de service de la dette et des solutions alternatives disponibles, le Conseil d'administration a approuvé une stratégie de préservation de la trésorerie et de dialogue avec les créanciers.

Dans le cadre de cette stratégie approuvée par le Conseil d'administration, la Société suspendra les paiements prévus au service de la dette envers ses créanciers financiers en vertu de l'Accord de renégociation de la dette homologué par le tribunal civil brésilien et des accords de financement connexes, à mesure que ces paiements deviendront exigibles, pendant que la Société négocie avec ses créanciers des modalités de paiement révisées et viables compte tenu des conditions actuelles du marché. La Société entend solliciter auprès de ces créanciers des dérogations, des accords de suspension, des modifications, des prolongations ou d'autres modalités révisées.

Cette décision reflète le contexte agricole brésilien toujours restrictif, la disponibilité limitée du crédit, les taux d'intérêt élevés, les tensions sur la trésorerie des agriculteurs et la nécessité de préserver le fonds de roulement de l'entreprise. La suspension des échéances de remboursement de la dette pourrait entraîner des mises en demeure, des réclamations ou des procédures de la part des créanciers, conformément aux accords de financement et de renégociation de la dette applicables. L'entreprise a retenu les services de conseillers juridiques et en restructuration spécialisés au Brésil afin d'accompagner le dialogue avec les créanciers, de la représenter le cas échéant et d'assister la direction et le conseil d'administration dans la mise en œuvre de cette stratégie.
source : https://finance.yahoo.com/news/verde-ag ... 00923.html

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par matdany » 13 mai 2026, 17:27

Je suis très pessimiste sur cette valeur, avec une grosse perte, ma plus grosse erreur en bourse, ne pas avoir vendu au top.

C'est ainsi, j'ai sollicité une analyse de Ultra qui conseille de récupérer le solde restant, ce que j'ai fait. Ma patience est épuisée, je vends. Je conserve Oby, mais sans guère d'espoir, ce genre d'exploitation demande 10 à 15 années.

Le résumé de cette analyse

Si vous décidez de rester en position pour 2026, vous pariez sur deux catalyseurs majeurs :

Le pivot de la Banque Centrale (SELIC) : C'est le facteur le plus critique. Avec un taux SELIC à 15 %, le marché agricole est asphyxié. Les projections pour fin 2026 prévoient une baisse vers 11,50 % - 12,50 %. Une baisse des taux réduirait non seulement la charge de la dette de Verde, mais relancerait surtout le pouvoir d'achat des agriculteurs brésiliens.

La validation géologique des Terres Rares (REE) : Verde prévoit de publier son estimation de ressources minérales (MRE) au T1 2026 et son étude économique préliminaire (PEA) au premier semestre 2026. Si ces rapports confirment un gisement de "classe mondiale" avec des coûts d'extraction bas, la valeur spéculative du titre pourrait s'envoler, indépendamment du marché des engrais.

Fin du délai de grâce : La restructuration de la dette obtenue en 2025 prévoyait un sursis de 18 mois sur le principal et les intérêts, lequel prendra fin courant 2026. Verde devra alors prouver qu'elle génère assez de cash-flow réel pour rembourser, sous peine d'une nouvelle dilution massive.

Fragilité opérationnelle : Bien que Verde ait affiché son premier EBITDA positif au T3 2025 après deux ans de pertes, l'entreprise reste structurellement fragile et dépendante des prix mondiaux de la potasse qui stagnent.

1. Le "Red Flag" Ultime : Suspension du Service de la Dette
C'est la nouvelle la plus grave de ce rapport : Verde AgriTech a officiellement annoncé aujourd'hui la suspension de tous les paiements programmés au titre de son accord de renégociation de dette homologué par la justice brésilienne.

Signification : L'entreprise est en situation de quasi-défaut technique. Elle tente désormais de négocier des accords de "standstill" (moratoire) avec ses créanciers pour éviter des poursuites ou une liquidation immédiate.

Pourquoi? Malgré une levée de fonds de 4 millions $ CA en mars 2026, la liquidité est jugée insuffisante pour faire face aux obligations tout en maintenant l'exploitation dans un marché brésilien "asphyxié".

2. Autopsie des Résultats du Q1 2026
Les chiffres confirment une dégradation rapide de l'activité historique :

Chiffre d'Affaires : 1,7 million $ CA, contre 2,9 millions $ au Q1 2025 (une chute de 41 %).

Volumes : Seulement 26 795 tonnes vendues (contre 47 829 tonnes l'an dernier), soit une baisse de 44 %.

Pertes : Une perte nette de 3,7 millions $ pour le seul trimestre.

Trésorerie : La position de cash de 6,4 millions $ semble confortable en apparence, mais elle provient uniquement d'un placement privé dilutif et non de la rentabilité de l'entreprise.

3. Le mirage des Terres Rares (Man of War)

Pour compenser l'effondrement de son activité d'engrais, la direction met en avant sa "Maiden Resource Estimate" (MRE) massive de 1,35 milliard de tonnes de terres rares ioniques sur le projet Man of War.

