Catana (CATG) : le cycle se retourne après le doublement des ventes
Synthèse stratégique
Catana Group conçoit en France, en Tunisie et au Portugal des catamarans de plaisance sous les marques BALI, Catana et YOT. L’analyse initiale de décembre 2022, autour de 6 EUR, conduit les contributeurs à suivre une croissance rentable, pas une décote sur actifs. L’entreprise, déficitaire jusqu’en 2016, avait trouvé son moteur avec BALI et détenait environ 500 M EUR de commandes.
L’exercice 2021/2022 affiche 148 M EUR de ventes, 24,1 M EUR d’EBITDA et 42,5 M EUR de trésorerie nette. L’asymétrie dépendait donc de la rentabilité future et du renouvellement des commandes. Le risque était déjà posé : combien de bateaux resteraient à vendre après l’euphorie post-Covid ?
Parcours de la thèse
Le carnet s’est bien transformé en chiffre d’affaires. Catana atteint 207,3 M EUR en 2022/2023, soit 39 % de croissance, et 19,3 M EUR de résultat net. Mais les moteurs manquants, les recrutements et l’inflation ont laissé des bateaux presque finis sur les parkings. Les comptes annuels montrent alors un résultat opérationnel en hausse de seulement 9 % et une trésorerie nette ramenée à 37,7 M EUR.
Au premier semestre 2023/2024, le rattrapage industriel arrive enfin : le résultat opérationnel progresse de 36 % à 16,8 M EUR et le résultat net de 54 % à 13,5 M EUR. Aurélien Poncin et la holding familiale reprennent parallèlement leurs achats autour de 4,90 à 5,10 EUR en mars 2024, une première depuis 2012.
Ce mieux n’a pas annulé le cycle. Au premier semestre 2024/2025, les ventes chutent de 23 % et Catana baisse ses tarifs de 2 % à 10 % selon les modèles. Sur l’exercice, le résultat net tombe de 29,7 M EUR à 13,6 M EUR et les 5,3 M EUR de trésorerie nette deviennent 18 M EUR de dette nette.
Thèse en 3 points
1. Marge à défendre. BALI a gagné des parts de marché grâce à ses volumes habitables et à une gamme renouvelée. Les grandes unités résistent mieux, mais les baisses de prix testent maintenant la rentabilité.
2. Cash sous condition. Les acomptes clients financent le besoin en fonds de roulement et gonflent la trésorerie. Ils ne garantissent ni les commandes suivantes ni un bilan sans dette lorsque les livraisons ralentissent.
3. Flexibilité à prouver. La direction dit pouvoir ajuster les cadences sans charger les concessionnaires. Conserver les équipes et ouvrir l’usine YOT entretient pourtant les coûts lorsque les volumes reculent : le risque industriel est bien réel.
Points de vigilance
Les taux, le financement des acheteurs et la confiance des loueurs commandent la demande. Il faut surveiller les stocks du réseau, les avances clients, les prix des matières, les moteurs et la rentabilité de YOT. Les redevances versées à Financière Poncin, les opérations avec AP Yacht Conception et la qualité des informations publiées restent des sujets concrets pour les minoritaires.
Conclusion
L’incendie du 2 juillet 2026 détruit deux lignes d’assemblage sans faire de victime et sans emporter les moules. Elles produisaient les BALI 5.8 et Catana OC 50. La thèse dépend maintenant de conditions observables : chiffre d’affaires du troisième trimestre attendu le 15 juillet, dommages couverts par les assurances et délai de redémarrage. Avec une demande faible et 18 M EUR de dette nette à fin août 2025, la discipline consiste à attendre ces faits avant de conclure à une reprise.
Discussion communautaire à but informatif. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mots-clés : Catana Group, CATG, France, catamarans, BALI, YOT, nautisme, carnet de commandes, cycle, incendie de Canet
- Résumé daté du 15 juillet 2026 -