Le piège : Bien que les teneurs soient excellentes (3 437 ppm TREO), ces ressources sont classées comme "Inferred" (inférées), ce qui signifie que la certitude géologique est faible et qu'aucune viabilité économique n'est prouvée à ce stade.

Le coût : Le développement d'un tel projet nécessite des centaines de millions de dollars que Verde n'a pas, surtout alors qu'elle suspend ses remboursements de dette actuels.

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par okavongo » 13 mai 2026, 19:24

Cours = 0,78 CAD
matdany a écrit :
13 mai 2026, 17:27
Fin du délai de grâce : La restructuration de la dette obtenue en 2025 prévoyait un sursis de 18 mois sur le principal et les intérêts, lequel prendra fin courant 2026. Verde devra alors prouver qu'elle génère assez de cash-flow réel pour rembourser, sous peine d'une nouvelle dilution massive.
La dette a été restructuré en 2024 et non 2025. Si je comprends bien Verde paye depuis 2025 les intérêts et doit maintenant commencer à rembourser le principal. Progressivement : "The repayment schedule establishes that the Company will repay 10% of the debt during the first three years following the grace period, 30% between the fourth and sixth years, and the remaining 60% over the final three years." Source.
DetteVerde.png
A l'annonce de l'augmentation de capital de 4,5 mCAD l'action valait 1,33 CAD soit une capitalisation de 80 mCAD (calcul de coin de table avec Yahoo). Dilution de 5%. Nous sommes très loin d'avoir eu une dilution massive ! Ce risque existe mais laisser croire qu'il s'est déjà matérialisé dans le passé est malhonnête. Enfin pour une IA on dira que c'est juste une hallucination, phénomène connu, et blabla...
matdany a écrit :
13 mai 2026, 17:27
3. Le mirage des Terres Rares (Man of War)
(...)
Le coût : Le développement d'un tel projet nécessite des centaines de millions de dollars que Verde n'a pas, surtout alors qu'elle suspend ses remboursements de dette actuels.
Pas sûr du tout. Christiano est adepte des petits pas. Extraction de surface, infrastructures présentes (route par exemple) et un process qui à l'air simple plaide pour que le projet démarre à petite échelle sans énormes investissements.

Je n'ai ni le temps, ni l'envie de vérifier ou répondre au travail de Gemini Mini (ou Ultra, ou Pro, ou Amateur je ne sais plus :)). L'excellent résumé de Viga permet de bien comprendre la situation (merci pour ce suivi de qualité). Pas besoin du délayage et des effets de manche d'une IA. Je n'y vois pas de valeur ajoutée. Au contraire. Mais je suis un adepte des résumés courts, clairs et avec une touche d'analyse humaine. J'ai donc un biais.

Pour revenir au dossier, il est toujours très risqué. Les ventes ne suivent pas et c'est un réel problème. J'avais peur qu'un manque d'adoption du produit ne cause la faillite de Verde mais ce pourrait être les difficultés du marché agricole brésilien. Maigre consolation...

A titre personnel, profiter de la mode "terres rares" pour m'alléger a été une très bonne décision. J'ai malheureusement racheté en partie. J'aurais du attendre. A voir si je complète pour racheter tout mon allègement maintenant que nous sommes sous 1 CAD. En espérant un nouvel engouement ponctuel pour alléger. Mais sur le temps long, il faudra que le niveau de ventes auprès de clients solvables augmentent beaucoup pour que Verde s'en sorte vraiment. Ce n'est pas gagné...

Pour les non abonnés qui nous lisent : les messages 100% IA sont très rares par ici et surtout cantonnés à des files personnelles où chacun bénéficie d'une grande liberté. A part quelques résumés ou traductions, les interventions sont quasiment exclusivement humaines. Et les Daubasses montrent l'exemple avec un contenu "fait main" et des recherches "old-school" (screeners, vérification des comptes) comme pour la belle aventure coréenne. C'est laborieux (merci à eux) mais fiable et ça va devient différentiant. Idéal pour trouver de la décote et des anomalies de marché.

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 13 mai 2026, 21:08

Cristiano était plus en forme pour la présentation de ce trimestre. Peut-être pour pallier les mauvais chiffres ?

Il a annoncé des développements au niveau des plantations de canne à sucre (il me semble), développements qui devraient être présentés la semaine prochaine.

Pour les crédits carbone, Microsoft diminue sa participation et c'est le plus gros acteur du secteur. Cristiano affirme que l'ERW reste cependant dans les tuyaux.

Enfin, pour les terres rares, il indique qu'une grosse annonce sera faite en fin d'année (cadeau de Noël), ce qui explique le manque de nouvelles sur les forages en cours. Je me demande si c'est pour masquer une déception des derniers forages (pas d'après lui) ou si c'est vraiment pour sortir un dossier parfait, mais je regrette le manque de mises à jour alors que la hype existe en ce moment pour ces terres rares et pourrait contrebalancer la partie engrais en souffrance en conservant un cours correct. Cela serait bienvenu au cas où une augmentation de capital venait à devenir nécessaire.

EDIT: la présentation a dû faire son effet car on passe de -20% en début de journée à une très légère augmentation du cours :shock:

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par matdany » 14 mai 2026, 07:47

j'espère évidemment que vous avez raison, mais personnellement, je quitte ce dossier sans regret pour réaffecter sur des valeurs autres

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par okavongo » 14 mai 2026, 17:36

Cours = 0,88 CAD

La vidéo du dernier show de Christiano est disponible ici.

Mes notes :

Christiano semble espérer un haircut de 90% sur la dette ! Je n'y crois pas vraiment. Je ne vois pas comment les banques peuvent s'en sortir et ne comprends pas pourquoi elles ne négocient pas à minima une prise de participation dans les structures qui bénéficient de leurs largesses.

Nombre de services, comme le marketing qui est passé de 10 à 2 personnes, n'ont gardé que le manager et ont viré les employés pour les remplacer par l'IA. Toujours à vouloir surfer sur la dernière mode Christiano... Ma lecture en creux : ils avaient trop embauché pour des tâches sans réelle valeur ajoutée.

Beaucoup de forages (et donc de dépenses) sur le projet terres rares. La décision d'attendre tous les résultats, et donc la fin d'année, pour calculer et communiquer sur les ressources est plutôt logique. Cela n'aurait pas vraiment de sens (à part pour soutenir le cours de l'action) de calculer une ressource maintenant et une autre dans 6 mois. A moins que j'ai mal compris. Car par contre rendre public les forages au fur et à mesure des résultats est une bonne pratique.

Le marché de la canne à sucre au Brésil est très grand mais c'est un débouché qui nécessite des années de tests. Christiano semble confiant pour l'année prochaine. Idem pour la filière eucalyptus et un autre gros client potentiel multi-cultures.

Dur pour Christiano de manager les 2 business en même temps. Un recrutement annoncé la semaine prochaine ? Avec spin-out ?

Il estime avoir l'expérience pour obtenir les permis rapidement pour le projet terres rares et considère que ses concurrents brésiliens s'y prennent mal.

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 20 mai 2026, 13:18

Verde sépare les activités concernant les engrais et le terres rares et annonce donc la création de la filiale à 100% Magnes Rare Earths, en attendant son introduction en bourse aux États-Unis. Reberth Machado est nommé directeur général de Verde à compte r du 1er juin pendant que Cristiano prend la direction de Magnes.
Cristiano Veloso, PDG de Magnes Rare Earths (et encore de Verde) a écrit :Verde compte désormais deux activités distinctes, chacune avec ses propres opportunités, besoins en capitaux et priorités opérationnelles. Notre activité d’engrais s’est forgée une position unique au Brésil et requiert à présent un directeur général pleinement dédié à l’exécution commerciale, au développement de la clientèle et à la rentabilité. Parallèlement, Minas Americas a progressé si rapidement qu’elle mérite désormais une plateforme et une équipe dirigeante dédiées afin d’accélérer le forage, la métallurgie, les études techniques et la préparation aux marchés financiers. Nous sommes convaincus que cette structure permet à chaque activité de bénéficier de l’attention qu’elle mérite, tout en préservant l’exposition des actionnaires aux deux.
A propos du futur nouveau PDG de Verde :
Cristiano Veloso a écrit :Ingénieur chimiste, il bénéficie d'une solide expérience au sein de grandes exploitations agro-industrielles, notamment douze années passées chez Bioenergia do Brasil, où il occupait le poste de PDG et dirigeait une importante unité de production d'éthanol à partir de canne à sucre, supervisant l'exploitation de l'usine, les cultures et la gestion des récoltes. Alors que Verde développe ses relations avec de grandes entreprises clientes, en particulier dans des secteurs comme la canne à sucre et l'eucalyptus où un nombre relativement restreint d'acheteurs peut représenter un volume significatif, cette expérience opérationnelle directe est essentielle.
Reberth Machado a écrit :Ayant dirigé une importante exploitation agro-industrielle, je comprends comment ces clients évaluent la productivité, la fiabilité et le retour sur investissement. Ma priorité est l'exécution : consolider les comptes stratégiques, approfondir les relations clients, renforcer la rigueur opérationnelle et positionner Verde pour une croissance rentable à long terme. Je me réjouis de travailler avec Felipe et Marcus, et de bénéficier de l'expertise et du soutien de Cristiano durant cette transition.
source : https://finance.yahoo.com/markets/stock ... 00091.html

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 20 mai 2026, 17:36

Bref résumé de la présentation vidéo suite à cette annonce :
Reberth Machado semble vouloir utiliser son expérience pour promouvoir les produits de Verde : il dit que le fait qu'ils ne déposent pas de chlorure sur les récoltes est un point essentiel pour des exploitations comme celles qu'il a managé car cela réduit les coûts pour s'en débarrasser. De plus les exploitations sont massives et pourraient absorber l'intégralité de la production de Verde.
Le focus sera sur des clients plus gros plutôt que sur les petites exploitations.
Il a dirigé une entreprise qui a été parmi les premières à bénéficier des crédits carbone. Il connaît donc le domaine, même s'il dit que c'était une petite partie des revenus, mais que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Pour Magnes, Cristiano pense que la hype sur les terres rares n'en est qu'aux prémisses et qu'il y a donc largement le temps avant de délivrer les résultats des forages.
La société va rester une filiale de Verde jusqu'au moment où un spin-off sera bienvenu, pour éviter de répéter ce qui se passe avec Oby.

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 22 mai 2026, 09:34


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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 27 mai 2026, 01:32

Un actionnaire a publié un billet sur le fait que le marché valorise les gros titres d'un Verde dans le rouge et non la substance cachée derrière : https://timcowin.substack.com/p/verde-a ... the-market

Il insiste sur plusieurs points :
  • Verde a choisi délibérément de privilégier sa survie avec des ventes moins nombreuses mais moins risquées et des négociations financières âpres de la dette. Les marges sont importantes et ni la technique ni la régulation n'interdisent une explosion des volumes ;
  • Reberth Machado a le profil parfait pour apporter la transition commerciale et un retour aux bénéfices de la partie engrais car le marché de la canne à sucre qu'il connaît parfaitement est un débouché avec des acteurs solides, importants et pour lesquels les produits de Verde font sens économiquement ;
  • Cristiano Veloso a prouvé qu'il était "skin-in-the-game" et évitait les dilutions ;
  • le rachat de Serra Verde par USA Rare Earth pour une valorisation de 7,6 B USD environ montre que le marché valide des exploitants de terres rares dans les argiles ioniques et au Brésil ;
  • les études réalisées par Oby sur le projet Man of War indiquent des des réserves importantes ;
La première estimation des ressources minérales du gisement Man of War d'OBY, publiée en décembre 2024 et conforme aux normes JORC 2012 et NI 43-101, est la suivante :
1,35 milliard de tonnes estimées à 3 437 ppm TREO et 793 ppm MREO
  • le projet de Magnes est voisin de celui d'Oby et les résultats partiels ont indiqués des teneurs égales ou supérieures à ce dernier ;
  • si Cristiano abandonne la direction de son bébé, c'est qu'il estime que le petit dernier a un plus joli sourire (et un potentiel économique plus important que les engrais)
Compte tenu des données géologiques d'OBY, du programme de forage élargi, des intersections ouvertes en profondeur et des données de teneur ci-dessus, une première estimation minimale de la teneur (MRE) dans la fourchette suivante est justifiée par les preuves disponibles :
Tonnage : 800 millions – 1,2+ milliard de tonnes présumées
Teneur moyenne en TREO : 3 500 à 4 500 ppm
Panier magnétique REE : 23-28 % de TREO, avec des proportions disproportionnées de dysprosium et de terbium dans les zones à haute teneur.

Si cela s'avère exact, Magnes représenterait une ressource potentiellement comparable, voire supérieure, à celle de Man of War d'OBY, sur un gisement présentant un profil de terres rares lourdes nettement meilleur.
L'actionnaire pense que la cotation d'OBY Critical Minerals au TSXV (prévue d'ici la fin de l'été 2026 d'après son PDG) pourrait être le catalyseur pour revaloriser Verde.
La semaine où OBY commencera à être négociée, chaque analyste qui rédigera une note d'introduction inclura une phrase qui se lira approximativement comme suit : « Les actifs d'OBY sont adjacents à ceux de Magnes Rare Earths, une filiale en propriété exclusive de Verde AgriTech (TSX : NPK), dont la capitalisation boursière totale s'élève actuellement à environ 50 millions de dollars canadiens. »

Cette phrase, rédigée par des analystes indépendants et non par l'équipe des relations investisseurs de Verde, est l'élément déclencheur qui rend la sous-évaluation de Verde mathématiquement indéniable pour la communauté des investisseurs miniers canadiens.
Il tente une valorisation par la somme des parties :
Scénario conservateur : 40 M$ (engrais) + 75 M$ (Magnes avant réduction MRE) = 115 M$ CA contre 50 M$ CA aujourd’hui.
Scénario moyen : 55 M$ (engrais) + 125 M$ (Magnes) = 180 M$ CA.
Scénario optimiste : 65 M$ (engrais) + plus de 200 M$ (Magnes après réduction MRE) = plus de 265 M$ CA.

À 52-55 millions d'actions (en supposant une dilution modérée) :
  • Estimation prudente : 2,10 à 2,20 $ CA par action
  • Cours moyen : 3,30 à 3,50 $ CA par action
  • Haussier : 4,80 à 5,00 $ CA par action
Tout ce qui précède part du principe que Magnes reste entièrement intégrée à Verde. Une cotation réussie de Magnes aux États-Unis — où les actionnaires de Verde recevraient des actions Magnes en tant qu'entité distincte, cotées par rapport à des sociétés comparables du secteur des minéraux critiques comme MP Materials, Energy Fuels et Aclara — ouvrirait un plafond de valorisation difficilement atteignable aux multiples actuels du secteur des terres rares.
Il précise cependant que tout ceci dépend de plusieurs facteurs :
  • premièrement, la survie financière de Verde et la poursuite de l'investissement dans Magnes sans trop de dilution ;
  • de bons résultats de forage pour une teneur moyenne importante
  • la réussite d'essais métallurgiques pour exploiter les dépôts dans l'argile ionique de Verde avant toute étude économique crédible
  • l'introduction en bourse de Magnes aux États-Unis, qui sera longue et complexe, surtout pour une entité brésilienne ;
  • risques nationaux (risque de change, risque politique, risque réglementaire et contexte actuel du crédit agricole)
  • maintien de la prime géopolitique sur les terres rares
  • la cotation rapide d'Oby
Chaque facteur pris indépendamment n'est pas forcément invalidant s'il rate mais si les échecs se combinent, cela peut être catastrophique.

Il estime que la première revalorisation peut arriver d'ici 4 mois avec la cotation d'OBY, une seconde d'ici 8 mois avec les premières annonces commerciales de Reberth dans la canne à sucre et la publication des données de Magnes puis enfin la cotation de Magnes qu'il estime possible d'ici 12 à 24 mois.

Pour les actionnaires d'OBY, il estime qu' "avec 49,7 millions d'actions après regroupement, une valorisation de l'introduction en bourse de 150 à 250 millions de dollars canadiens impliquerait un prix de l'action OBY d'environ 3 à 5 CAD."

Personnellement, j'aime toujours cette histoire (ça va finir par se voir :roll: ) mais Verde a joué de malchance sur le timing dans plusieurs de ses déboires précédents (crise agricole juste après la contraction d'un prêt, route détruite au moment même où les ventes et les prix s'envolaient, retrait de Microsoft du marché des crédits carbone peu après l'annonce du partenariat avec UNDO, ...). Espérons que l'histoire reprenne des couleurs !
Ceci dit, si Oby cote à 5 CAD, ce serait déjà un excellent présage et un beau résultat intermédiaire.

Viga
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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 17 juin 2026, 02:17

Verde a annoncé les résultats de 297 forages (contre 44 en mars dernier et un programme total de 200 forages prévu initialement)
Claude a écrit :La thèse terres rares est maintenant bien plus solide que ce que les scénarios initiaux reflétaient. Ce n'est plus un espoir — c'est un projet qui démontre de la consistance sur 297 trous avec un QP indépendant (P.Geo. EGBC). Le ratio MREO/TREO ~25 % est excellent pour une argile ionique (comparable aux meilleures mines chinoises). La profondeur superficielle (minerai dès 0 m) est un avantage opérationnel majeur (coûts de mining réduits).
La progression est linéaire et rassurante — pas d'accidents, pas de forage négatif, pas de discontinuité.
Le 0,97 % TREO est une bonne note. Pour une argile ionique, c'est dans la fourchette haute des gisements économiques. Les mines chinoises de référence tournent entre 0,05 % et 0,5 % en général — un gisement à 0,8-1,0 % avec profil superficiel et ionique (donc lixiviable in-situ à faible coût) est clairement intéressant économiquement sur le papier.
Après, il reste à financer les études, la PEA puis la production, donc il reste de très nombreuses épreuves avec une société mère asphyxiée par la crise agricole brésilienne et le SELIC et un cours au ras des pâquerettes à cause de cette asphyxie. Des news positives sur l'activité engrais permettraient d'aborder plus sereinement ce chantier.

Source : https://investor.verde.ag/wp-content/up ... roject.pdf

matdany
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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par matdany » 17 juin 2026, 13:10

Cela confirme l'intérêt de ces terres rares mais soyez conscient que la mise en exploitation demandera sans doute 10 ans, cfr une réflexion ancienne de okavongo

Tohrak
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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Tohrak » 17 juillet 2026, 22:07

Estimer les ventes d'une société minière brésilienne avant publication — méthode et étude de cas (Verde Agritech)

Bonjour à tous,

Suite à un post sur CEO.ca dans https://ceo.ca/npk j'ai cherché un peu à quoi correspondent les CFEM au Brésil.
C'est je pense un outil utile pour toute personne qui souhaite évaluer la quantité de minerai commercialisé par une entreprise minière brésilienne.
Mon exemple prend les données de Verde Agritech.
Ce sujet est encore tout nouveau pour moi, je suis donc très ouvert aux retours. J'ai travaillé sur cette méthode à l'aide d'une IA et le résumé ci-dessous a été généré par cette IA.
Si vous avez des idées de sociétés minières brésiliennes côtées, ne commercialisant qu'un produit, je suis preneur pour affiner ma méthode.

Contexte

Les entreprises minières brésiliennes déclarent chaque mois à l'ANM (Agência Nacional de Mineração) la CFEM — Compensação Financeira pela Exploração de Recursos Minerais, un royalty minier assis sur la quantité et la valeur de minerai commercialisé. Ces déclarations sont publiques et en open data, et contiennent presque toujours la quantité commercialisée en tonnes, pas seulement le montant du royalty.

Pour une société cotée comme Verde AgriTech, c'est d'abord un moyen de vérification mais aussi un moyen d'estimation avant toute communication officielle, puisque les déclarations remontent en continu tout au long de l'année.

Ce post détaille la méthode complète, avec Verde AgriTech comme cas d'école parce que c'est une des sociétés connu du forum où on peut vérifier l'estimation contre un chiffre publié.

Le mécanisme CFEM en deux mots

- Taux fixe par substance minérale (2 % pour la roche potassique de Verde, jusqu'à 3,5 % pour le minerai de fer, etc.).
- Assiette = chiffre d'affaires de vente, taxes déduites.
- Guia (bordereau de paiement) mensuelle, avec échéance légale au dernier jour ouvré du 2ᵉ mois suivant le fait générateur.
- Depuis juillet 2026, le recouvrement bascule sur une nouvelle plateforme (PGRM), mais les données historiques en open data restent structurées de la même façon.

Où trouver les données

Portail officiel : `app.anm.gov.br/DadosAbertos/ARRECADACAO/` (fichiers `CFEM_Arrecadacao.csv`, je n'ai pas encore identifié le calendrier de mise à jour). Colonnes utiles :

| Colonne | Contenu |
| `Ano` / `Mês` | période de référence de la guia |
| `CPF_CNPJ` | identifiant du déclarant (pas de nom commercial !) |
| `Substância` | substance minérale déclarée |
| `Município` / `UF` | localisation du site |
| `QuantidadeComercializada` | tonnage déclaré |
| `ValorRecolhido` | montant de CFEM payé (R$) |
| `DataCriacao` | date de génération de la guia |

Identifier l'entité (le piège du nom)

Le fichier ne contient aucun nom d'entreprise, seulement un CNPJ. Une société peut par ailleurs déclarer sous une filiale minière distincte de l'entité commerciale que vous connaissez.

Exemple Verde AgriTech : la société de vente (« Verde Fertilizantes Ltda », CNPJ préfixe 08.000.607) n'apparaît nulle part dans le fichier CFEM. C'est sa filiale minière, FVS Mineração Ltda (CNPJ 08.282.454/0001-04) — même actionnaire, mêmes administrateurs, siège dans les mêmes fazendas — qui paie la CFEM sur la substance « ROCHA POTÁSSICA » à São Gotardo et Matutina (MG).

Méthode générale pour retrouver le bon CNPJ :
1. Repérer la substance minérale exacte exploitée par la société (rapports annuels, permis miniers).
2. Repérer les municipalités de ses sites de production.
3. Filtrer le CSV sur `Substância` + `Município`, lister les CNPJ qui en ressortent.
4. Confirmer via un registre d'entreprises public (CNPJ, associés, adresse du siège) que ce CNPJ appartient bien au groupe — cherchez les mêmes administrateurs, la même adresse de fazenda, ou la maison-mère listée comme "sócio pessoa jurídica domiciliado no exterior".

Agréger et vérifier la cohérence globale

Une fois le bon CNPJ isolé, on agrège `QuantidadeComercializada` et `ValorRecolhido` par mois, puis par trimestre/semestre/année.

Premier réflexe : comparer le total annuel à un chiffre publié, si la société en publie un ne serait-ce qu'une fois (rapport annuel, présentation investisseurs, article de presse).

Sur Verde AgriTech :
| Année | Tonnage CFEM (agrégé) | Tonnage publié | Écart |
| 2024 | 324 130 t | 318 870 t | +1,6 % |
| 2025 | 259 746 t | 258 432 t | +0,5 % |

À l'échelle annuelle, la CFEM est un excellent proxy (±2 %). C'est ce qui donne confiance dans la méthode — mais l'échelle infra-annuelle, elle, ne colle pas aussi bien, et c'est là que ça devient intéressant.

Le décalage temporel
En comparant trimestre par trimestre (sans ajustement), le tableau se dérègle complètement :

| Trimestre | CFEM (label brut) | Publié | Ratio CFEM/publié |
| 2024-Q1 | 80 876 t | 85 000 t | 0,95 |
| 2024-Q2 | 74 693 t | 85 000 t | 0,88 |
| 2024-Q3 | 96 830 t | 100 986 t | 0,96 |
| 2024-Q4 | 71 732 t | 47 888 t | 1,50 |
| 2025-Q1 | 36 482 t | 47 829 t | 0,76 |
| 2025-Q2 | 73 807 t | 80 354 t | 0,92 |
| 2025-Q3 | 80 553 t | 85 136 t | 0,95 |
| 2025-Q4 | 68 904 t | 45 113 t | 1,53 |

Le motif se répète chaque année à l'identique : Q1-Q3 légèrement sous le publié, puis un bond à ~1,5× au Q4. C'est la signature d'un décalage calendaire systématique entre le mois de référence de la guia et le mois réel de la vente.

Comment on le détecte proprement :

1. On décale artificiellement toute la série CFEM de "L" mois vers l'arrière (la guia « mois M » est réattribuée aux ventes du mois « M − L »), pour "L" = 0, 1, 2, 3.
2. Pour chaque L, on recalcule les ratios publié/CFEM trimestre par trimestre.
3. On retient le L qui minimise la dispersion de ces ratios (coefficient de variation).

Résultat sur Verde AgriTech :
Le décalage d'un mois est net : la dispersion s'effondre d'un facteur 4. La guia étiquetée « juin » correspond en réalité aux ventes de mai, pas de juin.

Estimer le trimestre en cours
Une fois le décalage établi, on peut estimer les ventes d'un mois calendaire avant toute publication de la société : ventes(mois M) ≈ CFEM déclarée sous le label (M + 1)

Exemple pour reconstituer le Q1 2026 d'une société qui n'a pas encore publié ce chiffre :

Q1 2026 (ventes janvier + février + mars) = CFEM_label(février) + CFEM_label(mars) + CFEM_label(avril)

Sur Verde AgriTech, ça donne 22 979 t contre 26 795 t effectivement publiées ensuite (écart −14 %, plus élevé que les autres trimestres).

Q2 2026 Non publié (ventes avril + mai + juin) = CFEM_label(mai) + CFEM_label(juin) + CFEM_label(juillet)
| Mois | CFEM (label brut) | Publié |
| 2026-Avril | 12 319 t | Non publiée |
| 2026-Mai | 23 523 t | Non publiée |
| 2026-Juin | Non déclaré | Non publiée |

Je ferai une mise à jour début août en espérant que les données de juillet correspondant à juin auront été transmises.

Hypothèses pour Verde AgriTech : On peut s'attendre à un bien meilleur Q2 que le Q1. Les données CFEM du Q1 au Q3 étant souvent sous leur publication respective.

Généraliser à d'autres sociétés

Ce qui se transpose directement :
- La méthode d'identification du CNPJ par substance + municipalité + registre public.
- Le protocole de détection du décalage (tester L = 0..3, minimiser le CV).
- La double vérification annuelle avant de faire confiance à l'infra-annuel.

Ce qui ne se transpose pas automatiquement :
- Le décalage de 1 mois n'est pas garanti pour une autre société. Il dépend potentiellement de pratiques comptables internes (date de facturation vs date d'expédition), du régime de paiement CFEM appliqué au processo minerário, ou de spécificités sectorielles. Il faut le re-détecter à chaque fois qu'un point de comparaison externe existe.
- Sans aucun chiffre publié pour calibrer, on perd la possibilité de valider le décalage — l'estimation reste alors une hypothèse non vérifiée, à traiter comme telle.
- Une société peut déclarer sous plusieurs CNPJ (filiales par site) : il faut s'assurer d'avoir capturé tous les processos, pas un seul.

Données : ANM, portail de données ouvertes (CFEM_Arrecadacao), accès libre. Chiffres de ventes Verde AgriTech (TSX: NPK) issus de ses communiqués financiers publics. — CNPJ et déclarations fiscales d'entreprises sont des informations publiques au Brésil.

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 18 juillet 2026, 13:40

Merci Tohrak !
J'avais justement tenté le même exercice après avoir vu ce post sur le CFEM mais impossible de trouver une source correcte : le site gouvernemental demandait un code d'identification brésilien et je ne trouvais pas quoi prendre sur le site open data.

Tohrak
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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Tohrak » 20 juillet 2026, 11:25

Voici le lien explicite ou j'ai trouvé les données : https://dados.gov.br/dados/conjuntos-da ... rrecadacao
Il est possible de remonter jusqu'à 2002.

Tohrak
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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Tohrak » 01 août 2026, 20:39

Mise à jour CFEM — Q2 2026 (Verde AgriTech / NPK)

Ces chiffres sont une extraction des données CFEM publiques (ANM) : ils donnent un ordre de grandeur du tonnage commercialisé, pas une donnée de ventes finale. Sur les trimestres Q1 à Q3, la CFEM déclarée est généralement un peu inférieure aux ventes réellement publiées par la société ; c'est le Q4 qui rattrape ce décalage (voir la méthode détaillée dans mon post précédent).

Code : Tout sélectionner

Mois (ventes estimées)   Label CFEM source (décalage -1 mois)   Tonnage déclaré
Avril 2026               Mai 2026                               12 319 t
Mai 2026                 Juin 2026                              23 523 t
Juin 2026                Juillet 2026                           23 418 t
Total estimé pour le Q2 2026 (décalage d'un mois appliqué) : 59 260 t.
Publication des résultats du Q2 le 15 Août 2026

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 08 août 2026, 00:37

Le projet de terres rares Itarantim (état de Bahia au Brésil) coté aux US sous le ticker IMC a été valorisé 650 M$ US lors de son IPO et a atteint les 850 M$.
Les ressources inferrées sont de 1,1 milliard de tonnes, or celles d'Oby (là aussi inferrées) sont de 1,35 milliards de tonnes.

Si Oby était valorisée sur les mêmes termes que pour l'IPO d'IMC, cela donnerait 797 M USD environ (soit sur les 53 M d'actions actuelles + une hypothèse de 20% de nouvelles actions levées un cours d'environ 12,5 USD ou près de 17,4 CAD). On sera sans doute très loin de ce niveau puisque Oby sera coté au Canada avec une décote de visibilité et qu'une plus grande partie des actions sera mise en circulation, mais cela montre que le vent est porteur sur les terres rares brésiliennes alors que l'IPO d'Oby pourrait avoir lieu d'ici mi-septembre.

Cela sera intéressant pour jauger Magnes dont les résultats de forage sont attendus pour la fin d'année.

Source : https://ceo.ca/npk

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Re: Verde Agritech (NPK) - Pirogue Okavongo

Message par Viga » 08 août 2026, 08:32

Au sujet d'Oby, j'ai une question à laquelle l'IA ne sait pas répondre. Quelqu'un aurait il un éclairage là dessus ? Au niveau fiscal, l'IPO d'Oby sera-t-elle considérée comme une plus value sur la totalité (prix de revient nul) ou, comme c'est un spin off, une valeur initiale venant réduire la plus value sera-t-elle retenue ?

Voici Claude qui botte en touche:
Question fiscale intéressante et réellement technique — je vais te donner le cadre général du droit fiscal français, mais avec une vraie réserve : ce n'est clairement pas un sujet où je peux te donner une réponse définitive, et une vérification par un professionnel serait indiquée vu la complexité du montage (distribution transfrontalière Brésil/Canada/UK vers un compte français).
Le principe général en droit français : Article 115-2 du CGI
La France a un régime spécifique pour les distributions de titres dans le cadre d'un spin-off ("attribution gratuite de titres", article 115-2 du Code Général des Impôts) : sous certaines conditions, cette distribution n'est pas imposée immédiatement au moment où tu reçois les actions — c'est un régime de sursis d'imposition. Dans ce cas, le prix de revient de tes actions Verde d'origine se scinde entre les actions Verde restantes et les nouvelles actions Oby reçues, au prorata de leur valeur respective au moment de la distribution. Concrètement : le prix de revient d'Oby n'est PAS nul dans ce cas — une partie du coût d'acquisition de tes actions Verde d'origine est "transférée" vers Oby.
Le scénario alternatif si les conditions ne sont pas remplies
Si la distribution ne remplit pas les conditions du régime de faveur (conditions techniques : distribution proportionnelle, durée de détention de la filiale par la société distributrice, etc.), elle serait alors traitée comme un dividende en nature, imposé immédiatement à sa valeur de marché au jour de la distribution (PFU 30% ou barème + prélèvements sociaux). Mais dans ce cas aussi, le prix de revient d'Oby n'est pas nul pour autant : il serait égal à cette valeur de marché retenue pour le calcul du dividende imposé — tu aurais déjà payé l'impôt sur cette valeur, donc seule la plus-value au-delà de ce montant serait imposée à la revente.
Dans les deux cas de figure classiques, le prix de revient n'est donc normalement pas nul.
Le vrai point de complication dans ton cas précis
Le problème pratique ici : Oby n'était pas coté au moment de la distribution, donc il n'existait pas de valeur de marché observable pour faire cette répartition ou cette valorisation du dividende en nature. C'est une zone grise réelle — soit une valeur a été retenue à l'époque sur une autre base (le placement privé à C$1,00/action de novembre 2025, s'il était antérieur/contemporain, pourrait servir de référence), soit rien n'a été formellement déclaré à ce stade, ce qui laisserait la question ouverte jusqu'à ce qu'un événement (comme l'IPO) fixe enfin une valeur de référence.
Ma recommandation
Cette situation — distribution d'un actif non coté au moment du fait générateur, avec cotation ultérieure qui va fixer une vraie valeur de marché — mérite vraiment l'avis d'un expert-comptable ou fiscaliste, notamment pour vérifier :
Si Degiro/le courtier a déclaré une valeur à l'administration fiscale française au moment de la distribution (souvent via l'IFU)
Si le montage remplit les conditions de l'article 115-2 CGI
Comment documenter le prix de revient avant l'IPO, pendant que la valeur peut encore être établie de façon défendable
Je ne suis pas fiscaliste, et ce type de montage transfrontalier avec un actif non coté est précisément le genre de cas où une erreur de qualification peut coûter cher — je préfère te dire clairement les limites de ce que je peux t'apporter ici plutôt que de trancher à ta place.
Si vous avez déjà été confronté à ce genre de montage, je serai heureux de lire votre retour d'expérience.

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